Dans une île célébrée pour sa richesse culturelle et son histoire musicale, la création d’un film d’animation sous forme de moyen métrage n’avait encore jamais eu lieu. Cela change avec “Oskär”, un projet ambitieux porté par le réalisateur portoricain Ariel Orama, qui se trouve dans les dernières étapes de production. Cette œuvre originale, poétique et profondément humaine, constitue une première dans le paysage cinématographique de Porto Rico.
“Oskär n’est pas un court métrage (15 minutes ou moins), ni une série, mais un film d’animation au format moyen métrage (entre 15 et 30 minutes)”, explique Orama, qui est le créateur, le directeur et le producteur exécutif du projet. “Ce n’est pas une adaptation, ni un comic, ni un musical, ni une pièce de théâtre. C’est un concept totalement original”. Selon Orama, ce projet alliant animation numérique et éléments musicaux représente un tournant dans le cinéma portoricain.
Oskär est un projecteur de cinéma doté d’intelligence artificielle qui embarque dans un voyage émotionnel et visuellement captivant à travers 21 lieux différents, cherchant sa famille, son identité et son but. “Nous avons voulu rendre hommage au projecteur de cinéma. Nous n’avons trouvé aucune autre production animée où il était le personnage principal. Nous l’avons nommé Oskär en hommage au prix, mais aussi parce que cela signifie ‘lance de Dieu’ ou ‘aimé des cerfs’”, précise Orama. “Cet aspect des cerfs dans la forêt et la lance de Dieu sont des éléments présents dans ce personnage”.
Au fil de l’histoire, Oskär visite des lieux emblématiques comme le Yunque à Porto Rico, un aquarium en Floride et même une grotte avec des hiéroglyphes en Inde. “Nous mettons également en exergue la frontière entre le Mexique et la Californie, car c’est un sujet qui me tient à cœur concernant l’immigration aux États-Unis”, ajoute le scénariste qui a côtoyé des immigrants lors de ses études à Los Angeles. “Ces personnes ont vécu des histoires inimaginables”.
Objectifs à long terme
Initialement, le film était prévu comme un long métrage. Cependant, il a été réduit à 30 minutes pour son lancement. “C’est toujours un film, pas un court métrage. Même avec 30 minutes, c’est une œuvre complète, qui peut évoluer”, souligne Orama, qui prévoit d’initier sa participation aux festivals de court et moyen métrage. Le premier festival qu’il envisage est le Festival International de Cinémas Latinos en Uruguay, où il a déjà reçu une invitation.
“Oskär est plus qu’un projet. C’est un accomplissement historique pour Porto Rico. C’est un privilège de pouvoir affirmer que l’île a désormais un film d’animation au format moyen métrage”, déclare le cinéaste, qui a déjà présenté plusieurs de ses courts métrages au Festival de Cannes. “Il est difficile de produire des projets ici. Mais ce film prouve que c’est possible”.
Bien qu’Oskär soit conçu comme un moyen métrage, Orama n’exclut pas d’éventuellement l’étendre à plus de 40 minutes pour en faire un long métrage. “Nous sommes ouverts à l’opportunité d’un financement. Nous avons suffisamment de contenu pour approfondir l’histoire sans perdre le message”, révèle-t-il. “Nous explorons des pistes de financement possibles qui nous aideraient”.
Concernant sa projection à Porto Rico, Orama anticipe que cela se déroulera l’année prochaine, probablement lors des festivals organisés dans l’île au second semestre.
Au-delà du format et des festivals, Orama souhaite que son projet “Oskär” véhicule des messages humanistes. “Le cinéma peut être un outil de guérison. C’est un pouvoir que j’ai constaté grâce à ma formation en tant que psychologue”, dit-il, ayant réalisé plusieurs courts métrages à portée sociale. “Oskär”, avec sa personnalité et ses personnages, illustre parfaitement cette capacité”.
Points à retenir
- Oskär, film d’animation unique, représente un tournant pour le cinéma portoricain.
- Cette œuvre imaginée par Ariel Orama invite à explorer des thèmes profonds tels que la quête d’identité.
- Le film a réduit sa durée initiale à 30 minutes pour s’adapter à un format de moyen métrage, tout en gardant son essence narrative.
- Orama vise à étendre la durée du film si un financement adéquat se présente à lui.
- Le projet met en lumière les enjeux de l’immigration ainsi que d’autres problématiques sociales à travers une narration captivante.
En tant que passionné de cinéma, je ressens une grande excitation à l’idée de voir un tel projet émerger depuis Porto Rico. “Oskär” ne se contente pas d’être un simple divertissement ; c’est un appel à la réflexion sur notre humanité et notre intégration collective. Ce film pourrait bien inspirer d’autres créateurs à explorer des récits tout aussi pertinents. La voie est longue, mais chaque pas compte dans l’évolution de l’art cinématographique.
