Un drone similaire à un Shahed a ciblé la base RAF Akrotiri, stationnée à Chypre, sans pour autant provenir d’Iran, a confirmé hier soir le ministère de la Défense du Royaume-Uni. Ce communiqué n’a pas fourni d’autres détails sur la provenance du drone, qui a causé des dégâts minimes et n’a fait aucune victime. Les familles du personnel militaire en poste ont été évacuées par mesure de sécurité.
Des chasseurs Typhoon et des F-35 britanniques, basés à Akrotiri, ont été déployés pour neutraliser le drone, qui a réussi à contourner les systèmes radar modernes. Au final, les dégâts se sont limités à un hangar près de la piste de la base, celui-ci n’étant pas utilisé par des bombardiers américains, selon le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Le communiqué précise aussi que ces avions de la Royal Air Force ont mené des “opérations aériennes défensives” au Moyen-Orient durant la nuit pour protéger les intérêts britanniques et ceux de leurs alliés.
Par ailleurs, “au cours des dernières 24 heures”, le Royaume-Uni a procédé au réapprovisionnement des systèmes de défense aérienne de ses “bases britanniques et alliées” dans la région. Des hélicoptères Wildcat de l’Armée de l’air, armés de missiles Martlet, arriveront à Chypre dans les jours à venir.
Le ministre de la Défense britannique, John Healey, est arrivé à Chypre ce jeudi, à la suite de l’impact du drone à la base d’Akrotiri. Il a exprimé : “L’amitié durable entre le Royaume-Uni et Chypre reste forte face aux menaces iraniennes”, dans un post sur X où il figure aux côtés de Vasilis Palmas, ministre de la Défense chypriote.
En plus des hélicoptères Wildcat, le Royaume-Uni déploiera le HMS Dragon, l’un des six destroyers de défense aérienne de la Royal Navy, équipé de systèmes de missiles Sea Viper, capables de tirer huit projectiles en moins de dix secondes et de guider jusqu’à seize simultanément, selon le ministère britannique de la Défense.
Mercredi, le Haut-Commissaire de Chypre au Royaume-Uni, le Dr Kyriacos Kouros, a exprimé la déception des Chypriotes face à la communication avec les résidents après l’attaque à la base RAF Akrotiri et l’interception ultérieure de plusieurs drones. “Les gens sont déçus, ils ont peur et attendent plus”, a-t-il déclaré dans l’émission Newsnight de la BBC.
Initialement, Starmer s’était opposé à l’engagement britannique dans le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, mais il a finalement accepté une demande américaine d’utiliser deux bases militaires britanniques pour un “objectif défensif, spécifique et limité”. Ces bases se trouvent en Gloucestershire, à l’ouest de l’Angleterre, et sur l’atoll Diego Garcia, un territoire britannique dans l’océan Indien abritant une base militaire conjointe.
Points à retenir
- Le drone n’a pas été lancé depuis l’Iran mais a tout de même causé des perturbations.
- Aucune victime à déplorer suite à l’attaque qui a endommagé des infrastructures militaires.
- Des hélicoptères Wildcat et le HMS Dragon seront bientôt déployés pour renforcer les capacités de défense.
- La communication autour des événements n’a pas satisfait les résidents chypriotes.
- Le Premier ministre britannique a affirmé que les intérêts britanniques demeurent protégés en Orient.
Ce contexte soulève des questions sur la capacité des pays à gérer des menaces émergentes dans des zones géopolitiques sensibles. Ne devrions-nous pas réévaluer nos priorités en matière de communication et de sécurité pour apaiser les craintes des populations locales ?
