Madrid
La célèbre auteure irlandaise Sally Rooney, connue pour ses œuvres telles que Normal People, Conversations with Friends et Beautiful World, Where Are You, a récemment défié ouvertement le gouvernement britannique à travers une tribune publiée dans The Irish Times. Dans cet article, elle exprime son soutien au groupe militant Palestine Action et critique les actions récentes du gouvernement de Keir Starmer contre les manifestants.
Rooney dénonce les plus de 500 arrestations lors d’une manifestation pacifique qui a eu lieu à Londres le 9 août dernier. Ces manifestations, organisées par des militants pro-palestiniens, ont conduit à des interpellations par la Metropolitan Police (la Métropole). Selon l’auteure, les personnes arrêtées pourraient faire face à des accusations de « terrorisme ».
Le groupe Palestine Action a été juridiquement classé comme « organisation terroriste », une désignation qui impose des sanctions sévères y compris la possibilité d’une peine de 14 ans de prison, selon la loi antiterroriste de 2000.
« Palestine Action, interdit par cette même loi, n’a causé aucune mort et n’a jamais plaidé pour l’usage de la violence contre quiconque. Pourquoi, alors, est-ce que ses sympathisants sont arrêtés pour porter des t-shirts, tandis que des murales célébrant les escadrons de la mort unionistes demeurent intacts ? » s’interroge-t-elle dans The Irish Times.
Cette décision a été prise après que des membres de Palestine Action ont vandalisé deux avions dans une base de la Royal Air Force (RAF) et bloqué l’entrée du siège de la société de défense israélienne Elbit Systems à Bristol.
Rooney souligne que « toute expression de soutien à Palestine Action, même un simple panneau ou t-shirt, constitue désormais un grave délit de terrorisme selon la législation britannique ». Elle affirme également que « le gouvernement britannique a volontairement privé ses citoyens de droits et libertés fondamentaux, y compris le droit d’exprimer et de lire des opinions dissidentes, afin de protéger sa relation avec Israël ». De plus, elle évoque sa volonté de publier son plaidoyer au Royaume-Uni, mais comme cela serait jugé « illégal », elle choisit de le faire dans un média irlandais pour toucher un public plus large.
En plus de ses déclarations critiques à l’égard du gouvernement britannique, Rooney a décidé de soutenir financièrement Palestine Action, en allouant les revenus de ses droits d’auteur et des adaptations audiovisuelles à cette cause. Elle note que certaines chaînes britanniques, y compris la BBC, continuent d’émettre des adaptations de ses romans.
« Mes livres, du moins pour l’instant, restent publiés en Grande-Bretagne et sont facilement accessibles dans les librairies et même dans les supermarchés. Au cours des dernières années, la chaîne publique britannique a également diffusé deux excellentes adaptations de mes romans et me verse donc régulièrement des droits d’auteur. Je tiens à préciser que je souhaite utiliser les bénéfices de mon travail, ainsi que ma plateforme publique en général, pour continuer à soutenir Palestine Action et l’action directe contre le génocide dans la mesure du possible », déclare l’auteure.
« Si l’État britannique considère cela comme du « terrorisme », peut-être devrait-il enquêter sur les organisations qui continuent de promouvoir mon travail et de financer mes activités, comme WH Smith et la BBC », ajoute-t-elle.
Points à retenir
- Sally Rooney exprime son désaccord avec le gouvernement britannique à travers une tribune engagée.
- Les arrestations de manifestants soulèvent des questions sur la liberté d’expression au Royaume-Uni.
- Palestine Action est classée comme organisation terroriste mais défend des pratiques pacifiques.
- Rooney utilise ses droits d’auteur pour soutenir financièrement Palestine Action.
- Elle souligne l’incohérence dans la gestion des manifestations et la législation sur le terrorisme.
Ce débat soulève des interrogations sur l’équilibre entre sécurité nationale et droits civiques. Quelle responsabilité porte un gouvernement dans le maintien de l’ordre tout en protégeant la liberté d’expression ? Les actions de Rooney, bien que controversées, mettent en lumière les tensions actuelles entourant ces questions fondamentales. Les discussions sur la légitimité des mouvements de solidarité et de protestation sont plus que jamais d’actualité.