Alors que l’animation japonaise triomphe au box-office, trois films d’animation coréens ravivent l’espoir d’une percée pour l’industrie locale
Dernièrement, les salles de cinéma coréennes sont envahies par l’animation japonaise. Au mercredi, “Demon Slayer: Infinity Castle” a attiré 5,47 millions de spectateurs grâce à un parcours exceptionnel de deux mois, se rapprochant de “Suzume” pour devenir le film d’animation le plus rentable de tous les temps en Corée. Parallèlement, “Chainsaw Man – The Movie: Reze Arc” a enregistré 2,26 millions de vues depuis sa sortie le 24 septembre, conservant la première place des classements pendant des semaines.
Ces chiffres témoignent d’une domination absolue, laissant les fans d’animation locale en attente du jour où leur propre industrie saura captiver le public de manière similaire. Bien que ce jour ne soit pas encore arrivé, l’animation coréenne mérite d’être davantage mise en lumière. Ces trois films illustrent le potentiel de l’animation en Corée alors qu’elle continue d’évoluer.
“Leafie: A Hen into the Wild” (2011)

Adapté du livre illustré à succès d’Hwang Sun-mi, ce récit touchant suit une poule élevée en batterie, Leafie, qui s’échappe de sa cage pour découvrir le prix à payer pour sa liberté. En fuyant la ferme, elle se retrouve à s’occuper d’un caneton orphelin dont les parents ont été victimes d’un fouine à œil unique qui rôde dans la campagne.
Ce qui aurait pu n’être qu’un simple conte pour enfants se transforme en une œuvre plus dense et réfléchie sous la direction d’Oh Sung-yoon. Le film évoque la dure réalité de la nature sans jamais tomber dans le prêchi-prêcha, mêlant une chaleur authentique à sa réflexion sur la maternité, l’identité et le sentiment d’appartenance.
Les visuels inspirés par l’aquarelle ont été récemment remis au goût du jour grâce à la technologie IA, apportant une nouvelle clarté à ces paysages pastoraux déjà lumineux. Plus de dix ans après sa sortie, il reste le film d’animation d’origine coréenne le plus réussi, ayant attiré 2,2 millions de spectateurs — un rappel que les récits locaux peuvent trouver leur public s’ils en ont l’opportunité.
Disponible sur Netflix avec sous-titres en anglais.
“The King of Pigs” (2011)

Avant de se faire connaître avec le succès mondial “Train to Busan”, Yeon Sang-ho avait réalisé des œuvres d’animation plus petites, ancrées dans les brutalités du quotidien. Ce premier film, présenté à Cannes en 2012, a suscité l’attention internationale.
Le film s’ouvre sur les retrouvailles de deux amis après quinze ans, leur conversation les entraînant dans des souvenirs de harcèlement scolaire. Dans cette école, les enfants riches (les “chiens”) terrorisent leurs camarades moins favorisés (les “cochons”) sans crainte. L’œuvre fait écho à “La Fable des abeilles” de Golding, poussant la violence à des extrêmes vraiment dérangeants.
Les esthétiques volontairement rudimentaires accentuent la noirceur de cette histoire. Yeon utilise l’animation pour concentrer la réalité de manière presque insupportable. Cette vision provocante rappelle que l’animation peut aborder des sujets que la fiction live n’oserait pas traiter avec une telle intensité.
Disponible sur Apple TV dans certaines régions avec sous-titres en anglais.

Située nominalement dans les années 1970, mais remplie de détails anachroniques, cette œuvre d’animation dessinée à la main fonctionne davantage comme un rêve flou de l’adolescence. L’histoire suit Yi-rang, une ancienne coureuse de relais ayant abandonné la compétition, alors qu’elle expérimente ses premières amours et amitiés dans la Corée rurale.
Le style rétro laisse une impression indélébile. La palette aquarelle façonne un monde à la fois spécifique et universel, tandis que les détails brouillés capturent la nostalgie non pas comme un enregistrement historique précis, mais comme un collage émotionnel. L’équipe a consacré 11 ans à l’animation, et ce travail patient se ressent dans chaque détail magnifiquement rendu.
Le co-réalisateur Ahn Jae-hoon, figure centrale de l’animation locale, s’est par la suite consacré à l’adaptation de classiques littéraires coréens. Cette sensibilité littéraire imprègne chaque image — le film avance au rythme tranquille de la mémoire, révélant la beauté des petits moments coréens qui se lient à ces mêmes traditions littéraires.
Disponible sur la plateforme locale Wavve et Apple TV dans certaines régions sans sous-titres en anglais.
Points à retenir
- Les films d’animation coréens gagnent en notoriété face à la popularité de l’animation japonaise.
- “Leafie: A Hen into the Wild” se distingue par son approche authentique et touchante du thème de la maternité.
- “The King of Pigs” aborde des problématiques sociales à travers une animation délibérément austère.
- “Green Days” mélange esthétisme et nostalgie, représentant avec finesse l’adolescence coréenne.
- Ces œuvres démontrent que l’animation peut traiter des sujets profonds sans compromettre leur accessibilité.
En fin de compte, il est fascinant de constater comment l’animation, une forme d’art souvent perçue comme légère, peut s’attaquer à des thèmes profondément humains. Ces films coréens montrent que l’animation peut rivaliser avec d’autres genres, apportant une diversité de voix et de perspectives qui enrichissent notre compréhension du monde. Cela suscite en moi une réflexion sur l’évolution de cette industrie et sur les histoires passionnantes qu’elle pourrait encore nous révéler. Qu’en pensez-vous ?
