La télévision payante traverse l’une de ses pires périodes au Brésil. Depuis son pic en 2014, le secteur a perdu 61,08 % de ses abonnés, traduisant un changement profond dans les habitudes de consommation audiovisuelle. À l’époque, le marché comptait 19,6 millions de points actifs; aujourd’hui, le recul s’accélère.
Selon Kantar Media Ibope, en décembre 2025 les plateformes de streaming représentaient 37,5 % de la part d’audience, tandis que la télévision payante ne pesait plus que 6,9 % des appareils, soit 7,6 millions de clients actifs. Ce dernier chiffre correspond à une perte de 1,6 million d’abonnés par rapport à l’année précédente.
La télévision ouverte demeure majoritaire au Brésil, avec 55,8 % de part d’audience, mais elle aussi montre une tendance à la baisse régulière, conséquence de la fragmentation des usages et de la montée des offres numériques.
Pour de nombreux spécialistes, l’érosion de la TV payante est désormais une tendance quasiment irréversible. Les grands groupes audiovisuels favorisent la migration du public vers leurs propres applications — citons par exemple Globoplay, plateforme du groupe Globo et acteur majeur du marché, ainsi que HBO Max et Disney Plus — en fermant des chaînes ou en réduisant la programmation linéaire, transformant les antennes en vitrines destinées à promouvoir des catalogues disponibles en ligne.
Le marché anticipe que la télévision payante s’oriente vers une offre de plus en plus segmentée, destinée à des publics précis et centrée sur le sport en direct, le journalisme et les grands événements, secteurs qui conservent encore un attrait hors des environnements à la demande.
Points à retenir
- Déclin structurel : depuis 2014, la TV payante a perdu 61,08 % de ses abonnés, passant de 19,6 millions de points actifs à une situation nettement réduite.
- Poids des plateformes : fin 2025, les services de streaming captaient 37,5 % de l’audience totale, selon Kantar Media Ibope.
- Part encore importante de la TV gratuite : la télévision ouverte reste leader avec 55,8 % de part d’audience, malgré une érosion progressive.
- Perte d’abonnés récents : la TV payante a reculé à 7,6 millions de clients, soit 1,6 million de moins en un an.
- Stratégies des groupes : les opérateurs privilégient désormais leurs applications et réduisent la programmation linéaire pour monétiser leurs catalogues en streaming.
- Futur de la TV payante : positionnement probable sur des niches — sports en direct, journalisme, événements — qui conservent une valeur hors streaming à la demande.
- Conséquences à surveiller : redéploiement des droits sportifs, recomposition des offres commerciales et impact sur l’emploi et la production locale.
En tant que journaliste, je vois dans cette mutation plus qu’une simple substitution technologique : c’est un réarrangement du paysage culturel et économique de l’audiovisuel. Il faudra suivre comment se négocieront les droits, comment seront préservés les contenus locaux et quel rôle les régulateurs et les acteurs publics décideront d’avoir pour accompagner les publics vulnérables dans cette transition. À mes yeux, la question qui reste ouverte est la suivante : comment concilier innovation, diversité des contenus et accès équitable à l’information à l’heure où tout bascule vers le numérique ?
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