Article original rédigé par : Mandalit del Barco
Le designer Jonathan Anderson est déjà une figure emblématique dans le monde de la mode. Cette année, il s’est aventuré dans le cinéma en créant les costumes des films "Challengers" et "Queer".
Dans le monde du mannequinat, Jonathan Anderson se distingue par des créations avant-gardistes et souvent humoristiques, telles que des tops en maille transparente ornés de plumes, des mini-kilts ou encore des pulls décorés de planches à roulettes cassées. Ses pièces ont été portées par des célébrités comme Rihanna, Harry Styles et Beyoncé. Depuis son bureau à Londres, il évoque son inspiration multiple.
Anderson partage : « Mes inspirations peuvent venir d’une œuvre de la Renaissance que je souhaite recréer, ou d’une période où j’étais vraiment obsédé par le surréalisme contemporain. »
Cependant, son style personnel est plus discret : « Je porte un pull beige, un jean vintage décoloré et des chaussures Loewe. »
Le réalisateur Luca Guadagnino souligne : « Jonathan possède une intelligence féroce. Il saisit comment nous communiquons par le biais de nos vêtements. » Ils sont devenus de grands amis lors de leur rencontre en Italie et échangent tous les jours. C’est Guadagnino qui a demandé à Anderson de créer les costumes pour "Challengers", un film mettant en scène un triangle amoureux dans le milieu du tennis.
Dans ce film, l’actrice Zendaya incarne le personnage de Tashi Duncan, une joueuse de tennis. Anderson admet qu’il n’avait jamais conçu de costumes pour le cinéma auparavant, ni n’était un expert en tennis. Néanmoins, il s’est immergé dans la psychologie des personnages pour développer leur apparence, qui évolue d’une tenue sportive à des marques de luxe.
« J’ai déjà vu Zendaya porter mes créations sur des tapis rouges, et la voir se transformer en Tashi était magique, » déclare-t-il.
Pour le personnage de Patrick, joué par Josh O’Connor, Anderson s’est inspiré du regretté John F. Kennedy Jr. : « C’est l’un des plus charismatiques de l’histoire. Patrick avait besoin de ce mélange d’assurance et d’insouciance », explique Anderson.
Pour le personnage principal de "Queer", le réalisateur a de nouveau fait appel à Anderson pour créer un vestiaire unique, puisé dans la mode masculine des années 50. Chaque pièce devait pouvoir tenir dans des valises, car les personnages parcourent l’Amérique Latine. Anderson précise : « Tout devait être historiquement précis, des sous-vêtements aux chaussettes. »
Alors que le personnage de Daniel Craig, William Lee, sombre de plus en plus dans la drogue, ses vêtements évoluent également, passant de blanc cocaine à noir. Anderson souligne que le costuming de films s’apparente à la conception d’un défilé de mode : « Cela implique de bâtir des personnages. Quand je fais un défilé, je raconte une histoire avec 50 silhouettes en 15 minutes, un peu comme dans le cinéma, où l’on veut que le public s’attache à ces personnages. »
Il souligne également l’importance de sa collaboration avec les acteurs et le réalisateur. « Luca est un très cher ami, je ferais n’importe quoi pour lui. Travailler sur "Queer" et "Challengers" était une expérience gratifiante, car je n’étais pas le patron là-bas, j’étais là pour réaliser leur vision. »
Guadagnino a quant à lui déclaré que les réflexions d’Anderson dépassaient la simple question du costume, abordant des thèmes plus profonds tels que le sens de la vie dans le monde du sport et le défi d’adapter un roman queer célèbre à l’écran.
Jonathan Anderson se projette avec enthousiasme vers l’année à venir, remplie de nouvelles collections, de défilés et d’une nomination pour un prix de la guilde des costumiers. S’il se rend aux Oscars, il sait déjà ce qu’il souhaite porter : « J’aime le t-shirt avec un smoking. »
À l’avenir, il espère se lancer dans un nouveau projet cinématographique, idéalement en collaboration avec Guadagnino.
Bon à savoir
- Jonathan Anderson a fondé sa marque JW Anderson en 2008.
- Il est reconnu par le British Fashion Council comme le Designer de l’année.
- Anderson a déjà une expérience dans le design de costumes pour diverses productions théâtrales.
Le parcours de Jonathan Anderson nous rappelle l’interconnexion entre les arts, la mode et le cinéma. Alors que la mode évolue rapidement, ces collaborations créatives ouvrent la voie à de nouvelles formes d’expression artistique. Quel autre domaine pourrait bénéficier d’une telle synergie ?

Julien, j’adore l’approche créative de Jonathan Anderson! Sa capacité à fusionner mode et cinéma est vraiment inspirante, cela ouvre de nouvelles perspectives artistiques. Bravo pour cet article captivant!
Jonathan Anderson nous montre comment la mode et le cinéma peuvent se croiser de manière spectaculaire. Ses créations sont non seulement des vêtements, mais aussi de véritables récits visuels.