Dragonfly : le court métrage animé de Julia Morizawa arrive sur Omeleto

Dragonfly, le court métrage d’animation 2D d’Julia Morizawa, qualifié pour les Oscars, est disponible aujourd’hui sur la plateforme de diffusion Omeleto, après un parcours en festivals couronné de prix.
Le film raconte, à travers le regard du frère, l’histoire troublante d’une jeune fille qui découvre que sa mère a survécu au bombardement de Tokyo des 9 et 10 mars 1945. Inspirée des vies peu connues des grands-parents maternels de la réalisatrice — qu’elle n’a jamais rencontrés — l’œuvre vise à rappeler un épisode historique encore méconnu de beaucoup. Morizawa confie également espérer que le film incitera les spectateurs à dialoguer avec les aînés de leurs familles, tant que ces témoignages sont encore accessibles.
Présenté pour la première fois au Los Angeles Asian Pacific Film Festival en 2023, Dragonfly a ensuite été distingué à de nombreuses reprises : meilleur film d’animation au Maryland International Film Festival, meilleur film réalisé par un·e cinéaste AAPI au Phoenix Film Festival, prix du public pour le meilleur film d’animation à DisOrient, prix du jury pour la créativité à l’Arizona International Film Festival, meilleur court métrage au Japan Film Festival Los Angeles, et l’or du meilleur court au Hillsboro Film Festival en 2024.
Lors de la saison des festivals, le réputé Animation World Network a interrogé la réalisatrice, qui a expliqué que le projet, initialement conçu pour mieux connaître ses grands-parents maternels, avait pris une ampleur plus vaste : transmettre la mémoire d’un drame pour éviter qu’il ne tombe davantage dans l’oubli. Au cours de la production, Morizawa a eu deux enfants, ce qui l’a poussée à documenter ces récits afin qu’ils se transmettent à la génération suivante.
« Ma mère m’a dit qu’étant enfant au Japon, on ne leur enseignait pas cette partie de l’histoire à l’école et que ses parents n’en parlaient jamais », rapporte Morizawa. « Elle a appris davantage sur le bombardement de Tokyo en regardant mon film que lorsqu’elle était à l’école ou en parlant avec ses parents. »
Polyvalente, Julia Morizawa est scénariste, productrice et actrice, active au cinéma, au théâtre et en audio. Elle a déjà reçu plusieurs distinctions pour ses projets antérieurs, et son expérience d’actrice et de créatrice nourrit son approche intime et documentée de Dragonfly.
Parmi les projets à venir de la réalisatrice figurent le documentaire Silenced, qui suit la survivante des camps d’internement américains Joni Kimoto dans la collecte de témoignages de survivants japonais et japano-américains de la Seconde Guerre mondiale, et le long métrage dramatique Something About the Tide, centré sur un addict en rétablissement découvrant un secret familial. Ces deux projets cherchent actuellement des financements.
Dragonfly est écrit, produit et réalisé par Julia Morizawa. Les producteurs exécutifs incluent Brian Sturges, James Babbin, John Titchenal, Lucas A. Ferrara, Derek Kolterman et Christopher Luk. Maria Marta Linero a dirigé l’animation, Eva Benitez en est l’animatrice principale. La musique est signée Aiko Fukushima, le design sonore par Giorgia Garcia-Moreno. Les voix sont assurées par Julia Morizawa, Erika Ishii, Miya Kodama et Thomas Isao Morinaka.
Omeleto propose une sélection de courts métrages d’auteurs émergents et établis, et diffuse régulièrement sur des plateformes telles que YouTube, Facebook et Instagram, touchant un public mondial important.
Voir Dragonfly sur Omeleto : omeleto.com
Points à retenir
- Dragonfly est un court métrage d’animation 2D de Julia Morizawa, désormais disponible sur la plateforme Omeleto.
- Le récit explore la découverte par une jeune fille de la survie de sa mère au bombardement de Tokyo (9–10 mars 1945), s’appuyant sur l’histoire familiale peu connue de la réalisatrice.
- Le film a été récompensé dans plusieurs festivals internationaux et a bénéficié d’une bonne réception critique.
- Morizawa espère que son film encouragera des conversations intergénérationnelles pour préserver les souvenirs avant qu’ils ne disparaissent.
- La réalisatrice poursuit des projets documentaires et de fiction axés sur la mémoire et les secrets de famille, qui sont en recherche de financements.
En tant que journaliste, je constate que Dragonfly illustre combien le cinéma d’animation peut servir de vecteur puissant pour la mémoire collective, en rendant accessible un passé parfois occulté. Cela m’amène à me demander : comment encourager davantage d’initiatives qui allient création artistique et transmission historique, afin que ces témoignages traversent les générations ? Je crois que soutenir ces démarches, par la visibilité et le financement, est essentiel pour que la mémoire ne devienne pas silence.
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