Ce film, intitulé *Love*, constitue le second volet de la trilogie séduisante du réalisateur et romancier norvégien Dag Johan Haugerud, explorant des thèmes relatifs aux relations humaines et à la psychologie dans un cadre d’Oslo, entre *Sex* et *Dreams*. Il s’agit d’un drame intimiste captivant, porté par des performances empreintes de chaleur et d’empathie, proposant une réflexion riche en idées tout en respectant l’intelligence de son public. La question centrale abordée est celle de l’amour : les personnes hétérosexuelles peuvent-elles tirer des enseignements de l’approche ouverte et polygame à la sexualité, que l’on suppose plus accessible à certaines personnes homosexuelles, et plus spécifiquement aux hommes gays ? Une telle idée serait-elle réductrice et naïve ?
Andrea Braein Hovig incarne Marianne, une consultante en urologie, dont le rôle est d’annoncer de mauvaises nouvelles à des patients atteints de cancer de la prostate. Célibataire (bien que son passé amoureux reste flou), elle est poussée par sa meilleure amie, Heidi (Marte Engebrigtsen), à se rapprocher d’un ami divorcé. Toutefois, Marianne se sent de plus en plus réfractaire à l’idée conventionnelle des rencontres et des relations, avide des récits de son aide-soignant Tor (Tayo Cittadella Jacobsen) concernant sa vie personnelle. Lors des traversées en ferry, il lui confie utiliser Grindr pour vivre des rencontres éphémères et palpitantes à bord.
Cependant, c’est Tor qui va éprouver des sentiments sincères pour l’une de ses rencontres – un patient urologique de l’hôpital –, tandis que Marianne s’engage dans des expériences d’ouverture, suscitant des inquiétudes chez ceux qui se sentent indirectement menacés. Certains des personnages semblent peut-être un peu trop idéalisés, et l’avertissement avisé de Marianne à Tor sur la précipitation à établir une relation “infirmière” avec un partenaire reste sans écho. La sensibilité de Haugerud rappelle celle d’Erick Rohmer, tout en faisant écho à Hong Sang-soo, avec une propension à discuter longuement, ce qui confère une dynamique surprenante au récit.
Bon à savoir
- La trilogie de Dag Johan Haugerud explore divers aspects de la vie amoureuse et des relations interpersonnelles à travers une approche cinématographique développée.
- Les thèmes de la sexualité et des relations modernes sont d’actualité, particulièrement dans le contexte des discussions contemporaines sur les identités de genre et les orientations sexuelles.
- Ce film peut susciter des réflexions sur la dépendance à la technologie dans les relations, notamment à travers l’usage d’applications de rencontre.
En somme, Love nous interpelle sur la manière dont les différentes approches de la sexualité peuvent enrichir notre compréhension des relations. Alors que certains personnages incarnent une vision optimiste des rencontres, d’autres éveillent des questionnements sur la profondeur et la complexité de l’amour. Cette dualité invite à une réflexion plus large sur nos propres attitudes face à la diversité des pratiques relationnelles dans notre société.
