
(Crédit : Far Out / Alamy)
Durant les années 1970, Pink Floyd a connu une période relativement stable, malgré quelques tensions. Après le départ du chanteur original Syd Barrett à la fin des années 1960, le groupe s’est orienté vers des expérimentations musicales plus poussées, donnant naissance à des albums conceptuels qui ont marqué l’époque.
Mais dès la fin des années 1970, l’ambiance s’est alourdie, surtout à cause des différends opposant Roger Waters au reste du groupe. En 1981, fatigué de ces tensions, le claviériste Richard Wright quitte temporairement la formation. Il ne reviendra que lorsque Waters partira, laissant David Gilmour et Nick Mason prendre les rênes créatives du groupe.
Les désaccords ont notamment débordé lors de l’enregistrement de l’album The Wall, et la confrontation autour des choix artistiques a freiné la dynamique collective, entraînant des difficultés pour le groupe. On peut dire que cet album a marqué le début du déclin de Pink Floyd, tandis que The Final Cut est venu enfoncer le clou.
Vivre dans un groupe où chaque décision est remise en question n’est jamais simple. Pourtant, malgré leurs divergences, David Gilmour et Roger Waters, piliers créatifs du groupe, se retrouvent sur une passion commune : l’admiration pour un artiste en particulier, dont l’influence a profondément marqué leur écriture et leur approche musicale.
David Gilmour a exprimé son admiration pour Leonard Cohen lors d’un concert en ligne durant la pandémie, où il a repris des classiques comme « Marianne », « If It Be Your Will » et « So Long ». Dans une interview accordée à un grand magazine de musique en 2021, il confiait avoir découvert, en apprenant ces morceaux, à quel point Cohen était un guitariste remarquable. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les chanteurs-compositeurs se contenteraient d’accompagner leurs paroles à la guitare, Leonard Cohen maîtrise un style fingerpicking complexe, très difficile à reproduire. Gilmour louait également le talent incomparable de Cohen en tant que parolier.
De son côté, Roger Waters a évoqué Leonard Cohen lors de son passage dans l’émission très respectée Desert Island Discs. Il a désigné Cohen, aux côtés de Bob Dylan, comme l’une des plus grandes inspirations pour ses propres textes. Waters a particulièrement apprécié la chanson « Bird on the Wire », qu’il considère comme une œuvre simple, émouvante et brillante.
Malgré leurs différends passés, il est plaisant de voir que Gilmour et Waters se retrouvent aujourd’hui sur une passion partagée pour un artiste d’exception. Cette admiration commune pour Leonard Cohen n’était peut-être pas ce qu’on aurait imaginé, mais elle reste une connexion sincère et profonde.
Points à retenir
- Pink Floyd a connu une stabilité relative dans les années 70 malgré la séparation avec Syd Barrett.
- Les tensions internes, notamment entre Roger Waters et le reste du groupe, ont marqué la fin de cette période.
- Richard Wright a quitté temporairement le groupe en 1981 à cause de ces tensions, avant de revenir après le départ de Waters.
- Les albums The Wall et The Final Cut symbolisent l’apogée puis le déclin des relations au sein du groupe.
- David Gilmour et Roger Waters partagent une admiration commune pour Leonard Cohen, reconnu pour sa maîtrise de la guitare fingerstyle et ses paroles poignantes.
- Cette influence souligne l’importance de la poésie et de la profondeur lyrique dans la musique de Pink Floyd.
La complexité des rapports humains au sein d’un groupe de musique peut engendrer autant de succès que de déconvenues. Pink Floyd en est le parfait exemple, où les conflits n’ont pas empêché la magie de la création, ni plus tard le respect mutuel pour une même icône artistique. Peut-être que si Leonard Cohen avait été au cœur de leurs disputes, on aurait eu droit à des joutes poétiques plutôt qu’à des querelles infinies… Après tout, qui n’a jamais rêvé de régler ses différends en chantant sous la pluie, plutôt qu’en se lançant des regards assassins en studio ?
