Le WEC dévoile FIAWEC+, sa nouvelle plateforme de streaming
À l’occasion de la saison 2026, la FIA World Endurance Championship (WEC) a mis en ligne FIAWEC+, une plateforme de streaming repensée. L’application propose la diffusion en direct et sans publicité des qualifications et des courses de chaque manche, un système de chronométrage enrichi, une interface rénovée et des contenus originaux. Le service centralise désormais aussi les diffusions de l’European Le Mans Series, de la Le Mans Cup et de l’Asian Le Mans Series.
Alors que la nouvelle application était lancée avant les 24 Heures du Mans, LesNews s’est appuyé sur l’entretien mené par les collègues très documentés de DailySportscar avec Marius Louvet, directeur marketing et communication de Le Mans Endurance Management, pour éclairer les choix derrière ce nouveau service et les perspectives envisagées.
Une refonte pensée pour les constructeurs et les fans
Depuis sa prise de fonction, Marius Louvet a fait de la modernisation des outils numériques une priorité. Le département marketing-communication a été renforcé — il est passé d’une poignée de personnes à une équipe d’une vingtaine en quelques années — avec pour objectif d’améliorer le retour sur investissement des partenaires, notamment des constructeurs présents en Hypercar.
Parmi les chantiers menés : refonte du site, nouvelle identité visuelle, renouvellement des habillages TV, et adoption d’un CRM pour mieux connaître le public. La stratégie vise aussi à préserver l’affluence sur les circuits (tarification stable pour des épreuves comme Spa ou Imola) et à faire du week‑end de course un véritable événement pour les familles et les fans.

Pourquoi un service propriétaire plutôt que YouTube ?
La question s’est rapidement posée : pourquoi ne pas diffuser gratuitement sur YouTube, plateforme très répandue ? Selon Louvet, YouTube offre une visibilité, mais peu de données exploitables. « Vous ne savez pas qui vous regarde », explique-t-il, ce qui limite la capacité à proposer des offres ciblées aux sponsors et partenaires. Pour lui, la collecte de données via la billetterie, les enquêtes et l’application permet d’améliorer l’expérience et de justifier les investissements des acteurs.
Le modèle retenu combine diffusion payante sans publicité pendant les courses et relations de confiance avec les diffuseurs TV traditionnels : une application fermée et un service payant sont perçus par les chaînes comme complémentaires plutôt que concurrents, car l’application apporte des contenus originaux et un live timing enrichi.

Monétisation, prix et montée en charge
La tarification a été étudiée avec Two Circles, partenaire marketing de la WEC basé à Londres. Après enquête auprès des fans, le prix annuel a été abaissé de 60 à 50 euros, soit environ 6 euros par course. L’objectif n’est pas d’atteindre des audiences massives mais de proposer un outil précieux aux supporters les plus engagés — et d’apporter aux constructeurs des indicateurs concrets sur leur visibilité.
Les chiffres précis d’abonnements ne sont pas communiqués, mais Louvet indique que la transition s’est faite sans perte significative d’abonnés et qu’environ 100 000 nouveaux comptes ont été créés autour de la première manche sur la nouvelle plateforme (toutes fonctionnalités confondues, gratuites ou payantes). Le service web antérieur a également servi de banc d’essai : peu de tickets de support et des retours majoritairement positifs de la part du paddock.
Contenu payant vs gratuit : un équilibre en évolution
Des programmes comme Full Access et la Free Practice 3 ont été placés derrière la paywall pour valoriser l’abonnement. Les clips, temps forts et bandes-annonces restent accessibles sur YouTube afin d’attirer de nouveaux spectateurs vers l’application. Selon Louvet, certains formats n’atteignaient pas des audiences significatives sur YouTube sans promotion, et concernaient surtout des abonnés déjà existants.
ELMS et Le Mans Cup : déplacer l’audience sans la perdre
Le transfert des diffusions de l’ELMS et de la Le Mans Cup depuis YouTube vers l’application a suscité des interrogations quant à la perte de spectateurs « occasionnels ». Les premiers retours montrent une baisse limitée — moins de 20 % à Barcelone comparé à l’année précédente — ce qui indique que la base de fans est fidèle et retrouvable sur la nouvelle plateforme. De plus, le temps de visionnage moyen est supérieur sur l’app, grâce aux fonctionnalités de chronométrage et d’information en direct.

Feuille de route technique
Le chantier n’est pas achevé : la WEC prépare l’ajout de nouvelles données en direct — tel que le suivi des pneumatiques et des réservoirs d’énergie virtuels (virtual energy tanks) — et améliore progressivement l’expérience utilisateur. Pour l’instant, la diffusion sur téléviseurs connectés n’est pas prioritaire : le casting depuis un mobile permet déjà la mise à l’écran et le développement d’applications TV reste coûteux. La WEC devra arbitrer en fonction des usages et des investissements à venir.
Crédit images : LMEM / DPPI
Points à retenir
- FIAWEC+ centralise les diffusions WEC, ELMS, Le Mans Cup et Asian Le Mans Series en proposant un streaming sans publicités pendant les courses et un live timing enrichi.
- La refonte digitale répond avant tout à un besoin de data et de visibilité pour les partenaires, en complément des diffuseurs TV traditionnels.
- Le modèle économique combine abonnement payant (50 €/an) et contenus gratuits promotionnels sur YouTube pour attirer de nouveaux spectateurs.
- Le déplacement des courses de séries comme l’ELMS depuis YouTube vers l’application n’a entraîné qu’une baisse limitée d’audience, selon les premiers constats.
- Des fonctionnalités supplémentaires (données pneumatiques, réservoirs d’énergie virtuels) sont annoncées ; l’arrivée d’une application native pour smart TV n’est pas encore prioritaire.
À titre personnel, je trouve intéressant que la WEC ait choisi la voie d’une plateforme propriétaire pour regagner en maîtrise des données et offrir une expérience plus complète aux passionnés. Cette stratégie pose néanmoins une question : jusqu’où peut-on déplacer une partie de l’audience « casual » vers des environnements fermés sans fracturer l’écosystème médiatique du sport automobile ? Pour ma part, je pense que la réussite tiendra à l’équilibre entre contenus gratuits bien choisis et services payants réellement différenciants — et j’aimerais savoir ce que vous en pensez.
S'abonner à Amazon Prime 📺

Disclaimer de non-responsabilité
[/not-all]Vous utilisez les informations contenues dans cet article à vos propres risques et périls. Les liens et plateformes mentionnés sont référencés à titre informatif et ne sauraient engager notre responsabilité en cas de violation de la législation en vigueur sur le droit d'auteur. Le streaming et le téléchargement de contenus protégés sans autorisation sont strictement interdits par la loi. Assurez-vous de respecter les règles en vigueur et de privilégier des alternatives légales pour vos besoins de divertissement. Toute utilisation illégale de ces services est de votre seule responsabilité.