Asura est une nouvelle série limitée japonaise sur Netflix qui suit une famille composée de quatre sœurs adultes découvrant que leur père a trompé leur mère. Pendant une décennie, il a élevé un jeune fils avec une femme qu’elles n’ont jamais rencontrée, et alors que la vérité éclate, chacune des femmes doit faire face aux répercussions sur leur famille et leur propre existence.
ASURA : À VOIR OU À ÉVITER ?
Première Scène : Tokyo, 1979. Takiko Takezawa (Yu Aoi), une jeune femme, se rend à vélo à la bibliothèque où elle travaille. Une fois sur place, elle appelle ses trois sœurs, Tsunako, Makiko et Sakiko, pour les inviter à se retrouver, car elle a un important secret à leur révéler. En attendant, elle trace le mot “père” sur la condensation de la fenêtre.
Le Résumé : Asura est une adaptation du roman japonais Like Asura écrit par Mukoda Kuniko. L’histoire, également racontée dans un film acclamé en 2003, se concentre sur les quatre sœurs Takezawa qui découvrent que leur père âgé a eu une liaison.
La série débute avec Takiko, la plus jeune des sœurs, qui découvre l’affaire après avoir aperçu son père, Kotaro (Jun Kunimura), avec sa maîtresse et ce qu’elle suppose être leur jeune fils. Malgré le fait qu’elle n’a pas vu ses sœurs depuis longtemps, elle les rassemble pour partager cette nouvelle, mais leurs réactions ne correspondent pas à ses attentes. Sa sœur aînée, Makiko (Machiko Ono), et son mari lui conseillent de garder le silence vis-à-vis de leur mère. Sakiko (Suzu Hirose), la sœur la plus immature, reproche à Takiko de créer des tensions à cause de ses propres insatisfactions. Tsunako (Rie Miyazawa), la sœur aînée veuve qui enseigne l’art floral, se retrouve désemparée face à cette révélation.
Ignorant les répercussions de cette révélation, Takiko déclenche un effet en cascade au sein de sa famille. Makiko, qui a tenté d’ignorer l’infidélité, commence à réaliser que son propre mari, Takao (Masahiro Motoki), est également infidèle. Ce dernier s’efforce de dissimuler les méfaits de son beau-père, allant jusqu’à convaincre un détective privé de minimiser les preuves, tout en saisissant l’occasion de demander à Kotaro de cacher toute trace de son infidélité. Bien qu’il ressente du remords, Kotaro veut assumer ses actes. Pendant ce temps, Fuji, la femme de Kotaro, qui risque de perdre le plus, découvre discrètement la liaison après avoir trouvé une voiture miniature dans la poche de son mari, confirmation d’un soupçon qu’elle avait depuis longtemps. Bien que la famille soit désormais au courant, le sujet reste tabou et la vie continue. Chacune des sœurs et de leurs parents tente de gérer ses propres problèmes et secrets, que la trahison n’aurait probablement jamais fait émerger.
Notre Avis : Bien que Asura puisse sembler n’être qu’un soap opera familial rempli de secrets, de mensonges et de tragédies, il renferme une critique culturelle plus profonde. Se déroulant en 1979, une époque où de nombreuses femmes étaient encore cantonnées au foyer et redevables envers leurs maris, cette série souligne comment les sœurs, tout en protégeant leur mère, doivent également affronter les problèmes de leur propre vie, souvent enracinés dans la domination masculine.
Le titre Asura fait référence à des demi-dieux cherchant le pouvoir dans les traditions bouddhistes et hindouistes, chaque sœur illustrant cette notion, avec un parcours riche et complexe, tout en tentant d’affirmer leur pouvoir. L’infidélité du père sert de toile de fond aux études de personnages développées autour de chaque fille et des personnes qui les entourent. Malgré la gravité de la situation, les sœurs parviennent à se détendre et à s’amuser ensemble, ajoutant une légèreté bienvenue à des thèmes autrement lourds. Ces performances nuancées et les intrigues réalistes sont le fondement d’un drame qui va au-delà du soap opera, dressant un tableau délicat sur les luttes des femmes d’hier et d’aujourd’hui.
Sexualité et Nudité : Les personnages sont parfois habillés de manière révélatrice et la sexualité est sous-entendue sans être montrée.
Scène Finale : Lors d’un dîner en famille, Takao remarque une marque sur le mur, conséquence d’un épisode de colère de Fuji. Tout en le mentionnant à Kotaro, ce dernier balaye le sujet d’un sourire, énonçant que “nous sommes seulement humains”, regardant sa femme d’une manière qui semble reconnaître leurs torts respectifs, sans en parler explicitement, comme si chacun connaissait les secrets et imperfections des autres.
Performance à Suivre : Bien que chaque acteur excelle dans son rôle, Machiko Ono, dans le rôle de Makiko, se révèle être la plus complexe. En tentant de gérer son mari intrusif et apparemment malhonnête, elle doit aussi préserver l’image parfaite de la femme au foyer, alors que ses émotions sous-jacentes témoignent de mécontentement et de ressentiment.
Dialogue Mémorable : Makiko, trompée par son mari, découvre que sa sœur Tsunako est la maîtresse d’un homme marié. Après avoir vu Tsunako avec cet homme, elle lui confie son ressentiment, lui reprochant d’infliger la même douleur à une autre femme. “Ce n’est pas parce que j’ai un secret honteux qu’il faille inventer le tien”, rétorque Tsunako pour détourner la responsabilité.
Notre Conclusion : À VOIR ! Asura ne présente pas les secrets de cette famille comme un drame saisissant ou un mystère à résoudre, elle nous permet progressivement de découvrir des personnages bien tracés, dont les problèmes et les émotions, bien que pénibles, sont accessibles et pourraient toucher n’importe quel d’entre nous.
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Bon à savoir
- Contexte historique : La série se déroule à une époque où le rôle des femmes dans la société japonaise commençait à évoluer.
- Inspirations littéraires : La série s’inspire d’une œuvre littéraire redoutée, offrant une riche connaissance des dynamiques familiales japonaises.
- Sujets contemporains : Bien que historique, Asura aborde des thèmes toujours d’actualité, comme la lutte pour l’égalité et la question de l’infidélité.
Il est intéressant de voir combien les histoires familiales peuvent être le reflet de problématiques sociétales plus larges. Asura nous rappelle que dans chaque famille, des secrets peuvent être le miroir des rapports de pouvoir en jeu. Quelle est la place de la loyauté familiale face à la quête d’authenticité personnelle ?

Cette série, tout en explorant les secrets familiaux, nous invite à réfléchir sur la quête de vérité et de compréhension. Un mélange subtil de tension et d’émotion.