mer. Juin 24th, 2026

Dans sa dernière session du Red Hand Files, Nick Cave s’est prêté à l’exercice des réponses courtes et tranchées, abordant des sujets aussi variés que la perspective d’un grand concert des Bad Seeds à Brighton, les critiques sur son usage de l’intelligence artificielle (IA) ou encore son avis sur le groupe Amyl and the Sniffers.

Ce format, apprécié de ses fans, consiste en une série de 50 questions, auxquelles Cave répond simplement par « oui », « non », « je ne sais pas » ou une formule plus directe, ce qui donne un caractère à la fois léger et percutant à l’échange.

Sur la question d’une possible performance majeure des Bad Seeds l’année prochaine dans sa ville, Brighton, il répond sans ambiguïté par un « oui ». Il partage également un avis favorable sur Amyl and the Sniffers, exprimé dans un simple « oui ».

La question de l’IA a suscité plus de tension. Alors que Cave avait auparavant qualifié l’utilisation de l’IA dans une vidéo célébrant les 40 ans de la chanson « Tupelo » de « terriblement troublante », il reconnaît désormais une forme d’évolution dans son regard. Cette vidéo, conçue à l’insu du chanteur par le réalisateur Andrew Dominik, mêle images d’archives d’Elvis Presley reconstituées grâce à l’animation par IA.

Malgré une première attitude sceptique, Cave a fini par admettre avoir été touché par cette création : « J’ai trouvé cette interprétation d’une profondeur remarquable, une réinvention émouvante et originale de ’Tupelo’, riche en mythologie, un hommage sensible à Elvis Presley et à la chanson elle-même. »

Il évoque également une sensation étrange, presque comme si Presley avait été ressuscité, notamment à travers les images finales évoquant une crucifixion, qui l’ont profondément marqué.

Dans cette approche nuancée, Cave laisse entendre que sa vision de l’IA dans l’art s’est assouplie, même s’il demeure prudent.

Après la sortie de leur album acclamé Wild God l’an dernier, Nick Cave et les Bad Seeds ont retrouvé la scène, notamment au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, où ils n’avaient pas tourné depuis 2018. Cette tournée fut un retour après l’annulation des concerts prévus en 2020 à cause de la pandémie.

Parallèlement, Nick Cave travaille également à de nouveaux projets. Avec Warren Ellis, il prépare la musique d’une adaptation télévisuelle de son roman The Death Of Bunny Munro et collabore avec Bryce Dessner de The National pour une chanson originale destinée au film Netflix Train Dreams.

Lors d’un précédent entretien, Cave avait confié que sa série de réponses via The Red Hand Files avait modifié sa perception de son public. Il décrit une évolution des concerts, où l’agressivité des débuts a cédé la place à une forme de communion, d’inclusivité, nourrie par l’échange et la recherche d’une forme de transcendance partagée entre artistes et spectateurs.

Points à retenir

  • Nick Cave privilégie la simplicité dans ses réponses, mêlant humour et franchise, ce qui rapproche fortement l’artiste de ses fans.
  • La perspective d’un grand concert des Bad Seeds à Brighton attire déjà l’attention, renforçant la place de la ville dans l’univers de Cave.
  • Le rapport de Cave à l’IA est ambivalent : d’abord critique, il considère désormais que certains usages, notamment artistiques, peuvent être puissants et émouvants.
  • Le choix d’intégrer des images animées par IA d’Elvis dans la vidéo « Tupelo » montre une hybridation entre hommage et technologie, ouvrant de nouvelles pistes créatives.
  • Les projets parallèles de Cave renforcent son rôle important dans la culture contemporaine, qu’il s’agisse de musique ou d’adaptations littéraires.
  • L’évolution de sa relation au public illustre une transition vers un partage plus profond et authentique, où l’expérience live devient un moment de communion subtile.

En somme, Nick Cave continue d’explorer les frontières entre tradition et innovation avec une honnêteté désarmante. S’il est toujours partant pour secouer les certitudes, il sait aussi se montrer touché par les surprises que le modernisme – y compris l’intelligence artificielle – réserve à l’art. Et avouons-le, voir le maestro à l’aise avec des avatars d’Elvis, c’est presque aussi inattendu que de le voir négocier avec l’IA sans décrocher le téléphone pour crier au scandale. À méditer : une fois qu’on a réveillé les morts numériques, jusqu’où va-t-on laisser la technologie jouer les maîtres ? Moi, je dirais qu’avec un peu de chance, elle nous fera danser un slow… avant de nous piquer la vedette. Mais bon, on a le temps d’y réfléchir, non ?


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