mer. Juin 24th, 2026

La romancière irlandaise Sally Rooney, reconnue pour son best-seller Gens normaux (2018), a annoncé qu’une part de ses droits d’auteur, y compris ceux des adaptations télévisées de ses œuvres, sera reversée à l’organisation britannique Palestine Action, désormais interdite.

“Je souhaite utiliser les revenus générés par mon travail, ainsi que ma notoriété, pour soutenir Palestine Action”, a déclaré cette autrice de 34 ans, connue pour son engagement en faveur des droits des Palestiniens, dans un article publié ce week-end dans The Irish Times.

Dans cet article, elle précise qu’elle tire des bénéfices économiques de la BBC, qui a coproduit et diffusé les adaptations télévisées de “Gens normaux” (2020), qui a rencontré un immense succès mondial, et “Conversations entre amis” (2022).

À la début juillet, Palestine Action a été ajoutée à la liste des organisations terroristes au Royaume-Uni, suite à des actes de vandalisme dans une base de la force aérienne.

Depuis cette interdiction, plus de 700 personnes ont été arrêtées et environ soixante d’entre elles seront poursuivies pour avoir manifesté leur soutien, notamment en brandissant des pancartes lors de rassemblements.

“Dans ce contexte, je me sens dans l’obligation de réaffirmer mon soutien à Palestine Action. Si cela fait de moi une accusée de soutenir le terrorisme, selon la législation britannique, qu’il en soit ainsi”, écrit Rooney, qui réside en Irlande.

“J’aurais aimé publier cet article dans un quotidien britannique, mais cela serait désormais illégal”, ajoute la romancière.

Un porte-parole du Premier ministre britannique a, par la suite, rappelé que “le soutien à une organisation interdite est un délit selon la loi antiterroriste”, en précisant qu’aucun soutien ne devrait être accordé à ce groupe.

Sally Rooney, dont les ouvrages se sont vendus à des millions d’exemplaires à travers le monde, a refusé en 2021 que son troisième livre, “Où es-tu, beau monde ?”, soit traduit en hébreu par une maison d’édition israélienne qu’elle jugeait trop proche du pouvoir, une décision qui a provoqué de vives réactions au sein de la communauté juive.

Plusieurs organisations et ONG, telles que les Nations Unies, Greenpeace et Amnesty International, ont fermement condamné l’interdiction de Palestine Action, mettant en garde contre les arrestations de ses partisans qui menacent la liberté d’expression.

La fondatrice de l’organisation, qui vise à dénoncer “la complicité britannique” avec Israël, notamment en matière de vente d’armes, a déposé un recours juridique qui sera examiné en novembre.

Points à retenir

  • Sally Rooney utilise sa notoriété pour soutenir Palestine Action, une organisation récemment interdite au Royaume-Uni.
  • La BBC a coproduit les adaptations de ses romans qui lui rapportent des droits d’auteur significatifs.
  • Plus de 700 personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur soutien à Palestine Action, soulignant les tensions autour de la liberté d’expression.
  • Des organisations internationales affichent leur opposition à la prohibition de Palestine Action, dénonçant les atteintes à la liberté d’expression.

Dans un contexte où la liberté d’expression est souvent mise à l’épreuve, l’initiative de Rooney soulève des questions délicates sur la responsabilité des artistes et leurs engagements politiques. Que peut-on attendre des figures publiques en matière de justice sociale, et jusqu’où peut-on aller dans le soutien à des organisations controversées ?


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