Le déclin des jeux basés sur l’Infinity Engine
Vous vous souvenez sûrement de l’ère dorée des jeux de rôle classiques développés avec le moteur Infinity de Bioware, tels que Baldur’s Gate, Planescape: Torment et Icewind Dale. Cependant, les studios ont progressivement orienté leurs travaux vers d’autres genres, mélangeant des éléments d’action et adoptant de nouvelles technologies. Cette évolution ne reposait pas sur une décision des développeurs, mais plutôt sur les préférences des joueurs : selon les revendeurs, ces jeux ne se vendaient plus.
Une chute des ventes
Lors d’une intervention au GCAP 2025 à Melbourne, Josh Sawyer, un vétéran des jeux de rôle et directeur de création chez Obsidian, a partagé : “La raison pour laquelle nous avons abandonné le développement d’un jeu avec l’Infinity Engine est que les revendeurs nous ont dit que personne ne voulait plus les acheter.”
Il a ajouté, sur un ton amer mais humoristique : “Nous leur avons demandé de nous montrer les données, mais ils nous ont simplement dit de leur faire confiance.”
À cette époque, les magasins physiques détenaient un pouvoir énorme sur le marché vidéo-ludique. Comme le numérique n’existait pas encore, l’absence d’exposition d’un jeu en magasin entraînait des ventes faibles. Les développeurs devaient donc s’adapter aux exigences des revendeurs pour éviter d’être marginalisés et se retrouver avec des milliers de copies invendues.
Il est vrai que si les retailers donnaient de telles indications, c’était aussi parce que certains titres ne trouvaient pas leur public et que les joueurs préféraient d’autres options. Ils n’auraient pas hésité à vendre des jeux basés sur l’Infinity Engine s’il y avait eu une demande.
Aujourd’hui, Sawyer souligne que la distribution numérique offre bien plus de liberté dans le choix des projets. Bien que les échecs existent encore, il est désormais possible de publier tout type de jeu sur des plateformes comme Steam.
Points à retenir
- Les jeux basés sur l’Infinity Engine ont souffert d’un manque d’intérêt commercial dans le passé.
- L’évolution des préférences des joueurs a influencé les choix des développeurs.
- Les magasins physiques avaient un contrôle substantiel sur les ventes de jeux.
- La distribution numérique a changé le paysage du jeu vidéo, offrant plus de liberté aux créateurs.
- Le marché des jeux vidéo continue d’évoluer, et les nouveaux projets peuvent maintenant atteindre un public plus large grâce aux plateformes numériques.
En somme, cette transformation du secteur du jeu vidéo m’incite à réfléchir sur l’avenir des expériences de jeu. À l’ère du numérique, quel type de récits et d’interactions les développeurs vont-ils privilégier pour attirer les joueurs d’aujourd’hui et de demain? C’est une question passionnante qui mérite une attention particulière dans le paysage ludique en constante mutation.

