mer. Juin 24th, 2026

Beaucoup de seniors pensent que « tout le monde connaît les Beatles, tout le monde connaît John Lennon ». Pourtant, Sean Ono Lennon, fils du légendaire musicien et de l’artiste Yoko Ono, dément : « Je parle souvent avec des jeunes de la génération Z et certains ne savent pas faire la différence entre les Beatles et les Monkees, je vous jure. » Cette réalité souligne l’importance de sa nouvelle initiative, une édition luxueuse proposant 123 titres remastérisés réunissant John et Yoko au plus fort de leur engagement politique.

Cette sortie, qui fait écho au documentaire One to One: John & Yoko, retrace leur concert-caritatif de 1972 en soutien aux enfants de l’école Willowbrook de New York, victimes d’un scandale d’abus massifs, ainsi que leur vie radicale à Greenwich Village. L’intégrale offre des enregistrements parfaitement restaurés issus de cette période, avec la participation d’artistes prestigieux comme George Harrison, Eric Clapton, Frank Zappa, Stevie Wonder ou Keith Moon.

« Certains pensent qu’il faut arrêter de ressortir cette musique. Je ne suis pas d’accord, » affirme Sean. « J’ai le devoir de la faire vivre, de la restaurer au mieux et de susciter l’intérêt des jeunes. Ce n’est pas seulement pour moi ou mes parents, c’est pour le monde. On ne peut pas oublier John Lennon ni les Beatles. »

La ressemblance physique entre Sean et son père défunt est frappante. À 50 ans, il ressemble au John Lennon d’avant l’assassinat, à New York, 45 ans plus tôt. Musicien accompli, il a fait partie de groupes comme Cibo Matto, The Ghost of a Saber Tooth Tiger, et trouve un lien direct avec son héritage en reprenant le Plastic Ono Project, le groupe fondateur de ses parents.

« Il y a deux options, dit-il, soit on évite ce que nos parents ont fait, soit on l’embrasse pleinement. Pour moi, la musique a toujours été un moyen de me rapprocher de mon père. »

John et Yoko jouant ensemble lors du concert caritatif
John et Yoko réunis lors du concert de charité – Photo Michael Negrin

Sean parle aussi du rôle majeur de Yoko Ono. Longtemps incomprise, souvent injustement blâmée comme « celle qui a brisé les Beatles », elle est aujourd’hui reconsidérée comme une artiste et activiste radicale. « À l’époque en Angleterre, une relation entre un Britannique et une Japonaise était choquante. Et Yoko n’était pas juste un visage à côté de mon père : c’était une artiste extrêmement avant-gardiste, très en avance sur son temps. »

« Elle a été rejetée par ses propres parents à cause de son audace. On peut dire que le monde n’était pas prêt pour elle. »

Affiche de l'événement 'Power to the People'
Affiche de l’événement ‘Power to the People’

Sean souligne également la difficulté pour Yoko, confrontée à l’hostilité parfois injustifiée. « C’est une histoire complexe. Mais au fond, elle a été mal comprise pendant plus de cinquante ans. Aujourd’hui, les gens commencent enfin à la voir telle qu’elle est. »

Le récent succès du documentaire Get Back, produit par Disney+, a aussi contribué à faire évoluer cette perception en offrant une vision plus juste et intime de la dynamique au sein des Beatles, Yoko incluse.

Sean défend avec vigueur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la restauration sonore, une démarche parfois mal comprise. « Ce n’est pas pour créer de la musique, juste pour filtrer le bruit et améliorer la qualité des enregistrements. »

Sean Ono Lennon : ‘La musique m’a toujours rapproché de mon père’
Sean Ono Lennon : « La musique a toujours été mon lien avec mon père » – Photo Charlotte Kemp Muhl

Sur le plan politique, Power to the People montre un Lennon engagé, toujours fidèle aux valeurs de paix, d’amour et d’humour portées par ses parents. « Leur activisme venait de principes fondamentaux. Je pense que les militants d’aujourd’hui gagneraient à être plus chaleureux et drôles, plutôt que violents. »

Cependant, Sean exprime un certain scepticisme quant à l’impact réel des manifestations actuelles et des chansons engagées. Il rappelle que, malgré la plus grande marche pour la paix après le 11 septembre, l’invasion de l’Irak a eu lieu peu après. « Aujourd’hui, les gens sont plus cyniques, plus méfiants vis-à-vis des célébrités, ce qui est un peu sain. Mais je ne sais pas quelle est la solution. »

En résumé, Power to the People est une immersion dans une époque où la musique et l’engagement politique se mêlaient étroitement. Le message des Beatles et celui de John Lennon, héritage culturel éternel, méritent de rester vivants pour les générations à venir.

‘Power to the People’ sortira le 10 octobre via Universal Music Group.

Points à retenir

  • Sean Ono Lennon observe une méconnaissance croissante des Beatles chez les jeunes générations.
  • La récente réédition rassemble une sélection de titres marquants produits par John Lennon et Yoko Ono dans les années 70, une époque de forte implication politique.
  • Yoko Ono, longtemps mal comprise, est aujourd’hui mieux reconnue comme artiste avant-gardiste et activiste.
  • L’utilisation de technologies modernes comme l’IA a permis une restauration sonore de haute qualité sans altérer l’essence des morceaux.
  • Le message d’amour, de paix et d’humour porté par John et Yoko reste un idéal à promouvoir dans l’activisme contemporain.
  • Sean Lennon exprime un certain doute sur l’efficacité des protestations actuelles, soulignant une évolution du rapport entre musique engagée, célébrité et public.

Au-delà de la musique, c’est une réflexion sur le passage du temps et la transmission des idées qui s’impose ici. Comment préserver un héritage tout en laissant la place à de nouvelles voix ? Comment faire vivre aujourd’hui des messages vieux de plusieurs décennies dans un monde en constante évolution ? En tant que spectateurs et mélomanes, nous sommes invités à revisiter ces sons, ces engagements, pour peut-être y puiser une inspiration renouvelée.

Pour ma part, je trouve fascinant ce mélange d’audace artistique et d’engagement politique qu’incarne cette famille Lennon-Ono. Ça donne envie de ressortir le tourne-disque, d’écouter ces voix du passé pour mieux comprendre notre présent. Et qui sait, peut-être trouver l’étincelle pour écrire la prochaine chanson qui fera vibrer les générations futures ? Allez, à vos platines, la révolution est peut-être dans la musique !


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