mar. Juil 14th, 2026

Better Man

⭐️ ⭐️ ⭐️

Classification : R

Durée : 2 heures 14 minutes

Distribution : Robbie Williams, Jonno Davies, Steve Pemberton, Alison Steadman

Scénaristes : Simon Gleeson, Oliver Cole, Michael Gracey

Directeur de la capture de mouvement : Emma Cross

Réalisateur : Michael Gracey

Critique réalisée lors du Festival International du Film de Toronto

Il arrive parfois de se demander comment certaines décisions créatives ont été prises lors de la production d’un film. Pour illustrer ce point, j’aurais volontiers payé pour être une mouche sur le mur lorsque la décision a été prise de faire représenter Robbie Williams dans Better Man, une biographie filmée du célèbre chanteur britannique, par un chimpanzé créé par CGI, au lieu d’un acteur classique. Autre fait surprenant, tous les autres personnages sont interprétés par des acteurs humains.

La justification semble être que personne, même pas un acteur, ne pourrait incarner le rôle d’une légende vivante comme Robbie Williams, un artiste que je n’ai jamais eu l’occasion d’entendre ou de voir au cours de ma carrière de journaliste. Cette ignorance n’est cependant pas de la faute de Robbie ; cela tient plutôt au fait que j’ai été élevé aux États-Unis, où l’émission britannique Top of the Pops, qui mettait régulièrement en avant Williams, n’a pas été diffusée durant plus de 40 ans. Mais l’idée du chimpanzé, elle, provient clairement de Robbie lui-même : au début du film, sa narration explique qu’il souhaite que nous le voyions tel qu’il se perçoit toujours, c’est-à-dire sous la forme d’un simien chanteur.

Si vous êtes prêt à accepter ce choix audacieux, vous êtes déjà bien parti pour apprécier Better Man.

Je soupçonne que cette anthropomorphisation inversée de Williams vise à masquer le fait que le récit suit la trame habituelle des biopics de rock stars : des débuts modestes, un désir ardent de réussite, des succès précoces, l’amour d’une femme, puis une descente aux enfers due aux drogues et à l’alcool qui lui coûte son amour ainsi que sa carrière, avant une résurrection miraculeuse qui le propulse vers de nouveaux sommets.

Des films comme Rocket Man, Bohemian Rhapsody, Ray ou encore Amadeus ont déjà exploré cette thématique avec différents degrés de succès. Mais un génie musical autodestructeur représenté par un chimpanzé ? C’est une approche que l’on ne voit pas souvent.

Williams prête sa voix à un Robbie adulte, tandis que l’acteur Jonno Davies assure la performance physique, capturée par la réalisatrice de capture de mouvement Emma Cross (qui a travaillé sur deux films La Planète des singes).

Sur le papier, cela semble risqué, et le crédit d’y parvenir de manière convaincante revient en grande partie aux co-stars du film, qui parviennent à faire accepter au public l’aspect singulier du personnage principal. Steve Pemberton se démarque en tant que père ambitieux mais irresponsable de Robbie, un chanteur de nightclub qui, alors que tout le monde à Stoke-on-Trent écoute Duran Duran et Frankie Goes to Hollywood, insiste pour que son fils perfectionne sa technique sur les classiques de Frank Sinatra.

Le plan fonctionne, Robbie décroche une place dans Take That, le boys band le plus populaire de l’histoire britannique (que je ne connaissais pas non plus). Un avenir prometteur s’annonce, mais en proie à ses complexes d’enfance, Robbie devient un collaborateur autodestructeur et se fait expulser du groupe.

La tristesse l’envahit, accompagnée d’une addiction aux drogues et d’une rupture avec ceux qui l’aiment. Pourtant, alors qu’il touche le fond, sa carrière ne faiblit pas : c’est lors d’un concert devant 150 000 fans, où il commence à halluciner des images terrifiantes de lui-même, qu’il prend conscience qu’il ne peut pas poursuivre ainsi.

D’un coup, Robbie se remet sur le droit chemin, retrouve les personnes qu’il a blessées et se réconcilie avec son père lors d’une émouvante interprétation de “My Way” de Frank Sinatra au Royal Albert Hall.

Oh là là, j’ai peut-être révélé trop de détails de l’intrigue, n’est-ce pas ? Cependant, je ne regrette pas, car l’évolution de Better Man est aussi prévisible qu’un sitcom des années 1980, et étant donné que Robbie nous raconte lui-même son histoire dans un film à gros budget, il était évident qu’il ne disparaîtrait pas sans laisser de trace.

En fin de compte, Better Man s’apparente à un manège dans un parc d’attractions : nous traversons l’installation de l’intrigue, gravissons la première pente du succès, puis ressentons les sensations fortes et les frayeurs de la descente avant de retourner au point de départ, sains et saufs, comme nous le savions déjà.

Et notre guide est un chimpanzé informatisé ! Je parie qu’une attraction à Universal Studios Orlando est déjà en préparation.

Il est intéressant de noter que le réalisateur et co-scénariste Michael Gracey s’est principalement illustré dans le domaine des clips musicaux. Son précédent long-métrage, The Greatest Showman, avait charmé certains spectateurs tout en poussant d’autres à quitter les salles.

Better Man risque d’être tout aussi clivant. Les chansons ne sont pas mauvaises (toutes se sont vendues à plusieurs millions d’exemplaires) et le chimpanzé a un côté amusant d’une manière audacieuse.

Et maintenant, je sais qui est Robbie Williams. Mission accomplie !

Bon à savoir

  • La capture de mouvement a été un élément clé de cette production, permettant d’utiliser des technologies avancées pour donner vie au personnage du chimpanzé.
  • Le film aborde des thèmes universels tels que la lutte contre les addictions et la rédemption.
  • Les performances musicales du film sont inspirées par des classiques, intégrant ainsi une touche nostalgique pour le public.

Il est fascinant de constater comment des récits de vie peuvent être adaptés de manière inédite. L’utilisation d’un chimpanzé pour représenter une icône du divertissement soulève des questions intéressantes sur la perception des artistes et la représentation de leur parcours. Quelle est, selon vous, la frontière entre fiction et réalité dans de tels récits ?


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4 thoughts on “Critique : Meilleur homme – Films pour tous avec Bill Newcott”
  1. Quelle idée folle de représenter Robbie Williams par un chimpanzé ! Cela m’intrigue tout autant que ça me fait sourire. J’avoue que j’ai hâte de voir ce film original !

  2. L’idée d’un chimpanzé comme protagoniste est audacieuse, mais cela soulève des réflexions intéressantes sur la représentation des artistes. Une approche unique pour un parcours bien connu !

  3. L’idée d’un chimpanzé pour incarner Robbie Williams est à la fois audacieuse et amusante. Cela rend le film intriguant, même si on sait déjà où l’histoire va mener.

  4. L’idée d’un chimpanzé pour représenter Robbie Williams semble audacieuse, créant une nouvelle perspective sur la légende et son parcours. Intriguant et amusant à envisager !

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