jeu. Juil 9th, 2026

L’équipe d’Estrategia de Mercados de Banca March anticipe que le cycle économique va se prolonger, avec une économie mondiale en route vers un nouvel équilibre. Selon leurs prévisions, la croissance du PIB mondial devrait atteindre 3,2% cette année, un chiffre légèrement inférieur mais proche de la moyenne historique. Grâce à un taux de chômage maîtrisé et à une augmentation des salaires, la reprise des revenus des ménages devrait continuer de stimuler la consommation privée, contribuant ainsi à la dynamique de croissance.

Lors de sa présentation des perspectives pour 2025, Joan Bonet, directeur de la stratégie et du conseil chez Banca March, a souligné que cette transition douce de l’économie mondiale sera principalement dirigée par les États-Unis, où une légère modération du taux de croissance est attendue, tombant à 2,6%.

En zone euro, Bonet estime que l’économie suivra une tendance « de moins en plus optimiste », avec une prévision de croissance de 1,2% pour cette année, contre 0,8% en 2024. Toutefois, des défis importants demeurent : l’Allemagne, moteur principal de la zone, « devra mettre en œuvre des réformes et des mesures de relance permettant sa reconversion », tout en laissant derrière le rôle de “patient de l’Europe” des années passées. Par ailleurs, les pays les plus dépendants du secteur des services, notamment l’Espagne, continueront de bénéficier de conditions favorables.

Concernant la Chine, les mesures de relance n’ont pas suffi à redresser la demande intérieure, encore affectée par la crise immobilière. De plus, les tarifs douaniers accrus que pourrait instaurer Trump devraient constituer un frein supplémentaire à la croissance du pays.

La nouvelle ère Trump : des marges de manœuvre plus étroites

Le second mandat de Donald Trump s’annonce également comme un point d’attention pour les marchés cette année. Bonet reconnaît que le 47e président des États-Unis « jouit d’une légitimité politique maximale », mais précise que le contexte économique diffère grandement de celui de 2016, avec un déficit public élevé – à 7% du PIB – et une dette publique de 123% du PIB, ainsi que des taux d’intérêt plus élevés limitant les marges d’action.

Sur le front du commerce international, il souligne que les États-Unis sont peu dépendants des échanges extérieurs et appliquent actuellement des tarifs douaniers relativement bas. Il note que le taux moyen appliqué aux produits européens est de 3,5%, contre 5% pour les produits américains en Europe. Néanmoins, Bonet estime que les États-Unis ne sont pas à l’abri d’une guerre commerciale. S’il devait imposer des tarifs plus agressifs et que d’autres régions réagissent en miroir, l’économie américaine pourrait voir son PIB diminuer de 1%, car 57% de ses exportations sont destinées à le Canada, le Mexique, l’Union Européenne et la Chine.

L’inflation : une modération en vue, mais des embûches persistantes

Banca March prévoit une poursuite de la normalisation de l’inflation. Toutefois, l’augmentation des salaires maintiendra la pression inflationniste, notamment dans le secteur des services. Aux États-Unis, une inflation moyenne de 2,6% est attendue, contre 2% pour la zone euro. De plus, d’éventuelles hausses de tarifs douaniers et une fragmentation commerciale accrue représentent également des obstacles à la modération des prix.

Banques centrales : mêmes directions, mais rythmes variés

L’activité économique soutenue aux États-Unis incitera la Réserve Fédérale à adopter une approche plus prudente en matière de baisse des taux d’intérêt par rapport à la BCE. Ainsi, l’équipe de Bonet ne prévoit que deux réductions de taux d’ici 2025, jugeant que l’économie restera robuste. À l’inverse, la BCE est attendue à procéder à quatre baisses, pour un ajustement total de 100 points de base, afin d’atteindre un taux neutre estimé à 2% en raison de la faiblesse relative de l’économie européenne.

Actifs financiers : rendements de la dette supérieure à l’inflation, attractive croissance des bénéfices sur les marchés

Banca March prévoit en 2025 des rendements réels positifs dans tous les segments de la dette. Selon eux, les derniers ajustements constituent une correction bienvenue d’une prime de risque prolongée, et la reprise d’une pente positive devrait offrir une protection contre des cycles économiques défavorables.

Dans un contexte de transitions douces, ils favorisent une exposition accrue au crédit par rapport à la dette souveraine, avec une meilleure combinaison rendement/risque dans la dette d’entreprise de qualité en Europe. En ce qui concerne les actions, l’institution reste optimiste pour un cycle prolongé garantissant une augmentation continue des bénéfices des entreprises. Historiquement, lors de telles périodes, les marchés boursiers ont enregistré une hausse moyenne de 17% après la première baisse de taux.

A l’échelle régionale, leurs préférences se dirigent vers les marchés américains, avec une surpondération marquée pour le secteur technologique (+12 points par rapport à l’Europe), qui bénéficie d’une avancée en matière d’intelligence artificielle. Prévisions de croissance des bénéfices pour le S&P 493 se chiffrent à +12% d’ici 2025. Quant aux marchés européens, ils suggèrent une stratégie neutre, bien que les entreprises y soient fortement exposées aux États-Unis, la réalité de leurs risques étant réduite. En effet, un quart des revenus provient du secteur des services, difficilement taxables. De plus, les valorisations actuelles sont à des niveaux pessimistes, offrant ainsi un potentiel haussier non négligeable en cas de nouvelles positives.

Enfin, ils recommandent d’orienter les investissements vers trois secteurs prédisposés à un croissement des dépenses : la technologie, le secteur de la santé qui devrait voir ses bénéfices croître avec des valorisations inférieures à la moyenne, et le secteur défense, qui bénéficiera de l’augmentation des budgets militaires sous Trump et des thématiques tournées vers la cybersécurité.

Points à retenir

  • Anticipation d’une croissance mondiale de 3,2% pour 2025, avec des disparités entre régions.
  • Pression inflationniste persistante malgré une tendance vers la normalisation.
  • Rôle des États-Unis central dans la dynamique économique mondiale, avec des défis à surmonter.
  • Préférence pour les marchés actions américains, tout en maintenant une vigilance sur les développements en Europe.
  • Secteurs clés à surveiller : technologie, santé et défense.

Il semble essentiel d’observer comment ces prévisions se concrétiseront dans un environnement économique en rapide évolution. Les décisions prises par les grandes puissances comme les États-Unis et l’évolution des marchés peuvent avoir des répercussions profondes sur les équilibres mondiaux. Une approche prudente et informée semble être de mise pour les investisseurs et les décideurs dans les mois à venir.


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2 thoughts on “Banca March mise sur une croissance économique durable grâce à la technologie, la santé et la défense”
  1. C’est fascinant de voir comment l’économie mondiale évolue. Les secteurs de la technologie et de la santé semblent prometteurs, surtout avec l’accent sur la durabilité. Hâte d’en savoir plus !

  2. Edia, j’apprécie vraiment l’analyse poussée sur l’économie mondiale et les prévisions. Hâte de voir comment cela va influencer le marché de l’art et de la technologie !

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