
(Crédit : Far Out / Alamy)
Peu de rockeurs classiques peuvent rivaliser avec la passion que Jeff Lynne voue aux Beatles. Depuis les années 1980, Lynne semble vivre le rêve de tout fan des Fab Four, celui qu’ils nourrissaient dès leur première écoute de « She Loves You ». Mais même s’il a toujours été un admirateur inconditionnel, il avait conscience dès le départ que le groupe légendaire n’était pas la seule force musicale de son temps.
Au commencement, les Beatles n’étaient encore que ce qu’on pourrait qualifier de groupe de garage typique, jouant dans des lieux comme le Cavern Club. Ce n’est qu’en entrant en studio avec George Martin qu’ils ont véritablement révolutionné la musique, à l’instar de grands compositeurs classiques tels que Bach ou Beethoven pour leur époque. Des morceaux comme « A Day in the Life » ont ainsi secoué le monde du rock en profondeur.
Jeff Lynne, lui, a eu la chance d’observer de près ce processus, d’abord avec ses propres groupes, The Idle Race et The Move, puis en croisant la route des Beatles dans les studios. Assister aux sessions de « Glass Onion » fut pour lui une occasion rare de percer le secret des magiciens de la musique qu’il admirait tant.
Les Beatles ne se contentaient pas de puiser leur inspiration uniquement entre eux ; ils étaient de grands auditeurs, fascinés par une grande diversité d’artistes. Des icônes comme Little Richard ou Carl Perkins ont marqué leurs débuts, tout comme des contemporains novateurs comme The Byrds. Cependant, aucun album ne semblait aussi marquant pour eux que Pet Sounds des Beach Boys.
Reconnus pour leur maîtrise du surf rock, les Beach Boys et surtout Brian Wilson, cherchaient à bien plus qu’un simple succès commercial : ils voulaient toucher l’âme du public. À l’écoute de ce chef-d’œuvre, Lynne a réalisé que l’ingéniosité musicale ne se limitait pas aux Beatles.
Pour lui, même si les Fab Four restaient une référence absolue, Pet Sounds rivalisait en qualité. Lynne explique : « J’ai évidemment beaucoup parlé avec les Beatles, mais j’aime chaque morceau de Pet Sounds ; ils sont tous d’égale valeur. Je ne saurais en choisir un seul tant les arrangements étaient innovants à l’époque. Je me souviens que c’était en 1966, et par moments, ça ressemblait à un ancien orchestre de danse. J’étais bluffé ! »
Malheureusement, la carrière de Wilson a été entravée par des luttes personnelles contre sa santé mentale. S’il avait pu répondre immédiatement à Sgt Pepper avec son projet Smile, le monde aurait assisté à un échange musical encore plus audacieux entre deux des plus grands groupes de l’histoire du rock.
Quand Lynne a eu l’occasion de collaborer avec Wilson sur son travail solo, il s’est montré profondément respectueux de son génie. Tandis que ses interactions avec les Beatles ressemblaient à des retrouvailles entre vieux amis, travailler avec Brian Wilson relevait davantage du défi pour suivre le flot impressionnant de ses harmonies.
Points à retenir
- Jeff Lynne voue une admiration profonde aux Beatles, mais il reconnaît la richesse musicale qui existait autour d’eux.
- Au départ, les Beatles étaient un groupe modeste avant de révolutionner la musique en studio.
- Lynne a pu observer ce processus intime en assistant à leurs sessions d’enregistrement.
- La musique de Brian Wilson et des Beach Boys, notamment avec l’album Pet Sounds, a également marqué Lynne par son innovation et sa qualité.
- La santé mentale de Wilson a compliqué la réalisation de son projet Smile, qui aurait pu être une réponse majeure à Sgt Pepper.
- Travailler avec Wilson demande une implication intense, notamment pour suivre la complexité de ses harmonies.
En somme, Lynne nous rappelle que, derrière la légende des Beatles, la musique est un dialogue constant entre artistes qui s’inspirent et se répondent. Dans ce vaste cosmos musical, il est fascinant de voir que même les géants restent humbles face à la créativité de leurs pairs.
Et puis, entre nous, si écouter des disques aussi marquants ne nous rend pas un peu curieux de savoir qui aura le dernier mot dans cette éternelle joute musicale, alors je ne m’y connais pas… Mais avouons-le, rester spectateur, c’est parfois le meilleur moyen de profiter du spectacle !
