Le Conseil de l’Audiovisuel de la Communauté valencienne (CACV) a adressé une plainte officielle à la Commission Nationale des Marchés et de la Concurrence (CNMC) visant la plateforme Netflix. Cette démarche fait suite à la diffusion du documentaire « Baila, Vini », centré sur le footballeur du Real Madrid Vinicius Jr. Le régulateur valencien estime que ce contenu pourrait manquer de véracité en lien avec des propos à caractère haineux et demande l’ouverture d’une enquête.
Après analyse, le rapport du CACV relève des indices de manipulation audio et de sous-titrage intentionnel, donnant une image déformée des faits. Selon cet organisme, le documentaire prête à tort un comportement raciste à tous les supporters valencianistes présents lors du match opposant Valence au Real Madrid, comptant pour la 35e journée de Liga 2022/2023. Le Conseil souligne qu’une telle accusation indirecte atteint plusieurs dizaines de milliers de personnes sans preuve fiable. Le point litigieux apparaît précisément à la 4e minute du film, où des sous-titres rapportent un chant « mono, mono » lancé par la tribune de Mestalla à l’encontre du joueur brésilien. En réalité, d’après d’autres enregistrements de l’événement, le cri dominant aurait été « tonto, tonto » (imbécile, imbécile).
Le CACV rappelle que, étant un documentaire et non une œuvre de fiction, ce type de production se doit de respecter rigoureusement les faits. « Il est particulièrement grave que la véracité ne soit pas respectée, ou au moins vérifiée, et plus encore que la réalité soit déformée dans un but discursif », déplore le rapport. Outre la demande d’ouverture d’une enquête par la CNMC, le Conseil souhaite également que la plainte soit transmise au Groupe européen des régulateurs des services médiatiques audiovisuels (ERGA) ainsi qu’au Commissariaat voor de Media (CVDM), le régulateur des Pays-Bas où Netflix est implanté en Europe.
Cette plainte a été traitée par la Commission sur le caractère éducatif des médias et les droits des citoyens du CACV, qui exerce ses compétences en matière de surveillance et de protection des droits et valeurs constitutionnels dans les médias audiovisuels. Fort de son expérience sur ces enjeux, notamment avec le rapport « Discours de haine : liberté d’expression, réseaux sociaux et espace public » publié en 2023, le CACV insiste sur la responsabilité des créateurs et médias pour éviter que les discours haineux ne déforment la réalité. La décision a été adoptée en séance plénière en juillet 2025.
Points à retenir
- Netflix se retrouve sous la loupe du régulateur valencien à cause d’un documentaire polémique sur Vinicius Jr.
- Un prétendu chant raciste « mono, mono » serait en fait un malentendu, un « tonto, tonto » beaucoup moins grave – mais ça fait moins sensation.
- Le CACV rappelle que le documentaire se doit d’être fidèle aux faits, pas à une narration sensationnaliste.
- En plus de la CNMC espagnole, plusieurs instances européennes sont sollicitées pour examiner cette affaire.
- Le débat illustre la difficulté persistante à séparer la réalité des manipulations dans les contenus audiovisuels.
Voilà une affaire qui prouve, s’il en fallait, que la vérité n’est pas toujours la meilleure amie des plateformes de streaming. Entre vouloir montrer du sensationnel pour attirer l’œil et respecter les faits pour ne pas nuire à des milliers d’innocents supporters, le chemin est parfois tortueux. Alors, au fond, qui écrit l’histoire : les caméras, les sous-titres, ou simplement celui qui a le plus crié le plus fort ? Chez LesNews, on aime garder l’œil ouvert… et un brin malicieux !
