Lors d’une récente intervention à un événement organisé par la banque d’investissement UBS, Ted Sarandos, le dirigeant de Netflix, a réagi calmement à l’offre d’achat hostile de Paramount pour Warner Bros. Il a déclaré : « Cette initiative était complètement attendue. Nous avons atteint un accord, et nous en sommes très satisfaits – tant pour les actionnaires que pour les consommateurs. Nous sommes convaincus que nous allons mener cela à bien. »
Netflix et Warner Bros. ont convenu d’une acquisition des studios de cinéma et de jeux vidéo de Warner. Dans la foulée de cette annonce, Paramount a proposé directement aux actionnaires une offre de 108 milliards de dollars en espèces pour acquérir Warner Bros. Cela représente 30 dollars par action Warner, un montant supérieur à celui proposé par Netflix, qui offre 27,75 dollars par action, une partie en espèces et l’autre en actions Netflix.
Au final, c’est aux actionnaires de décider quel projet d’acquisition sera retenu. En réponse à l’offre de Paramount, Warner conseille à ses investisseurs de privilégier l’option de Netflix. Ce choix ne surprend guère, étant donné que Paramount avait déjà fait une proposition similaire dans les coulisses, mais que Warner a décliné. Selon Paramount, Warner n’a jamais sérieusement envisagé leur offre. Contrairement à Netflix, Paramount souhaite acquérir non seulement la branche cinéma, mais également l’activité news, y compris CNN.
Paramount mise sur ses atouts
Paramount met en avant non seulement le montant plus élevé proposé aux actionnaires, mais également les perspectives de succès perçues de son acquisition. Selon eux, une fusion entre Netflix et Warner, qui pourrait atteindre 43 % de part de marché dans le domaine du streaming, pourrait susciter des inquiétudes chez de nombreuses autorités antitrust. De plus, Netflix n’a jamais réalisé d’acquisition majeure. Paramount fait valoir qu’une prise de contrôle de Warner renforcerait la concurrence.
Paramount pourrait également bénéficier de bonnes relations avec l’administration Trump. David Ellison, le PDG de Paramount, est le fils de Larry Ellison, fondateur d’Oracle, qui entretient des liens solides avec l’ancien président. De plus, Jared Kushner, le gendre de Trump, est impliqué dans le financement de l’offre via sa société Affinity Partners, comme le rapportent plusieurs médias.
Un financement audacieux
Le rapport dévoile des détails sur la structure de l’offre. Les Ellisons investissent seulement 12 millions de dollars de leurs propres fonds, tandis que 24 milliards seront financés par des fonds d’investissement du Moyen-Orient et 54 milliards par le biais d’un endettement. Selon la Financial Times, cette implication de fonds du Moyen-Orient a contribué à faire avorter l’offre auprès de Warner. Les responsables de Warner estiment cependant que la proposition de Netflix a de meilleures chances daboutir.
Points à retenir
- Ted Sarandos défend l’accord avec Warner contre l’offre de Paramount.
- Paramount propose 108 milliards de dollars en espèces aux actionnaires de Warner.
- Warner recommande à ses investisseurs de privilégier l’offre de Netflix.
- La fusion entre Netflix et Warner pourrait soulever des préoccupations antitrust.
- Paramount met en avant son financement impliquant des investisseurs du Moyen-Orient.
Cette situation met en lumière les ressorts des stratégies de fusion et acquisition dans une industrie en constante évolution. Le jeu complexe des offres souligne l’importance d’une vision à long terme et d’une étude des implications réglementaires. Il serait fascinant d’observer comment les acteurs de l’industrie s’ajusteront aux défis à venir, notamment en matière de compétition et d’innovation. En tant qu’observateur passionné de l’industrie du divertissement, je me demande : quelle direction ces géants choisiront-ils ? Une chose est sûre, la bataille pour le contrôle des contenus ne fait que commencer.
