mar. Juin 23rd, 2026
97% des auditeurs incapables de repérer une chanson créée par l’IA

97 % des auditeurs incapables de distinguer musique humaine et créations par IA, selon une étude commandée par Deezer

Par LesNews — Une enquête internationale montre l’ampleur du phénomène et pousse les plateformes à adapter leurs règles.

Illustration évoquant une tête humaine formée de lignes et points lumineux symbolisant une intelligence artificielle.
Illustration : Vitor Pádua (Tecnoblog)

Une étude commandée par la plateforme Deezer et menée par l’institut Ipsos, bien connu pour ses travaux d’opinion, révèle que 97 % des personnes interrogées ne parviennent pas à différencier une chanson composée par une intelligence artificielle d’une création d’artiste humain. Le sondage a porté sur 9 000 participants répartis dans huit pays, dont le Brésil, les États‑Unis, le Royaume‑Uni et la France.

Les résultats montrent une double préoccupation : une large majorité souhaite davantage de transparence, tandis qu’une part non négligeable des auditeurs préfèrerait éviter ce type de contenus. Concrètement, 73 % des répondants jugent que les morceaux générés par IA devraient être clairement identifiés sur les plateformes, 45 % aimeraient pouvoir les filtrer et 40 % déclarent qu’ils les éviteraient volontairement. Par ailleurs, 71 % avouent avoir été surpris de ne pas reconnaître l’origine des titres écoutés.

Le poids croissant de l’IA dans les catalogues de streaming

La part de titres produits par des systèmes automatisés progresse rapidement sur les services d’écoute. Selon Deezer, plus de 50 000 morceaux générés par IA sont téléchargés chaque jour sur sa plateforme, soit environ un tiers du flux total — une hausse notable par rapport aux 18 % observés en avril.

Face à cette évolution, Deezer a introduit des étiquettes visant à identifier les créations issues de l’IA et a retiré ces morceaux des playlists éditoriales et des recommandations automatiques. Alexis Lanternier, CEO de Deezer, a rappelé à l’agence Reuters, reconnue pour sa rigueur, que la créativité devait rester l’apanage des êtres humains et que ceux‑ci devaient être protégés. La plateforme a également commencé à exclure des lectures frauduleuses du calcul des royalties, une mesure visant à préserver la rémunération des artistes.

Logo Deezer sur fond coloré.
Deezer, acteur reconnu du streaming, pointe la difficulté à distinguer titres humains et synthétiques.

Réactions de l’industrie musicale

La diffusion massive de pistes générées par IA suscite des tensions dans le secteur. La question d’un modèle de rémunération adapté aux œuvres synthétiques reste complexe, selon les acteurs concernés. Des cas récents illustrent les enjeux : The Velvet Sundown, un groupe virtuel créé par IA, a accumulé plus d’un million d’auditeurs mensuels sur Spotify, le géant du streaming, avant que sa nature artificielle ne soit dévoilée.

De son côté, le prestigieux Universal Music Group a conclu un accord judiciaire avec la startup Udio et a annoncé des projets pour lancer une outil de création musicale assistée par IA d’ici 2026, confirmant que les majors cherchent à intégrer la technologie tout en encadrant son usage.

Points à retenir

  • 97 % des personnes sondées ne distinguent pas une chanson générée par IA d’une chanson humaine.
  • L’étude, réalisée par Ipsos pour Deezer, a interrogé 9 000 personnes dans huit pays, dont la France et le Brésil.
  • Une majorité d’auditeurs réclame l’étiquetage des morceaux produits par IA et la possibilité de les filtrer.
  • Les titres générés par IA représentent environ un tiers des envois quotidiens sur Deezer, contre 18 % en avril.
  • Deezer a mis en place des étiquettes et retire ces titres des playlists éditoriales et recommandations automatiques; la plateforme exclut aussi certaines lectures frauduleuses du calcul des royalties.
  • L’industrie réagit de manières diverses : cas de groupes virtuels découverts tardivement et initiatives des maisons de disques pour encadrer ou développer des outils IA.

En tant que journaliste pour LesNews, je considère que ce tournant technologique appelle un double mouvement : garantir la transparence et la protection des créateurs, tout en explorant les possibilités offertes par l’IA. Il nous faut encourager des règles claires et des discussions publiques sur la valeur artistique, la rémunération et les limites éthiques de ces nouvelles pratiques. À vous de dire : comment, selon vous, l’équilibre entre innovation et protection des artistes devrait‑il être trouvé ?


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