jeu. Juin 25th, 2026

Rabat – Le gouverneur de la Banque centrale du Maroc, Abdellatif Jouahri, a annoncé ce mardi une demande officielle auprès du gouvernement pour accélérer la légalisation des cryptomonnaies à travers l’adoption d’une loi spécifique.

Lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale, à l’issue d’une réunion du conseil d’administration de la banque, Jouahri a précisé : « Nous avons finalisé le projet de loi relatif aux monnaies numériques, qui est actuellement entre les mains du secrétariat général du gouvernement. »

Il a ajouté : « Nous avons insisté pour que ce projet soit traité en priorité et transmis au Parlement pour approbation, en raison de plusieurs indicateurs montrant l’usage croissant des monnaies digitales par les Marocains. »

Depuis 2017, l’utilisation des cryptomonnaies demeure interdite dans le royaume chérifien. Pourtant, leur usage continue de se développer en marge, notamment à travers des pratiques visant à contourner les restrictions en vigueur.

Jouahri a souligné : « Ce projet de régulation a été élaboré en collaboration étroite avec le Fonds monétaire international et en tenant compte des expériences internationales ainsi que des recommandations du G20. »

Le gouverneur de la banque centrale a insisté sur l’importance de voir ce cadre législatif se concrétiser rapidement : « C’est une priorité pour nous. »

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Le Maroc craint que l’économie nationale et la monnaie locale ne soient fragilisées par les sorties de devises étrangères liées au commerce des cryptomonnaies. Celles-ci pourraient, à terme, réduire la disponibilité des liquidités en devises sur le marché.

Contrairement aux monnaies traditionnelles soumises au contrôle des États et des banques centrales, les monnaies cryptographiques n’ont pas de numérotation séquentielle ni d’existence physique, et ne circulent que via internet.

Points à retenir

  • Le Maroc avance vers une régulation officielle des cryptomonnaies, après plusieurs années d’interdiction.
  • Le projet de loi est en phase finale et vise une adoption rapide pour encadrer un usage déjà répandu.
  • Le gouvernement et la Banque centrale collaborent avec le FMI et tiennent compte des normes internationales.
  • La préoccupation principale est la fuite de devises étrangères, qui pourrait nuire à l’économie nationale.
  • La régulation cherchera à intégrer les cryptomonnaies dans un cadre légal sécurisé, avec une surveillance accrue.

Il est intéressant de voir comment, malgré un premier cadre légal strict, le Maroc ajuste aujourd’hui sa posture face à une réalité technologique difficile à contenir. La prudence affichée révèle une volonté de ne pas rester à la traîne tout en protégeant ses intérêts économiques. Reste à savoir si cette démarche saura convaincre à la fois les investisseurs étrangers et le grand public, souvent méfiant vis-à-vis des nouvelles technologies financières. En tout cas, l’évolution législative marocaine illustre bien la complexité croissante de gérer les monnaies virtuelles dans un monde globalisé. Qui aurait cru que le digital finirait par forcer la main aux plus traditionnalistes ? Voilà un pari audacieux à suivre de près.


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