mar. Juin 23rd, 2026

Bahrain entre dans la troisième phase de la documentation institutionnelle des waqfs


Des intervenants lors d’un séminaire intitulé « Le waqf : un don renouvelable » ont souligné l’importance d’intensifier les efforts pour élargir le périmètre du waqf et encourager les individus ainsi que les institutions à s’investir dans ce domaine. Ils ont affirmé que le secteur des waqfs est vaste et représente un espace d’innovation où l’on peut développer des formules novatrices de waqf qui correspondent à nos temps et profitent à la société. Parmi ces initiatives, ils ont cité la mise à disposition de terrains pour des projets liés à la sécurité alimentaire et à la gestion de l’eau, appelant ainsi les bienfaiteurs à laisser leur empreinte au sein du waqf.

Cela a eu lieu lors d’un séminaire inaugural organisé par le Centre culturel Abdulrahman Kanoo, marquant le début de la dernière phase de sa saison culturelle, en collaboration avec la Direction générale des waqfs sunnites. Des personnalités telles qu’Ahmed Khalil Khairi, Directeur général des waqfs sunnites, le Cheikh Dr. Habib al-Namleet, Président du groupe d’orientation religieuse, et d’autres acteurs ont pris part à cet événement, animé par le Cheikh Faisal bin Fahid, sous l’égide d’un parterre d’experts en culture et en affaires sociales.

Ils ont mis en lumière que le waqf est un pilier essentiel du développement durable au sein des sociétés islamiques, atteignant des objectifs de grande envergure dans le cadre des initiatives humanitaires mondiales.

Ahmed Khalil Khairi a évoqué le système de waqf dans le Royaume de Bahreïn, qui se distingue par son caractère social. Il a rappelé que les citoyens ont, depuis longtemps, consacré une partie de leurs biens au service de la communauté et des démunis dans le but d’assurer une vie décente. Bien qu’il existe des waqfs à Bahreïn depuis 1700, leur enregistrement officiel a tardé à se mettre en place.

Il a précisé que le waqf a évolué à travers plusieurs phases allant de la documentation non officielle à une structuration institutionnelle. La première phase étant celle de la documentation a posteriori, où des waqfs étaient connus mais sans un enregistrement formel. En 1927, Cheikh Issa bin Ali avait déjà encouragé l’enregistrement des waqfs, qui étaient ensuite consignés dans des registres aujourd’hui conservés par la Direction des waqfs sunnites.

Le système de gestion institutionnelle actuel voit la Direction des waqfs sunnites émettre des documents de waqf légitimes pour assurer leur enregistrement et leur réglementation. Actuellement, Bahreïn est à la troisième étape de ce processus. Les waqfs doivent se rendre dans les tribunaux pour obtenir un document d’enregistrement, qu’ils présentent ensuite à la Direction des waqfs sunnites, accompagnés des preuves de propriété pour effectuer la demande d’enregistrement foncier.

Concernant la nomination des gestionnaires de waqf, Khairi a mentionné que c’est normalement le waqf lui-même qui désigne un gestionnaire, qui doit être digne de confiance et compétent. Selon la décision numéro 3 de 2021, la nomination et le remplacement d’un gestionnaire doivent passer par la Direction des waqfs sunnites, avec des rapports mensuels et annuels devant être fournis.

Le Cheikh Dr. Habib al-Namleet a fait remarquer que les textes sacrés encouragent les dons, le waqf étant une forme de don se distinguant par sa durabilité. Il a souligné qu’affecter des fonds à un projet de waqf génère un revenu pour le membre de la communauté, tout en bénéficiant à la société de manière permanente.

Il a également souligné la flexibilité du système de waqf, qui contribue à son pérennité jusqu’à aujourd’hui, les textes sacrés fournissant un cadre général pour le waqf, permettant divers types d’initiatives adaptées aux besoins contemporains.

Les responsables ont également présenté les différentes formes de services que les waqfs offrent à la communauté, englobant cinq secteurs, dont le soutien religieux, qui est la base du waqf, notamment à travers les mosquées, qui ont historiquement bénéficié de fonds pour leurs opérations.

Ils ont évoqué divers champs d’application pour le waqf éducatif, y compris la possibilité d’allouer des fonds pour des livres ou d’appuyer des élèves, et ont cité le waqf éducatif d’Ali bin Salman qui finance l’enseignement des élèves.

En outre, ils ont mis en avant les volets médicaux et sociaux du waqf, incluant des initiatives pour aider les veuves, les orphelins et les personnes handicapées. Ils ont également mentionné les waqfs associés aux services funéraires offerts gracieusement à la communauté, grâce à des dons laissés par nos ancêtres pour faciliter les enterrements.

Le rôle des femmes dans le waqf a été souligné, bien qu’il soit noté que la majorité des gestionnaires sont actuellement des hommes. De plus, il existe des waqfs spécifiquement dédiés aux femmes et certaines pratiques atypiques qui reflètent un engagement social particulier.

Il a été signalé que le domaine des waqfs est prometteur, offrant de multiples opportunités novatrices, incitant les bienfaiteurs à s’investir de manière significative.

Lors de la séance, Abdulaziz Rashdan a proposé de réduire les pourcentages prélevés sur les revenus des waqfs pour leur gestion afin de favoriser la répartition des bénéfices au profit des héritiers.

Par ailleurs, Omar Ayoub, directeur de la Mabara de Rashid Al-Zayani, a souligné l’importance de la participation du secteur privé dans les initiatives de bienfaisance, avec une attention particulière sur des projets exprimant le souci du bien public.

La discussion abordait quatre grands thèmes : une vue historique du waqf à Bahreïn, les procédures de nomination des gestionnaires et d’enregistrement, les vertus du waqf dans la charia, ainsi que les contributions du secteur privé dans le soutien des waqfs.

Points à retenir

  • Le waqf joue un rôle crucial dans le développement durable des sociétés islamiques.
  • Bahreïn est actuellement à la troisième phase de documentation institutionnelle pour les waqfs.
  • Le système de waqf est reconnu pour sa souplesse et sa capacité d’adaptation aux besoins contemporains.
  • La participation des femmes dans la gestion des waqfs demeure limitée, bien que présente.
  • Le secteur privé a un rôle clé à jouer dans l’innovation et le soutien des initiatives de waqf.

En somme, le waqf se présente comme un concept riche d’opportunités, tant pour la collectivité que pour les bienfaiteurs. À une époque où les besoins évoluent rapidement, il est intéressant de réfléchir aux nouvelles modalités d’engagement qui pourraient rendre le waqf encore plus pertinent et impactant dans notre société actuelle.


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