mar. Juin 23rd, 2026

L’artiste disparu, Michael Madsen, fait sa dernière apparition posthume en incarnant un cascadeur au tempérament un peu éméché nommé Rex Fuel, dans ce film collectif décontracté réalisé par Mas Bouzidi, qui signe ici son premier long-métrage. Ce projet est une extension mélancolique du court-métrage homonyme de Bouzidi. Le réalisateur nous plonge dans le scénario classique d’un cinéma de ville de province, le Royal Alamo, en phase de fermeture, projetant pour son ultime représentation quelques films en 35 mm. L’établissement a bien sûr subi l’impact du streaming numérique, mais l’atmosphère nostalgique évoque agréablement le chef-d’œuvre de Peter Bogdanovich, *The Last Picture Show*, datant de 1971, période où Netflix ne représentait pas encore une menace.

Le Royal Alamo est désormais un lieu chargé de souvenirs, illustré par les deux employés du stand de concessions, qui s’adonnent à des chamailleries cocasses, un peu à la manière de *Clerks* de Kevin Smith. (“Ce film où Johnny Depp joue un père pédophile …”, “Willy Wonka?”, “Oui”) Le titre pourrait suggérer que certaines concessions sont métaphoriques. Peut-être qu’effectuer un travail ennuyeux est la concession faite pour un accès privilégié à cette usine à rêves.

Parmi eux, nous avons Hunter (Rob Riordan), qui regrette d’avoir perdu son temps ici depuis le lycée et se trouve un jour à servir un ancien camarade désormais célèbre. Bien qu’il ne regarde pas les films projetés au Royal Alamo, ses derniers instants évoquent ceux d’Olivia Colman dans le film mélancolique de Sam Mendes, *Empire of Light*. L’autre employé est Lorenzo (Jonathan Lorenzo Price), qui dispose d’une bourse de football à Tampa en Floride. Contrairement à tous ces perdants, il a une porte de sortie de cette petite ville sans espoir, mais confie ses propres angoisses à Deana (Lana Rockwell), en charge de la billetterie. Le lieu est géré par un grincheux, Luke (Steven Ogg), dont le père a construit le cinéma dans les années 1970.

Madsen fait une apparition dans le rôle de Fuel, un personnage qui ressemble à l’un de ceux supprimés du film de Tarantino, *Once Upon a Time in Hollywood* : un homme jovial et flou qui entre et demande à Deana, qu’il surnomme “Toots”, un billet gratuit pour le film, car il a réalisé les cascades. Il s’approche cordialement d’une spectatrice dans l’auditorium, lui présente sa carte au cas où elle aurait besoin d’un cascadeur. Bien que ce passage empreint de bienveillance renforce la tristesse cinéphile du film, peut-être que ce sujet, bien que familier, exigerait un souffle d’innovation que *Concessions*, malgré son charme, n’apporte pas réellement.

*Concessions* a été projeté au festival du film d’Édimbourg.

Bon à savoir

  • Le film fait écho à des thèmes de nostalgie et de mémoire liés à l’industrie cinématographique.
  • Mas Bouzidi, en tant que jeune réalisateur, pourrait marquer un tournant dans le cinéma indépendant.
  • Michael Madsen reste une figure emblématique du cinéma, ajoutant une couche sentimentale au film.

En définitive, Concessions ouvre le débat sur la façon dont le cinéma traditionnel s’adapte face à l’essor des plateformes de streaming. Quelles répercussions cela entraîne-t-il sur notre appréciation du septième art et sur les histoires que nous choisissons de soutenir ?


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