Les achats en ligne ont connu une forte hausse ces dernières années, notamment grâce à l’engouement des entreprises pour le numérique, une tendance accentuée par la pandémie de COVID-19. De plus en plus de consommateurs choisissent d’acheter sur des plateformes comme Amazon, optant souvent pour des paiements par carte bancaire plutôt qu’en espèces. Nous constatons également que ceux qui sont clients d’un néobanque ou d’une fintech, ainsi que certains clients d’établissements bancaires traditionnels, peuvent bénéficier d’un remboursement sur leurs achats, une pratique connue sous le nom de cashback.
Cette stratégie de cashback est courante parmi les fintechs qui visent à récompenser leurs clients afin de les fidéliser tout en leur permettant de réaliser quelques économies. Un petit pourcentage des dépenses faites avec une carte est automatiquement crédité sur le compte des utilisateurs, ce qui peut s’avérer significatif, notamment pour les entreprises. En revanche, de nombreuses banques traditionnelles disposent également de ce type de programme, mais souvent de façon moins visible pour leurs clients. La raison principale réside dans les commissions élevées qu’elles perçoivent, contribuant à leurs profits sans redistribuer ces sommes aux clients qui ne se sont pas inscrits à ces programmes.
Au cours du deuxième trimestre de cette année, et selon les données de la Banque d’Espagne, les frais de traitement des cartes de débit des entreprises ont atteint 12,6 millions d’euros, tandis que ceux des cartes de crédit s’élevaient à 11,5 millions d’euros, avec un total d’opérations de près de 2,940 millions pour les débiteurs et 2,116 millions pour les crédits. En ce qui concerne les particuliers, les frais de traitement perçus par les banques ont dépassé 31 millions d’euros pour les paiements par carte de débit (dont 6,21 millions pour des transactions jusqu’à 20 euros) et plus de 18,5 millions d’euros pour les cartes de crédit.
Les modèles commerciaux des fintechs et des néobanques se basent principalement sur l’efficacité des coûts et l’évolutivité, ce qui permet de rationaliser les processus grâce à la technologie. Le grand bénéficiaire de cette approche est le client final, qui profite de frais réduits et d’avantages spécifiques d’une banque entièrement numérique, comme le cashback. Cela représente en fait une redistribution des revenus générés par leurs opérations de paiements par carte.
Lorsque vous effectuez un paiement par carte, la banque émettrice perçoit une commission de la part du réseau de paiements (Mastercard ou Visa), et certaines banques choisissent de partager ces revenus avec leurs clients. Par exemple, N26 souligne que son cashback est une manière simple et transparente de rendre de la valeur aux clients, en particulier sur les dépenses quotidiennes ou lors de voyages. Le remboursement de ce cashback est effectué directement sur le compte des clients par des crédits mensuels, sans programmes de points ni codes promotionnels nécessaires.
Les limites sur les frais de traitement ne s’appliquent pas aux transactions effectuées avec des cartes d’entreprises, selon la loi 18/2014. En revanche, pour les particuliers, ces limites sont fixées à 0,2 % du montant pour les cartes de débit et à 0,3 % pour les cartes de crédit. Pour les paiements inférieurs à 20 euros, les plafonds sont respectivement de 0,1 % et 0,2 %.
Une approche similaire à celle de N26 est adoptée par Trade Republic, qui compte plus d’un million de clients en Espagne. Cette plateforme d’épargne, qui aspire à devenir un gestionnaire patrimonial intégré, reverse 1 % de chaque paiement (dénommé saveback) dans un actif choisi par le client. Cette manœuvre permet de transformer chaque geste d’achat en une opportunité d’épargne, ayant un potentiel d’impact sur la manière dont les gens construisent leur patrimoine.
Vivid Money, qui a su attirer de nombreux clients grâce à son cashback, mentionne qu’un utilisateur peut récupérer entre 200 et 300 euros par an, le tout basé sur des dépenses annuelles d’environ 10 000 euros. Leur service encourage l’utilisation des cartes et propose un remboursement jusqu’à 1 % des achats, les clients bénéficiant ainsi d’un réel avantage. Revolut, pour sa part, a remplacé le cashback par un système de points de fidélité, RevPoints, permettant une plus grande flexibilité et sans limite de remboursement maximum.
De grandes banques telles que Santander et CaixaBank ont également mis en place des programmes similaires, mais leur accès est souvent restreint aux clients qui respectent certaines conditions, alors que BBVA n’a pas de programme permanent mais propose des promotions ponctuelles.
Points à retenir
- La croissance des achats en ligne est principalement due à l’accélération numérique des entreprises.
- Le cashback est une méthode efficace pour fidéliser les clients et générer des économies.
- Les données de la Banque d’Espagne montrent un volume important de transactions par carte, tant pour les entreprises que pour les particuliers.
- Les frais de traitement des cartes représentent une source de revenus significative pour les banques.
- Les fintechs offrent souvent des programmes de cashback plus transparents que les banques traditionnelles.
La montée en puissance des néobanques et des fintechs pourrait bien être le signe d’une évolution durable dans notre rapport à la consommation. Je me demande si, à long terme, cette répartition des bénéfices entre banques et consommateurs pourrait modifier les pratiques bancaires classiques. Quelle serait la réaction des grandes banques face à cette vulnérabilité face à des acteurs plus agiles ? Les temps changent, et il semble que la fidélisation des clients passe désormais par une approche plus directe et bénéfique.
