
(Crédits : Far Out / Alamy)
Souvent, on aime penser que la musique et l’art en général récompensent avant tout le talent. Pourtant, ceux qui suivent l’industrie musicale savent que cette idée est bien simpliste. Par ailleurs, il suffit de considérer que le film Avatar de James Cameron est le plus grand succès commercial de tous les temps pour s’en convaincre.
Le succès dans le domaine artistique va bien au-delà du simple talent. Dans l’univers de la musique, au-delà d’être excellent, il faut aussi avoir une certaine allure. Bien que cela soit vrai depuis le début de la musique pop, cette tendance s’est accentuée dans les années 1980.
Avec l’avènement de MTV, le paysage musical a radicalement changé. Autrefois, les plus grands groupes devaient leur succès à la radio, mais cette nouvelle ère exigeait des artistes qu’ils soient visuellement attractifs, se pavanant dans chacune de leurs vidéos. The Cure, au départ, privilégiait leur musique sur l’esthétique, mais il était difficile de ne pas remarquer Robert Smith.
Né dans la scène punk, The Cure n’était pas destiné au grand public, mais ils ont introduit une touche gothique dans le rock qui avait rarement atteint les charts. Bien qu’ils n’aient jamais été aussi populaires que des icônes comme Madonna, la fin des années 1980 a marqué un tournant, permettant à la scène alternative de s’affirmer, tout en remportant des succès avec des titres comme ‘Boys Don’t Cry’ et ‘Just Like Heaven.’
À l’aube des années 1990, alors que le rock alternatif prenait son envol, Robert Smith a été déçu de voir son groupe perdre la première place des charts face à Adrenalize de Def Leppard. Lors d’une conférence de presse, Smith a exprimé son mécontentement, qualifiant Def Leppard de “faux” et admettant son aversion pour leur son.
Malgré les différences esthétiques, Def Leppard et The Cure partagent des influences similaires. Tandis que Smith était inspiré par le post-punk, Def Leppard se laissait influencer par le côté explosif du punk. Les deux groupes se sont croisés lors de leur intronisation au Rock and Roll Hall of Fame en 2018, et lors de son discours, Smith a adopté un ton bien plus conciliant, remerciant les membres du groupe et leurs contributions.
Depuis cette intronisation, Def Leppard a davantage embrassé la diversité du rock. Dans les années 2000, leur album de reprises Yeah! a inclus des titres de groupes tels que Queen et Mott the Hoople. Ils ont même revisité un morceau de Depeche Mode, témoignant d’un certain respect mutuel entre les band. Cependant, ne vous attendez pas à voir Robert Smith reprendre ‘Photograph’ bientôt.
Points à retenir
- La perception du talent dans l’art est souvent réductrice.
- Les années 1980 ont vu l’importance de l’esthétique croître dans l’industrie musicale.
- Des groupes comme The Cure ont su imposer une nouvelle esthétique gothique au rock.
- Des tensions peuvent exister entre artistes, mais le respect peut évoluer avec le temps.
- Le parcours musical de Def Leppard montre une polyvalence surprenante.
Pour ma part, je trouve fascinant de voir comment l’art et la musique sont traversés par des dynamiques parfois inattendues. Ces artistes, à la croisée des chemins entre talent et image, nous offrent une réflexion sur ce que signifie vraiment réussir dans le milieu. Ne sommes-nous pas tous, d’une certaine manière, des créateurs qui naviguons entre nos désirs artistiques et les attentes du monde qui nous entoure ?
