Le 25 avril 2025, l’adaptation cinématographique du jeu vidéo « To Daybreak » a fait son entrée dans les salles. L’accueil, pour le moins mitigé, s’est traduit par une critique moyenne avec un score de 53 % sur Rotten Tomatoes, 67 % d’avis positifs du public et une note de 5,7/10 sur IMDB. Cette production, loin d’être un échec total, a néanmoins déçu les attentes. Avec un budget modeste de 15 millions de dollars, ses 53 millions de dollars de recettes mondiales ne constituent pas un véritable gouffre, mais pas non plus un triomphe. En quelques semaines, le film semblait déjà retomber dans l’oubli.
Pourtant, « Jusqu’à l’Aube » connaît une seconde jeunesse sur les plateformes de streaming. Il se classe cette semaine comme la deuxième fiction la plus regardée sur Netflix aux États-Unis. Le public n’a peut-être pas été assez motivé pour le découvrir au cinéma, mais semble curieux de le regarder dans le confort de son salon.
Fait notable, les spectateurs semblent avoir fait preuve d’indulgence envers ce qui est souvent considéré comme le plus gros défaut du film : malgré son origine dans le célèbre jeu d’horreur « Until Dawn », le long-métrage suit une intrigue et des personnages radicalement différents. Ce changement a heurté les puristes du jeu, qui n’ont pas manqué d’exprimer leur frustration dans les commentaires sévères sous les bandes-annonces en ligne. Pour certains, donner le titre « Jusqu’à l’Aube » à cette adaptation relève presque du sacrilège.
Le film se trouve ainsi dans une position délicate, à la manière de « 10 Cloverfield Lane » : il emprunte le nom d’une œuvre précédente sans vraiment en respecter l’esprit, tout en ne bénéficiant pas du crédit attendu s’il avait été présenté comme une création originale.
« Jusqu’à l’Aube » : une adaptation libre des jeux vidéo, et ce n’est pas un mal

Mais tout comme « 10 Cloverfield Lane », la démarche narrative originale de « Jusqu’à l’Aube » (2025) a su convaincre certains spectateurs prêts à le juger pour ce qu’il est. Alison Foreman, critique chez Sélection, bien qu’ayant émis quelques réserves, a salué ce « pari inventif mêlé à une touche d’humour explosif qui parvient à divertir sérieusement… même si ce n’est pas toujours intentionnel ». En effet, cette œuvre mérite qu’on la regarde sans constamment chercher à la comparer au jeu dont elle s’inspire. Ce n’est pas une mince affaire, mais l’effort vaut la peine.
Dans sa critique notée 8 sur 10, Invoice Bria salue « le film d’horreur le plus marquant de l’année », écrivant :
« Bien que l’intrigue ne reproduise pas à l’identique celle du jeu vidéo, le film s’approprie parfaitement le concept de base qui interroge le spectateur : seriez-vous capable de survivre à un film d’horreur ? “Jusqu’à l’Aube” pose sous-jacemment cette question à son public, tout en affirmant sa propre identité narrative. »
Il est réjouissant de voir que « Jusqu’à l’Aube » remporte aujourd’hui un certain succès, surtout compte tenu de la passion affichée par son réalisateur David F. Sandberg lors de sa tournée promotionnelle plus tôt cette année. Dans une interview exclusive, il expliquait à quel point ce projet lui a permis d’exploiter pleinement les effets pratiques, un domaine qu’il voulait explorer depuis longtemps. « Même dans mes précédents films d’horreur, souvent surnaturels et moins sanguinaires, je n’avais jamais pu déployer tout ce potentiel. Cela a été pour moi l’occasion de m’essayer au slasher et au thriller d’une manière inédite ».
Sandberg a su tirer profit de cette occasion pour innover, à la fois comme cinéaste et fan du jeu. Si le film n’a pas généré un carton au box-office, il a visiblement touché une audience qui apprécie sa vision rafraîchissante de la franchise.
Points à retenir
- Le film « Jusqu’à l’Aube » n’a pas séduit les critiques ni le box-office au cinéma, malgré un budget modeste.
- Il connaît un regain d’intérêt sur Netflix, où son auditoire semble plus réceptif.
- La liberté prise avec l’histoire originale déplaît à certains fans, mais offre une expérience différente.
- Ce type d’adaptation libre divise, à l’image du célèbre « 10 Cloverfield Lane ». On aime ou on déteste, mais on ne peut pas rester indifférent.
- Le réalisateur David F. Sandberg s’est investi avec enthousiasme pour exploiter de nouveaux genres et techniques, malgré une réception mitigée.
Au final, on pourrait se demander si les adaptations qui prennent le nom d’une œuvre, tout en s’en éloignant radicalement, ne sont pas une façon à la fois maligne et un peu risquée d’attirer l’attention. Ou alors, c’est juste que certains veulent à tout prix raviver la nostalgie du jeu vidéo en saupoudrant un peu d’action sanglante et de mystère — parce qu’après tout, qui n’aime pas un petit film d’horreur pas totalement fidèle ? Dans tous les cas, ils ont sûrement réussi à réveiller notre curiosité, et ce n’est déjà pas si mal !
