TOKYO
– Les œuvres de manga et d’anime japonais ont été interdites lors de l’une des plus grandes conventions de bande dessinée de Chine, rapportent des médias de Hong Kong, dans le cadre d’une tension diplomatique persistante entre Tokyo et Pékin.
Les participants ont été informés de cette décision le 19 décembre, avant la convention Comicup, qui se tiendra le week-end prochain dans la ville de Hangzhou, près de Shanghai, selon le South China Morning Post (SCMP).
Les exposants et visiteurs ont été avertis par les organisateurs de l’événement qu’il y aurait un « ajustement à grande échelle » du contenu dans le sens d’un « nouveau style chinois », en raison de « l’environnement social actuel et de nos obligations culturelles », a précisé le journal de Hong Kong le 23 décembre.
Le rapport indique aussi que les zones d’exposition axées sur le contenu américain et européen semblent ne pas être affectées.
La convention Comicup présentera environ 7 000 stands et constitue un vaste marché pour les créateurs d’œuvres dérivées basées sur divers groupes de fans d’anime, de bandes dessinées et de jeux.
Bien que les organisateurs n’aient pas mentionné le Japon, plusieurs dizaines d’exposants affichant des contenus inspirés de l’anime japonais ont déclaré sur les réseaux sociaux que leurs stands avaient été annulés pour des raisons « bien connues de tous » et pour des « facteurs échappant à leur contrôle », selon le SCMP.
Une exposante, dont le stand devait présenter des œuvres du manga japonais « Let’s Go Karaoke ! », a confié : « Je me sens complètement impuissante et triste. »
Ce conflit entre les deux voisins asiatiques découle des déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi en novembre, qui ont suggéré qu’une attaque sur Taïwan pourrait constituer une « situation menaçante pour la survie » du Japon, ce qui ouvrirait la voie à une intervention des forces d’autodéfense.
Pékin a riposté en conseillant à ses citoyens de ne pas se rendre au Japon, en suspendant les importations de fruits de mer en provenance de ce pays voisin et en annulant des événements culturels mettant en vedette des artistes japonais.
Points à retenir
- La prohibition des contenus japonais lors de la Comicup est une conséquence d’une tension diplomatique en cours.
- Les organisateurs ont évoqué un changement vers un « style chinois » en réponse à des « obligations culturelles ».
- Des exposants japonais se sentent lésés, certains déclarant avoir réduit la portée de leurs créations.
- Ce conflit est exacerbé par des déclarations politiques entre le Japon et la Chine concernant Taïwan.
- Les restrictions n’affectent pas les contenus américains ou européens, suggérant un traitement différencié.
Il est crucial de s’interroger sur les implications culturelles et économiques de telles décisions. La scénarisation de la culture populaire à travers un prisme nationaliste soulève des questions sur l’avenir des échanges culturels entre les pays. En tant qu’obsédé par l’évolution de la culture mondiale, je ne peux m’empêcher de me demander si le dialogue et la compréhension mutuelle ne devraient pas prévaloir sur les tensions politiques. De quelle manière ces dynamiques influencent-elles la créativité des artistes et la diversité des œuvres disponibles pour les fans ? Il est temps de réfléchir à la façon dont l’art pourrait servir de pont plutôt que de barrière.