dim. Juin 14th, 2026

La célèbre maison d’édition Shogakukan Inc. essuie des critiques croissantes après avoir intégré un auteur reconnu coupable de violences sexuelles envers une ancienne élève dans son application Manga One. Celui-ci a pu publier de nouvelles œuvres sous un pseudonyme différent.

Le scandale s’est amplifié alors que l’entreprise a admis avoir également engagé un autre auteur précédemment condamné pour agression indécente, également sous un pseudonyme.

Cette situation a entraîné des excuses publiques, le lancement d’une enquête interne, ainsi qu’une réaction négative d’autres créateurs de manga, certains d’entre eux retirant leurs œuvres de la plateforme Manga One.

UN JUGEMENT ACCABLANT

L’affaire a émergé suite à un jugement du tribunal de district de Sapporo, en date du 20 février. Ce dernier a établi qu’un ancien enseignant d’un lycée privé avait abusé de son autorité pour agresser sexuellement une ancienne élève, lui ordonnant de verser 11 millions de yens (environ 70 000 dollars) en dommages et intérêts.

Le prévenu, un artiste de manga utilisant le pseudonyme Shoichi Yamamoto et créateur de la série “Daten Sakusen”, a été sommairement inculpé en février 2020 pour des violations liées à la prostitution et à la pornographie juvénile. Il a été condamné à une amende de 300 000 yens pour avoir utilisé l’exploratrice comme sujet.

Shogakukan a suspendu la publication de “Daten Sakusen”, annonçant le 1er octobre 2022 que la distribution de l’œuvre prendrait fin ce mois-là.

UNE CONTINUITÉ SOUTERRAINE

Cependant, la société a poursuivi l’embauche de Yamamoto. En décembre 2022, un nouveau manga dont il avait rédigé l’histoire, intitulé “Jojin Kamen”, a débuté sa publication sur Manga One sous un nouveau pseudonyme, “Hajime Ichiro”.

La plaignante a déposé une plainte civile auprès du tribunal de Sapporo en juillet 2022, demandant des compensations pour le préjudice psychologique causé par l’agression. Le tribunal a reconnu qu’il avait abusé de son pouvoir et enfreint le droit à l’autodétermination sexuelle de la plaignante.

UN ÉDITEUR SOUS LES PROJECTEURS

Le jugement a également révélé la participation d’un éditeur de Shogakukan, qui aurait proposé des termes de règlement lors des discussions entre Yamamoto et la victime.

Le 27 février, Shogakukan a reconnu qu’il n’aurait jamais dû engager Yamamoto en tant qu’écrivain et a présenté ses excuses à la victime. La société a suspendu la distribution de “Jojin Kamen” et interrompu l’expédition des volumes collectés.

Le lendemain, Shogakukan a annoncé la mise en place d’un comité d’enquête incluant des avocats extérieurs pour examiner les conditions de l’engagement.

UN NOUVEAU CAS RÉVÉLÉ

La situation a pris une tournure plus grave le 2 mars, lorsque Shogakukan a révélé qu’il avait également embauché un auteur avec un casier judiciaire pour agression indécente, le scénariste de la série “Seiso no shinrishi”.

Cette personne, désormais connue sous le pseudonyme Miki Yatsunami, n’est autre que Tatsuya Matsuki, qui avait précédemment écrit le manga “act-age” pour Shueisha Inc.

Matsuki avait été arrêté en août 2020 pour agression indécente, ce qui avait engendré l’annulation de la série. Il avait par la suite reçu une peine de prison avec sursis.

Le département éditorial de Manga One a expliqué qu’il avait décidé d’engager Matsuki après avoir confirmé que sa peine avait été validée, que sa période de probation était terminée et qu’il avait montré des remords.

Le 2 mars, Shogakukan a temporairement suspendu les mises à jour de “Seiso no shinrishi”. La société a également décidé de créer un comité de tierces parties pour examiner ses procédures de recrutement d’auteurs.

IMPACT SUR L’INDUSTRIE

Lancé en 2014, Manga One a accompagné l’essor rapide du marché des e-comics au Japon, qui a connu une immense croissance, passant de 88,7 milliards de yens en 2014 à 527,3 milliards de yens en 2025, selon l’Institut de la science de l’édition.

Points à retenir

  • Shogakukan a admis avoir embauché deux auteurs condamnés pour des crimes à caractère sexuel.
  • Une enquête interne a été ouverte après la révélation des abus par Yamamoto.
  • Des excuses publiques ont été présentées par l’entreprise.
  • Le manga “Jojin Kamen” et “Seiso no shinrishi” ont vu leur distribution suspendue.
  • Shogakukan envisage des changements dans ses procédures d’engagement d’auteurs.

En tant que passionné de la culture manga, je trouve cette situation déconcertante. Il est impératif que les acteurs du milieu prennent conscience des conséquences de leurs choix. La réputation d’une maison d’édition ne devrait pas seulement se construire sur des chiffres de ventes, mais également sur l’éthique. Evolution ou stagnation, quel futur pour l’industrie ? C’est une question à laquelle chacun d’entre nous doit réfléchir.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *