mar. Juil 14th, 2026

William Lee (Daniel Craig), un immigrant américain à Mexico, passe ses journées avec une petite communauté américaine et ses nuits à fréquenter des bars à la recherche d’hommes jeunes et attirants. Ne cherchant rien d’autre qu’une satisfaction éphémère, William voit son attention captivée par l’arrivée d’Eugene Allerton (Drew Starkey), un ancien militaire expatrié. Ce jeune homme séduisant, délibérément ambigu sur sa propre orientation sexuelle, se lie d’amitié avec William, et leur relation s’épanouit rapidement. Tandis que William commence à envisager une vie réelle avec Eugene, ce dernier devient distant, et les deux hommes tentent de comprendre leur connexion.

‘Queer’ s’inspire du roman éponyme de William S. Burroughs, écrit au début des années 50 mais publié seulement en 1985. Réalisé par Luca Guadagnino (‘Call Me By Your Name’), le film se caractérise par un rythme lent et un style visuel soigné, s’appuyant sur les œuvres du peintre Edward Hopper pour créer des décors saisissants. Le film, divisé en chapitres, débute par la rencontre de William avec un jeune homme séduisant dans un bar, qu’il conduit dans une chambre d’hôtel pour une nuit de passion. Il est rapidement établi que William n’a aucune réserve quant à sa sexualité, même au sein de Mexico dans les années 50.

Queer - Drew Starkey et Daniel Craig
Crédit : MUBI

Lorsque William fixe son attention sur Eugene, sa curiosité se transforme rapidement en obsession. Plusieurs scènes mettent en lumière des moments passés ensemble, où l’on perçoit les désirs de William, même si ses actions ne semblent pas toujours refléter ce qu’il ressent. Une nuit de beuverie les conduit chez William, créant ainsi des tensions qui bouleversent leur relation. Pendant ce temps, William lutte également contre une dépendance aux drogues, qui s’avère être aussi envahissante que ses sentiments pour Eugene.

Au cours des 80 premières minutes, ‘Queer’ propose une exploration lente et réfléchie des thèmes de l’amour et du désir. La dernière heure bascule vers une quête d’une drogue illicite en Amérique du Sud. Bien que William et Eugene vivent des expériences similaires, leurs perceptions diffèrent grandement. Guadagnino retranscrit la nature déconcertante de l’œuvre originale, alors que les deux hommes, sous l’influence, se laissent aller à un comportement libéré. Ce virage dans le récit peut surprendre et ne plaira pas à tous, s’éloignant un peu des attentes établies par le début du film.

Queer - Daniel Craig et Drew Starkey
Crédit : MUBI

Daniel Craig parvient à se distancier de son rôle iconique de James Bond en incarnant William. Sa performance, étonnante, le révèle sous un jour nouveau et audacieux. Craig se plonge avec intensité dans les scènes explicites, dépeignant un homme guidé par ses passions plutôt que par sa raison. À ses côtés, Drew Starkey, qui incarne Eugene, apporte une profondeur au personnage, de sorte que sa performance se démarque tout autant. Les apparitions marquantes de Jason Schwartzman et Lesley Manville ajoutent encore à la richesse de cette œuvre.

‘Queer’ est un film singulier. Visuellement captivant, il offre des performances impressionnantes et pose des défis, ce qui pourrait ne pas convenir à tous les téléspectateurs. Guadagnino réussit à rendre hommage à l’œuvre de Burroughs, mais cela pourrait rendre certains passages difficiles à appréhender. À mi-chemin entre drame et art contemporain, ‘Queer’ demande une implication totale du spectateur et soulève de nombreuses questions. Son passage vers l’abstrait pourrait perdre une partie du public, mais pour ceux qui apprécient être provoqués, le film laisse assurément matière à réflexion.

Distribution : Daniel Craig, Drew Starkey, Jason Schwartzman, Lesley Manville, Omar Apollo Réalisateur : Luca Guadagnino Auteurs : Justin Kuritzkes (scénario), William S. Burroughs (roman) Âge légal : 18 Durée : 137 minutes Distribué par : MUBI Date de sortie : 31 janvier 2025

Bon à savoir

  • Le film explore des thèmes complexes tels que l’amour, le désir et la dépendance.
  • Inspiré d’une œuvre littéraire presque oubliée, ‘Queer’ ouvre des perspectives sur la sexualité dans les années 50.
  • La direction artistique, influencée par Edward Hopper, crée une atmosphère unique et immersive.

Le film ‘Queer’ ne manquera pas de susciter des discussions sur la représentation de la sexualité et des relations humaines au cinéma. Comment les défis émotionnels et les luttes personnelles des personnages peuvent-elles résonner avec notre réalité contemporaine ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit
3 thoughts on “Critique : ‘Queer’, un film audacieux et déroutant”
  1. Le film ‘Queer’ semble être une exploration audacieuse des émotions humaines. L’art visuel et les performances captivantes pourraient offrir une belle réflexion sur l’amour et la dépendance.

  2. Ce film aborde des thèmes si profonds et pertinents, il est essentiel de s’immerger dans ces récits pour mieux comprendre l’amour et la lutte des individus.

  3. ‘Queer’ est un film audacieux qui explore des thèmes profonds avec une esthétique captivante. Les performances de Craig et Starkey sont particulièrement mémorables. Une œuvre qui fait réfléchir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *