AMC Global Media : chiffre d’affaires en recul au T1, mais le streaming poursuit sa progression

AMC Global Media a annoncé vendredi un chiffre d’affaires en baisse au premier trimestre, ainsi qu’un recul marqué de ses bénéfices, malgré une croissance à deux chiffres de ses revenus de streaming et une génération de trésorerie disponible positive.
Sur le trimestre, le groupe — qui opérait sous le nom d’AMC Networks jusqu’au mois dernier — a vu son chiffre d’affaires diminuer de 2,4 % à 542,1 millions de dollars, contre 555,2 millions un an plus tôt.
Le résultat d’exploitation a chuté de 51 % à 31,3 millions de dollars, tandis que le résultat d’exploitation ajusté a reculé de 34 % à 69 millions de dollars. La société a enregistré une perte nette attribuable aux actionnaires de 18,9 millions de dollars, soit 0,43 dollar par action diluée, contre un bénéfice net de 18 millions (0,34 dollar par action) sur la même période l’an passé.
En résultat par action ajusté, AMC Global Media a dégagé 0,08 dollar par action, contre 0,52 dollar l’année précédente. La trésorerie disponible s’établit à 64,8 millions de dollars, contre 94,2 millions l’an dernier.
Kristin Dolan, directrice générale, a invité les investisseurs à regarder la dynamique du segment streaming : « nous avons livré un trimestre supplémentaire de croissance à deux chiffres des revenus de streaming et une solide génération de trésorerie disponible », a‑t‑elle déclaré. Elle a maintenu les prévisions annuelles et réaffirmé la stratégie du groupe, axée sur un modèle de studio propriétaire de contenus de qualité distribués via ses propres canaux et des partenaires.
Au plan domestique, les revenus se sont établis à 470,7 millions de dollars, en recul de 3,2 % sur un an. Les revenus d’abonnement ont diminué de 2,6 % à 305,3 millions, pénalisés par la baisse de 16 % des revenus d’affiliation — somme versée par les opérateurs câble et satellite —, conséquence d’un taux de churn encore élevé chez les distributeurs TV payante. Cette faiblesse a été partiellement compensée par la hausse des revenus de streaming, en progression de 11 % à 174 millions, principalement liée à des hausses tarifaires sur les services de la maison.
Le groupe comptait 10,1 millions d’abonnés streaming à la fin du trimestre, un léger recul par rapport aux 10,2 millions de l’année précédente. Les activations de l’offre AMC Plus en version financée par la publicité, réalisées via des accords d’empaquetage avec certains opérateurs, ont atteint 1,8 million ; ces utilisateurs ne sont pas inclus dans le décompte des abonnés streaming.
Le chiffre d’affaires publicitaire domestique a reculé de 5,4 % à 112,8 millions de dollars, la baisse des prix du marché ayant été partiellement compensée par la croissance du digital. Les revenus issus des licences de contenus et autres ont légèrement diminué, à 52,6 millions (-2,1 %).
À l’international, les revenus ont progressé de 3,3 % à 72,3 millions de dollars, mais la maison mère précise que, hors effet de change, ces revenus auraient reculé d’environ 5 %. Le résultat d’exploitation ajusté international a, lui, plongé de 44,8 % à 5,4 millions.
Points à retenir
- Chiffre d’affaires consolidé en léger recul (-2,4 %) au T1, impacté par la faiblesse des revenus d’affiliation.
- Streaming : croissance des revenus (+11 %) portée par des hausses tarifaires, mais léger recul du nombre total d’abonnés (10,1 M vs 10,2 M).
- Résultats opérationnels et bénéfices en forte baisse, avec une perte nette de 18,9 M$ sur le trimestre.
- Trésorerie disponible positive (64,8 M$), toutefois en retrait par rapport à l’an dernier.
- Activations via empaquetage « hard-bundle » (1,8 M) augmentent la portée commerciale mais ne sont pas comptabilisées comme abonnés streaming classiques.
- Performance internationale contrastée : progression en devise locale, mais recul une fois les changes neutralisés et marge opérationnelle en baisse.
À mon sens, la lecture de ces résultats impose de garder une vision nuancée : AMC Global Media démontre la pertinence de son positionnement « studio-driven » en tirant parti de son catalogue pour monétiser le streaming, mais la transition depuis les revenus traditionnels (affiliations, publicité linéaire) reste inachevée. Il faudra observer si la société parvient à convertir les activations d’empaquetage en abonnements payants durables et à stabiliser ses marges à mesure que l’écosystème de distribution continue d’évoluer. Pour ma part, je suivrai de près l’équilibre entre prix, contenu et accès afin de voir si ce modèle tient sur la durée.
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