Suzi Quatro fait une confession. À 75 ans, le temps a laissé ses marques, comme elle l’a partagé avec son public à Glasgow. Elle a perdu un pouce et mesure maintenant 1m55. “Mais,” s’exclame-t-elle avec un sourire, “je peux encore crier aussi fort.” En témoigne sa performance de “48 Crash”. Ce cri, à la fois puissant et libérateur, est emblématique de l’époque glam. Suzi, qui hurle ainsi depuis son adolescence dans les salles de danse de Detroit, conserve une fraîcheur adolescente, à la fois insouciante et ferme dans son cuir noir. Même lorsqu’elle interprète “Rockin’ in the Free World” de Neil Young en fin de premier set, elle parvient à remplacer l’angoisse par une sincérité galvanisante.
La première heure du concert est captivante et rythmée, mais le second set, plus long, s’enlise dans des morceaux moins marquants, des solos ennuyeux et des introductions interminables de son groupe de huit musiciens. Pire encore, Quatro parcourt sa carrière en s’aidant de photos : “Quinze ans sur BBC Radio 2. J’étais nommée pour le prix de la meilleure animatrice aux Sony Radio Awards.” Vous êtes-vous déjà demandé ce que cela donnerait si Alan Partridge présentait un diaporama au beau milieu d’un concert de rock ? Pas favorable, on pourrait dire.
Vers la fin de la soirée, elle enchaîne “Can the Can” et “Devil Gate Drive” ; il n’existe pas d’univers où cela ne crée pas une montée euphorique. Suit “If You Can’t Give Me Love”, une belle ballade country. Mais Quatro semble avoir du mal à trouver le moment de conclure. En interprétant “Sweet Little Rock & Roller”, des gens commencent à quitter la salle. Elle quitte la scène, semblant clore le spectacle, mais revient ensuite, serviette sur les épaules, s’asseyant au centre de la scène. Par un moment désagréable, on craint qu’elle ne nous livre encore des anecdotes sur sa vie dans le monde du spectacle. Mais non, c’est le dernier morceau : “Singing With Angels”, une douce hommage à Elvis Presley.
Ce spectacle gagnerait à être un peu raccourci. Peut-être pas d’un pouce, mais d’au moins un quart d’heure.
Points à retenir
- Suzi Quatro reste une icône du rock, avec une présence scénique marquante malgré les années.
- Son interprétation de morceaux classiques témoigne d’une sincérité qui touche le public.
- Le concert a alterné des moments forts et des parties moins engageantes.
- La nostalgie a joué un rôle important dans son spectacle, rappelant ses débuts.
- Le set aurait bénéficié de plus de dynamisme pour maintenir l’élan.
En tant que passionné de musique, j’ai été captivé par l’énergie indéniable de Suzi Quatro. Malgré quelques longueurs, il reste fascinant de voir comment elle parvient à transmettre autant d’émotion. Cela soulève la question de l’équilibre entre célébration d’un héritage musical et l’exigence d’un spectacle resserré. Chaque artiste doit trouver cette harmonie délicate. Qu’en pensez-vous ?
