Le gouvernement britannique a mis en garde ce lundi que l’écrivaine irlandaise Sally Rooney pourrait faire face à des accusations liées au terrorisme si elle décidait de faire un don à Palestine Action, une organisation pro-palestinienne récemment interdite au Royaume-Uni.
L’auteure de succès tels que Normal People, adaptée à l’écran par la BBC, a annoncé ce week-end qu’une partie de ses revenus issus de ses livres et des adaptations télévisées sera allouée à Palestine Action.
À ce sujet, le 10 Downing Street a rappelé aujourd’hui que “soutenir une organisation interdite est un délit selon la loi anti-terroriste”. Ils ont ajouté que “personne ne devrait soutenir” ce groupe.

Rooney, âgée de 34 ans, a précisé dans un article publié dansThe Irish Times qu’elle compte utiliser les bénéfices de son travail ainsi que son influence publique pour continuer à soutenir Palestine Action et l'”action directe contre le génocide de toutes les manières possibles”.
L’écrivaine, qui réside en Irlande, où Palestine Action n’est pas interdite et où son gouvernement reconnaît la Palestine comme État, affirme que si cela la fait passer pour “une partisane du terrorisme”, alors cela ne la dérange pas.
L’ambassadrice de Palestine à Dublin, Jilan Wahba Abdalmajid, a souligné ce lundi que Rooney utilise sa voix pour dénoncer les violations du droit international et des droits de l’homme dans son pays.
“J’espère que ces appels se concrétiseront par des actions pratiques qui arrêteront les horreurs que nous voyons perpétrées par Israël en Palestine; qu’ils mettront fin au génocide et au déplacement forcé, et qu’ils mettront un terme à l’occupation israélienne”, a-t-elle déclaré.
De son côté, le bureau du Premier ministre britannique, Keir Starmer, a insisté aujourd’hui sur les différences “entre montrer son soutien à une organisation interdite” et “protester légitimement en faveur d’une cause”.
Depuis juillet dernier, Palestine Action est légalement classée comme “organisation terroriste” au Royaume-Uni, à la suite de vandalisations de deux avions sur une base de la Royal Air Force (RAF) ou de blocages à l’entrée du siège de l’entreprise de défense israélienne Elbit Systems à Bristol (sud-ouest de l’Angleterre).
En vertu de cette loi, la Métropolitan Police de Londres a procédé le 9 août à plus de 500 arrestations lors d’une manifestation organisée sur la place du Parlement britannique en soutien à Palestine Action.
Points à retenir
- Le gouvernement britannique considère que le soutien à des organisations interdites peut entraîner des poursuites judiciaires.
- Sally Rooney, par ses actions, soulève des questions sur la liberté d’expression et le soutien à des causes politiques.
- Palestine Action a été classée organisation terroriste après des actes de vandalismes et des manifestations publiques.
Dans cette actualité, on voit que la frontière entre engagement personnel et légalité peut être floue, suscitant des débats relevants sur la responsabilité des artistes face aux enjeux sociopolitiques. Cela soulève la question : jusqu’où un individu doit-il aller pour défendre ses convictions sans enfreindre la loi?