Quand Napalm a annoncé que Lord of the Lost enregistrait une trilogie de 33 chansons, je ne me doutais pas que chaque album serait lancé si près les uns des autres. À peine quatre mois après la sortie de Opvs Noir Vol 1, voici Opvs Noir Vol 2, parfait pour la saison des cadeaux. Vol 1 m’avait introduit à ce groupe, ancien finaliste de l’Eurovision, et j’en étais ressorti séduit. Ainsi, je suis très impatient de découvrir ce nouvel opus, fraîchement sorti de notre boîte à promos de décembre. Avec une telle rapidité, on peut supposer que Lord of the Lost a composé les 33 morceaux de la trilogie d’un seul tenant, à la manière de Le Seigneur des Anneaux. On espère que Chris Harms et son équipe parviendront à maintenir la qualité de ce début prometteur.
Opvs Noir Vol 2 propose une suite à Vol 1, mais avec une plus grande cohésion. Du début à la fin, Lord of the Lost délivre un metal gothique/industriel mélancolique, agrémenté d’une forte touche pop. Les morceaux affichent d’emblée leurs intentions gothiques, avec de nombreuses cordes tristes, pianos, synthétiseurs et même quelques orgues, sans oublier la voix de Harms qui respire l’atmosphère gothique. En comparaison avec Vol 1, les collaborations avec d’autres artistes se font plus rares, et les titres s’éloignent peu de la formule Lord of the Lost. Cependant, deux invités se démarquent. Le rappeur finlandais Käärijä, connu pour sa participation à l’Eurovision 2023 avec “Cha Cha Cha”, insuffle une énergie unique sur le titre électro-industriel “Raveyard”. L’autre collaboration, avec Lena Scissorhands du groupe Infected Rain, brille sur “Would You Walk with Me Through Hell”, où leurs voix s’alternent harmonieusement jusqu’à une conclusion explosive, donnant le coup d’envoi à l’album de la meilleure des manières.
À travers les paroles et un son plus apaisé, Lord of the Lost dévoile une facette plus sensible. La forte présence du piano contribue à cette douceur, allant de la ballade “One of Us Will Be Next” à l’introduction au piano du titre plus entraînant “Scarlight”. Mais attention, cette sensibilité ne doit pas être confondue avec de la faiblesse – ces deux morceaux sont des pépites. Le début tout en douceur de “Scarlight” renforce l’impact lorsque le refrain s’élève en puissance. Harms chante avec empathie : “Dis-moi tes peurs, prends tout le temps qu’il te faut”, faisant vibrer notre cœur. Néanmoins, “One of Us Will Be Next” parvient à nous toucher encore plus, incitant à chanter à tue-tête, même si cela peut surprendre les passants. La combinaison de paroles bien écrites, de performances vocales touchantes et de passages instrumentaux cinématographiques crée un album empreint d’émotion.
Cette constante s’avère être une arme à double tranchant. D’un côté, elle donne une plus grande cohérence à l’album, mais de l’autre, elle peut être perçue comme un manque d’audace. Le milieu de Opvs Noir Vol 2 sent parfois le blues avec quelques titres, bien que corrects, qui manquent d’originalité (“The Last Star”, “What Have We Become”). La variété présente dans Vol 1 rendait l’écoute plus captivante, bien que Vol 2 siente comme un disque typique de Lord of the Lost. Certaines de ces chansons “plus sûres” demeurent captivantes grâce au charisme de Harms, qui enchante sur le final minimaliste “Sharp Edges”. De même, “Winter’s Dying Heart” se transforme en une belle ballade grâce à l’association de symphonies, de rythmes de guitare puissants et de l’interprétation de Harms. Vol 2 paraît plus mature, et même si maturité est souvent synonyme d’ennui, ici, elle confère une profondeur accrue.
Bien que j’attribue un score similaire, je placerais cet album juste en dessous de Opvs Noir Vol 1. Dans Vol 1, Lord of the Lost frôle l’excellence, alors que Vol 2 s’établit fermement dans la catégorie des très bons albums. Je préfère la diversité de l’album précédent, mais j’apprécie d’autant plus le nombre restreint de collaborations ici, ce qui permet une meilleure exposition de l’identité de Lord of the Lost. De plus, rien sur Vol 1 n’égale l’impact de “One of Us Will Be Next”, qui, sans conteste, est en lice pour le titre de ma chanson de l’année. En considérant la qualité constante des albums Opvs Noir à ce jour, j’attends avec impatience le dernier chapitre, qui sortira peut-être dans quelques mois.
Note: 3.5/5.0
DR: N/A | Format évalué: Streaming
Label: Napalm Records
Date de sortie: 12 décembre 2025
Points à retenir
- Consistency: L’album offre une expérience sonore plus cohérente que son prédécesseur.
- Collaborations: Moins de featuring, offrant un aperçu plus clair de l’identité du groupe.
- Sensibilité: La présence marquée du piano accentue les émotions, sans affaiblir l’énergie globale des morceaux.
- Maturité: Un pas vers une sonorité plus mature, apportant une profondeur aux compositions.
Il est fascinant d’observer l’évolution d’un groupe comme Lord of the Lost, qui réussit à maintenir une certaine magie tout en explorant des sonorités variées. Cela pose la question : jusqu’où peuvent-ils aller tout en restant fidèles à eux-mêmes ? J’ai hâte de voir comment cette trilogie se conclura et quelles émotions elle suscitera. La musique a ce pouvoir unique de nous toucher profondément, et Lord of the Lost semble bien déterminé à nous emmener avec eux sur ce chemin musical.
