En matière de musique symphonique, l’Italie possède un passé riche. Des œuvres emblématiques de Vivaldi aux compositions modernes d’Ennio Morricone, l’Italie a marqué l’histoire musicale de manière indélébile. Cela s’étend également à la scène du metal symphonique, avec des formations comme Ancient Bards et Moonlight Haze, jusqu’aux géants Rhapsody of Fire et Fleshgod Apocalypse. Les arrangements orchestraux peuvent transformer le metal en quelque chose de plus profond lorsque cela est bien réalisé.
Nefastis n’a pas démarré son parcours en tant que groupe de death metal symphonique. Leur premier album, De Diebus Fastis Nefastis Infaustis, sorti en 2014, était un mélange de death/thrash avec une touche progressive. Cependant, des changements de formation ont conduit le groupe à faire une pause prolongée. Douze ans plus tard, les fondateurs Andrea Lenzi et Simone Colombo ont réuni leurs forces, espérant renouveller Nefastis avec leur second opus, Shadows at the Light of Dawn.
Bien que des traces de leurs racines thrash demeurent, Shadows at the Light of Dawn s’affirme comme une œuvre de melodeath symphonique. Contrairement à l’approche flamboyante et opératique de Fleshgod Apocalypse, Nefastis propose un mélange plus subtil de death et de metal symphonique. Par exemple, “Tears of the Past” nous offre un excellent solo mélodique agrémenté d’instruments à cordes et d’une flûte. Ces morceaux, généralement à tempo moyen, laissent transparaître le côté thrash du groupe dans le titre plus énergique “Stardust”. Nefastis n’hésite pas à inclure des solos néoclassiques, comme dans l’ouverture “Cosmic Silence at the Edge of the New World”.
La structure de Shadows at the Light of Dawn, souvent interrompue par de longs interludes instrumentaux, empêche l’album de maintenir une continuité. Ces interludes, qui apparaissent tous les trois morceaux, font que Nefastis perd son élan chaque fois qu’il commence à se construire. De plus, ces interludes sont des chansons complètes, chacune durant environ trois minutes. Ils semblent également tonnairement décalés. Par exemple, “Absence of Illumination” propose une composition synthétique qui dénote avec des ambiances plus sombres de l’album.
Cette discontinuité se traduit malheureusement par un manque de cohérence. Des idées intéressantes se perdent dans des compositions parfois fades. Le thrash de “Stardust” apparaît comme une lueur dans des segments plus oubliables. Cependant, il y a assez d’éléments captivants pour tenir l’auditeur en haleine jusqu’à la fin de l’album. Le morceau final, “Flowers Swept Away by the Autumn”, se distingue par son éclectisme avec des sonorités proches des chiptunes et des riffs de power metal. Tout cela donne l’impression d’un groupe en quête de son identité.
Nefastis réussit à sonner à la fois comme un groupe de death metal symphonique classique et comme un groupe résolument original. En ce qui concerne les voix, Colombo livre des performances avec des râles black metal dérangeants. Contrairement à de nombreux groupes symphoniques qui intègrent des voix féminines, Nefastis choisit de se concentrer uniquement sur la voix de Colombo, jusqu’à ce que, perplexe, deux morceaux embarquent une chanteuse anonyme pour une trentaine de secondes. Ces passages sont parmi les plus mémorables de l’album. Nefastis a un potentiel considérable. Une fois qu’ils auront affiné leur style, ils pourraient rédiger quelque chose de véritablement spécial.
Évaluation : 2.0/5.0
DR : 6 | Format évalué : mp3 320 kbps
Label : Rockshots Records
Date de sortie : 6 mars 2026
Points à retenir
- L’album montre une tentative de renouvellement du groupe après une longue pause.
- Les influences symphoniques sont présentes mais davantage nuancées que chez d’autres formations du genre.
- Les interludes instrumentaux distraient parfois de la progression des morceaux principaux.
- Le potentiel de Nefastis pourrait s’épanouir dans un style plus cohérent à l’avenir.
- Les moments les plus marquants mettent en valeur les talents mélodiques et instrumentaux du groupe.
En tant que passionné de musique, je ne peux m’empêcher de réfléchir à cette quête d’identité qui semble animer Nefastis. Chaque album est un voyage, et celui-ci, bien qu’inégal, est rempli de promesses. J’espère sincèrement qu’ils continueront à explorer ces pistes et se concentreront sur l’essence de leur son. Il est fascinant de voir comment un groupe peut évoluer, et je suis impatient de les découvrir dans leurs prochaines aventures musicales.
