mer. Juin 24th, 2026

Article original rédigé par : Alessandro Sala.

La révision des directives concernant la classification des œuvres cinématographiques se traduit par des conséquences pour les films montrant des maltraitances ou des incitations à la haine. L’Enpa se réjouit : « Une victoire attendue depuis des années, qui reconnaît la dangerosité sociale des actes violents envers les plus vulnérables. »

Les scènes de violence envers les animaux et de discours de haine à leur encontre joueront un rôle crucial dans l’évaluation des films et l’accès aux salles de cinéma. Le ministère de la Culture a récemment publié un décret qui modifie les lignes directrices pour la classification des œuvres. Ce sont ces lignes qui déterminent si un long-métrage est accessible à tous ou s’il y a des restrictions, comme par exemple pour les moins de 6 ou 10 ans où il ne s’agit pas de prohibitions explicites mais de contenus jugés « inappropriés », ou des interdictions totales pour les moins de 14 ou 18 ans. Avec cette mise à jour, les maltraitances animales sont désormais considérées comme équivalentes à celles infligées aux personnes, même dans la fiction.

Les décisions des commissions évaluant les œuvres se fonderont principalement sur la présence de scènes illustrant des maltraitances infligées aux animaux et à l’environnement, « tenant compte non seulement de la violence physique, mais aussi de formes de mépris, humiliation et non respect des besoins éthologiques ». Ces actes sont donc assimilés à tous les types de violence à l’égard des individus, y compris le viol et le harcèlement sexuel. Une autre catégorie dans laquelle les animaux sont désormais inclus concerne la discrimination et l’incitation à la haine, déjà attentive aux comportements répréhensibles en raison de la race, du genre, de l’orientation sexuelle ou de l’état physique.

L’Ente Nazionale Protezioni Animali (Enpa) se félicite de ce « résultat historique ». Depuis plusieurs années, l’Enpa participe aux commissions d’évaluation du ministère, mais jusqu’à présent, la violence à l’encontre des animaux n’était pas explicitement prise en compte. Cela compliquait la demande d’application de restrictions à des œuvres manifestement contenant des actes de maltraitance. Désormais, cette lacune est comblée, et pour l’association, c’est une victoire également dans le cadre d’une bataille pour les valeurs. La violence envers les animaux est désormais assimilée à celle exercée sur les êtres humains, reconnaissant – comme le fait remarquer l’Enpa – le lien entre la maltraitance des plus vulnérables et la dangerosité des individus qui commettent de tels actes. La reconnaissance juridique de la dangerosité sociale de ces actes est au cœur de plusieurs batailles menées par l’association au cours des dernières années. Par ailleurs, selon l’Enpa, il est désormais établi qu’un film montrant de la violence envers les animaux est démoralisant et nuisible pour les mineurs, car cela normalise les actes cruels et favorise une culture de mépris envers les êtres vivants.

« La reconnaissance de ces critères – souligne l’association – est un pas essentiel pour la protection des animaux et l’éducation des nouvelles générations. Les demandes de reconnaissance de la dangerosité sociale sont passées de 5 % en 2023 à 19,4 % en 2024. Ce chiffre montre que les maltraitances sur les animaux ne sont pas des actes isolés, mais indiquent une violence croissante, souvent impliquant des mineurs. Selon les plaintes déposées auprès des services de protection animale, 5 % des délits ont été commis par des mineurs, avec des incidents particulièrement cruels. Les espèces les plus touchées sont les chiens, dans 44,83 % des cas, et les chats, dans 20,69 %.

La catégorie de restriction sera déterminée en fonction de la fréquence d’apparition des scènes incriminées et de leur représentation explicite, tout comme pour toutes les catégories considérées qui, outre la violence et la discrimination, incluent également des images de sexe, l’usage d’armes, le langage grossier et la consommation de drogues. Les images se rapportant à deux films déjà classés comme interdits aux moins de 18 ans, La maison de Jack de Lars von Trier (2018) et Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato (1980), avaient déjà obtenu la classification la plus sévère en raison des nombreuses scènes d’horreur qu’elles contiennent au sujet des humains. Les scènes concernant les animaux ne constituaient qu’un ajout à l’ambiance filmique sans être spécifiquement prises en compte. Avec les nouvelles règles, elles pourraient à elles seules avoir un impact sur des classifications plus sévères.

Il ne suffira plus d’insérer dans le générique une mention du type « Aucun animal n’a été maltraité pour la réalisation de cette œuvre » pour que les réalisateurs se sentent en paix avec leur conscience. Même la simple représentation de scènes jugées violentes ou susceptibles de générer des comportements négatifs à l’égard des animaux, surtout si elles sont gratuites et non essentielles, influencera la restriction d’accès au film.

« Protéger les animaux signifie protéger l’ensemble de la communauté – souligne Carla Rocchi, présidente nationale de l’Enpa – : la cruauté envers un animal est un signe que nous ne pouvons pas ignorer. Nous devons reconnaître ces actes pour ce qu’ils sont, à savoir un danger pour tous. Reconnaître ce lien également dans le cinéma constitue un pas fondamental pour lequel nous avons œuvré durant de nombreuses années. Nous continuerons à veiller pour que la représentation des animaux dans les médias respecte des principes éthiques et de sensibilité, et œuvrerons pour renforcer le lien entre la protection animale et la sécurité sociale. »

Points à retenir

  • Les nouveaux directives reconnaitront la violence envers les animaux comme un critère de classification de films.
  • Les décisions de notation se baseront sur la fréquence et la représentation explicite des actes de maltraitance.
  • Il existe une corrélation entre la maltraitance animale et les comportements violents envers les humains, particulièrement chez les jeunes.
  • Un film intégrant des scènes de violence animale sera considéré comme dissuasif et nuisible pour les mineurs.

La révision de ces directives ouvre un débat sur la responsabilisation des créateurs de contenu grand public. En effet, il est essentiel de réfléchir à l’impact que la représentation des violences, notamment envers les animaux, peut avoir sur la société. Quelle influence cela pourrait-il avoir sur les jeunes spectateurs et sur les comportements futurs ?


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One thought on “La violence envers les animaux pourrait interdire un film aux moins de 18 ans !”
  1. La nouvelle réglementation sur la représentation de la violence envers les animaux dans le cinéma est essentielle. Elle pousse à repenser notre impact culturel sur les jeunes générations.

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