Le message caché de Chainsaw Man
Le film d’animation, Chainsaw Man – The Movie: Reze Arc, se distingue par son imagerie métaphorique et son foreshadowing subtil, allant bien au-delà de l’arc original de Tatsuki Fujimoto. Toutefois, une métaphore se révèle particulièrement puissante, essentielle à la compréhension du message de l’œuvre, tant dans sa première que sa deuxième partie : l’allégorie des deux souris.
Lors d’un rendez-vous entre Reze et Denji à l’école, Reze pose une question intrigante à Denji : « Dis-moi, lequel préfères-tu ? La souris de la ville ou la souris des champs ? » Cette référence apparaît pour la première fois dans le chapitre 42 du manga Chainsaw Man et est reprise tout au long du film. L’allégorie des deux souris apporte des couches de signification à l’histoire et enrichit les personnages de manière souvent négligée.
Une allégorie révélatrice

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La question de Reze comporte une signification évidente et une autre plus subtile. En surface, l’histoire est simple et en apparence moralisatrice. Dans le film, Denji demande à Reze de préciser sa question, et le personnage d’Angel intervient pour expliquer qu’il s’agit d’une fable d’Ésope. Cette fable raconte que la souris des champs, bien que plus en sécurité, n’a pas accès aux délices de la ville, tandis que la souris de la ville, bien que pouvant savourer de bons mets, risque de mourir sous les griffes d’un chat ou d’un humain.
À la fin du récit, la morale est révélée : « Vivre dans la pauvreté avec sécurité vaut mieux que d’avoir tout en étant constamment dans la peur ». Ainsi, par le biais de Reze et Angel, Chainsaw Man remet en question cette morale, les personnages s’interrogeant sur le bien-fondé de cette conclusion.
Les personnages à travers l’allégorie des souris

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L’allégorie des souris souligne les valeurs de chaque personnage. Angel privilégie la simplicité et la sécurité de la maison de campagne, tandis que Denji désire l’aventure et les plaisirs de la ville. Ironiquement, malgré son attirance pour la souris de la ville, Denji fait écho à la souris des champs d’Ésope, ayant vécu dans la pauvreté et aspirant aux plaisirs de la ville. À la différence de son homologue de fable, Denji a expérimenté ce mode de vie mais en constate la valeur relative.
Quant à Reze, sa préférence pour la souris des champs révèle une profondeur surprenante. Bien qu’elle encourage Denji à explorer, elle représente une acceptation que la sécurité prime sur le risque. Sa situation tragique l’oblige à agir sous contrainte, ce qui complexifie son désir de liberté. Le film accentue cette lutte avec des motifs visuels, comme un avion qui passe, soulignant son souhait de s’envoler malgré ses peurs.
La tension entre ces perspectives prend tout son sens lorsque Makima, en interférant dans l’histoire, déforme également cette allégorie. Pour elle, la souris des champs est davantage un moyen de contrôler que de comprendre la vie humaine. Contrairement à Denji et Reze, elle ne possède pas cette humanité qui nuance les choix moraux.
Points à retenir
- Le film met en avant des thèmes de choix et de morale à travers l’allégorie des deux souris.
- Chaque personnage incarne des valeurs différentes, reflétant leurs vies et leurs expériences.
- La relation entre Denji, Reze et Makima illustre différentes perceptions de la sécurité et du risque.
- Les motifs visuels dans le film renforcent les thèmes émotionnels liés à la liberté et à la contrainte.
En réfléchissant à l’allégorie des souris, je ne peux m’empêcher de penser à l’impact que ces choix ont dans notre propre vie. En fin de compte, peut-être que la vie n’est pas une question de choix entre sécurité et aventure, mais plutôt un équilibre délicat entre les deux. Cela soulève d’importantes questions sur la nature même de nos désirs et de nos peurs. Sommes-nous véritables à nous-mêmes lorsque nous nous conformons à ce que nous pensons être le bon choix ? C’est un sujet qui mériterait d’être davantage exploré.
