sam. Juin 13th, 2026

Depuis des années, on plaisante sur le fait que les morceaux les plus difficiles de Metallica pour Lars Ulrich sont l’intégralité du répertoire du groupe. Au fil de l’évolution de Metallica, de nombreux batteurs réputés ont critiqué les talents de Lars, au point que le groupe avait même envisagé de le remplacer à la fin des années 80. Pourtant, Ulrich a su maintenir le cap de Metallica à travers toutes les évolutions du groupe, même si certaines de leurs œuvres les plus complexes continuent de le mettre à l’épreuve.

Il faut dire qu’Ulrich n’est pas vraiment porté sur la pratique. Connu pour son activité médiatique, il préfère souvent discuter au téléphone ou donner des interviews juste avant de se retrouver en salle de répétition. Bien que ce comportement puisse agacer certains artistes, sa passion a contribué à faire de Metallica un véritable monument culturel.

Après le décès de Cliff Burton, même Ulrich a ressenti une incertitude. Burton était essentiel à l’identité sonore du groupe, et même si Jason Newsted s’est très bien intégré, rien n’était comparable aux riffs emblématiques de Burton. Les temps changeaient également dans la scène métal, et Metallica s’apprêtait à donner une nouvelle dimension à son album And Justice For All.

In memoriam de leur bassiste disparue, le groupe a mis les bouchées doubles pour cet album, cherchant à composer les morceaux les plus ambitieux de leur carrière. Leurs créations s’orientaient davantage vers le métal progressif que vers le thrash traditionnel, avec des morceaux dépassant souvent les six minutes, chaque riff étant plus complexe que le précédent.

Le titre d’ouverture, ‘Blackened’, a lancé le projet de manière frappante, avec un début de guitares jouées à l’envers qui précède la montée en puissance du riff principal en mesure 7/4. Ce morceau marquait également la première contribution significative de Newsted à Metallica, qui a proposé le riff emblématique et la signature de temps qui traverse les couplets.

Bien qu’Ulrich soit réputé pour son jeu énergique sur Master of Puppets, il admet avoir des difficultés à jouer ‘Blackened’ en live, précisant : “Il faut vraiment être attentif à tous les départs, arrêts et changements de tempo. J’angoisse à l’idée de me tromper.”

Le passage constant entre les tempos n’était pas le fruit du hasard. En travaillant sur les arrangements, le groupe associait souvent des riffs pour faire émerger leurs idées, ce qui donnait des morceaux qui ressemblaient à des medleys tout en s’inscrivant dans un thème central. Malgré l’excellente référence que leur avait donnée la fin des années 80, ils admettaient avoir besoin de directives pour avancer dans leurs projets.

Jason Newsted a partagé avec Songfacts les débuts de ‘Blackened’ : “Nous étions dans mon petit appartement d’une chambre. J’avais mon Tascam à quatre pistes dans le coin, et nous jouions des riffs. J’ai joué celui de ‘Blackened’, et il a dit, ‘Hé, c’est quoi ça ?’ Parce que c’était plutôt audacieux. L’idée originale était très rapide et alternait. La version qui est finalement sur l’album est aussi complexe, mais l’original l’était encore plus.

Nous avons enregistré ce passage et il a proposé de le construire ainsi et ainsi. C’était un moment clé. Composer un morceau avec James de Metallica et avoir son approbation sur mes riffs, c’était un grand moment pour moi.”

Malgré les longues durées et la manière dont Ulrich a minimisé les parties de basse de Newsted sur l’album, Bob Rock a été engagé pour produire leur disque suivant, les propulsant vers des sommets qu’ils n’auraient jamais imaginés avec The Black Album. Si certains titres comme ‘One’ et ‘Harvester of Sorrow’ sont devenus des incontournables de leurs concerts, Ulrich est souvent dans ses pensées sur ce qui vient ensuite dans ‘Blackened’ lorsqu’il le retrouve en setlist.

Points à retenir

  • Lars Ulrich a souvent été critiqué pour ses compétences à la batterie, mais son influence dans le groupe est indéniable.
  • Le passage de Cliff Burton à Jason Newsted a changé la dynamique de Metallica.
  • ‘Blackened’ a marqué un tournant dans l’écriture musicale du groupe, incorporant des éléments de métal progressif.
  • Les arrangements complexes résultaient d’un processus collaboratif souvent improvisé.
  • Jason Newsted a joué un rôle clé dans la création de ‘Blackened’ avec son riff signature.

À titre personnel, je trouve fascinant de voir comment la créativité d’un groupe peut évoluer à travers les épreuves et les pertes. Metallica, en cherchant à innover tout en se respectant eux-mêmes, rappelle à chacun de nous l’importance de l’adaptabilité face aux défis. Leurs œuvres invitent à réfléchir sur la manière dont l’art est toujours en mouvement, se nourrissant des expériences de vie. Que peut-on apprendre de cette histoire sur notre propre parcours créatif ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *