jeu. Juil 9th, 2026

Entre le Mark Zuckerberg en costume qui se tenait devant le Sénat américain en 2018 et celui qui a récemment fait la une avec un t-shirt décontracté, une chaîne en or et des cheveux bouclés, il y a bien plus qu’un simple changement d’apparence. Le fondateur de Facebook, aujourd’hui âgé de 40 ans, a transitionné d’une posture de repentance face à la désinformation sur sa plateforme à un soutien plus marqué pour des idées proches du trumpisme. L’abandon de la vérification des contenus ne constitue qu’un des nombreux épisodes de cette transformation. Ce vendredi, la responsable des ressources humaines a informé les employés que Meta supprimait ses politiques en matière de diversité, d’égalité et d’inclusion, une pratique vivement critiquée par Donald Trump et ses sympathisants.

Lorsque Zuckerberg a répondu aux questions du Sénat, il était sous le feu des projecteurs à cause d’une éventuelle ingérence russe dans les élections de 2016 et du scandale lié aux données personnelles avec Cambridge Analytica. Lors de cette audition, il avait admis : “Nous n’avons pas eu une vision suffisamment large de notre responsabilité, et cela a été une grande erreur. C’était mon erreur, et je le regrette. J’ai fondé Facebook, je le dirige et je suis responsable de ce qui se passe ici.” Il a ajouté que ce n’était pas suffisant de donner simplement la parole aux gens, mais qu’il fallait aussi s’assurer qu’elle ne soit pas utilisée pour nuire à autrui ou propager de la désinformation.

Zuckerberg s’était déjà excusé peu après les élections de 2016, indiquant que “nous prenons la désinformation très au sérieux” et annonçant la mise en place de mesures pour y remédier, y compris des contrôles par des tiers qu’il vient d’annuler. Meta prévoit de les remplacer par un système de notation communautaire, s’inspirant de la plateforme X, où les rumeurs circulent librement. Cela vient ajouter une nouvelle confession de sa part : “Nous avons atteint un point où il y a trop d’erreurs et trop de censure”, a-t-il déclaré.

Face aux critiques de désinformation d’une part et de censure de l’autre, Facebook a souvent choisi de se ranger du côté du pouvoir en place. En 2019, la plateforme avait annoncé qu’elle ne soumettrait pas les messages et publicités des politiciens à des vérifications de faits. Trump, à l’époque président, avait ainsi pu diffuser des fausses informations sur Joe Biden, qui avaient été refusées par certaines chaînes traditionnelles. Dans un discours à l’Université de Georgetown, Zuckerberg avait défendu cette position : “Nous ne vérifions pas les faits des publicités politiques. Ce n’est pas pour aider les politiciens, mais parce que nous pensons que les gens devraient pouvoir voir par eux-mêmes ce que les politiciens disent.”

Après que Joe Biden ait remporté les élections de 2020, Facebook avait suspendu le compte de Trump à la suite de l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. La société avait ensuite pris en compte les demandes du gouvernement Biden pour lutter contre la désinformation liée à la pandémie, affichant une nouvelle fois sa proximité avec le pouvoir. Pendant ce temps, Meta a progressivement cessé de mettre en avant les contenus politiques au profit du divertissement et des interactions personnelles.

Ces virages politiques ont été accompagnés d’un changement de style, réel l’année dernière après des signes de transformation précoce. Peter Thiel, un investisseur technologique et mentor de Zuckerberg, l’avait conseillé de ne plus se comporter “comme une construction baby-boomer” de ce qu’un millénaire bien éduqué devrait être. Son image en costume et cravate a laissé place à une apparence plus décontractée, avec notamment des photos de lui en train de pratiquer des sports de combat.

En 2022, il a modernisé son style vestimentaire en laissant pousser ses cheveux et en renouvelant sa garde-robe, suscitant des commentaires sur sa recherche de tendances. Parallèlement, il a commencé à collectionner des montres de luxe. Son virage idéologique vers la droite se manifeste de plus en plus, notamment lorsque, récemment, il a loué Trump pour sa réaction à un attentat.

En définitive, les changements dans la politique de contenus de Meta, tels que la suppression de la vérification des faits et l’augmentation de la tolérance face au discours haineux, témoignent d’une direction nettement marquée. Dans ses explications sur Instagram, Zuckerberg a indiqué que la société levait “les restrictions sur des sujets comme l’immigration et le genre qui ne sont pas en phase avec le discours dominant”, en lançant un regard sur les récentes élections comme catalyseur de cette décision.

Les révélations du média numérique The Intercept ont mis en lumière les nouvelles lignes directrices, qui incluent des attaques verbales à l’encontre de diverses communautés. Lorsque Trump a été interrogé sur le lien entre ces changements de politique et ses pressions sur Zuckerberg, il a acquiescé avec assurance : “Probablement, probablement.”

Points à retenir

  • Mark Zuckerberg a affiché un changement d’image et d’orientation politique depuis son audition au Sénat en 2018.
  • La suppression de la vérification des faits sur les contenus politiques est une réponse à ces pressions et critiques.
  • Les nouvelles directives de Meta visent à réduire les restrictions sur des discours auparavant censurés, notamment en matière d’immigration et de genre.

En conclusion, les récentes décisions de Meta soulèvent des questions sur la responsabilité des plateformes sociales face à la désinformation et à la modération de contenu. Ce dilemme entre liberté d’expression et protection contre la désinformation reste au cœur des débats contemporains. Il serait intéressant de réfléchir aux implications éthiques de ces choix et à l’avenir des discours en ligne.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit
2 thoughts on “La métamorphose trumpiste de Zuckerberg : un tournant technologique ?”
  1. Le changement de Zuckerberg soulève des questions sur la responsabilité des réseaux sociaux. Trouver l’équilibre entre liberté d’expression et protection contre la désinformation est essentiel pour notre société.

  2. Mark Zuckerberg semble vraiment changer. C’est étrange de voir une telle évolution en si peu de temps, surtout concernant la désinformation sur les réseaux sociaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *