Lucas di Grassi, pilote brésilien de Formule E, met un terme à sa carrière après la finale de la saison qui s’est déroulée à Londres. À 42 ans, il a été le premier à rejoindre cette série de courses électriques. Dans un regard rétrospectif sur sa vie de pilote, le champion du monde de 2017 partage des réflexions candidement. Di Grassi déclare : « J’ai eu des moments heureux, mais aussi beaucoup de moments difficiles. En course, il y a généralement plus de mauvais moments que de bons. »
Lors d’une conférence de presse à Londres, à la question de ce qu’il regrettera le plus, di Grassi ne mâche pas ses mots : « Je ne vais pas manquer les heures passées sur le simulateur, ni les 150 nuits par an dans des hôtels peu accueillants, ni le fait de devoir manger de la cuisine allemande. Je m’excuse auprès des Allemands, mais ce n’est pas la meilleure nourriture qui soit. Ce qui me manquera le moins, ce sont les moments loin de ma famille. »
Lucas di Grassi lors de sa victoire à Shanghai
Il ajoute : « À une autre question, je vous réponds : je n’ai pas pris de plaisir à conduire. Beaucoup pensent que nous nous amusons sur la piste, mais pour moi, le plaisir vient de mes loisirs, où je fais ce que je veux, quand je veux. La course, ce n’est pas un hobby. Je n’ai jamais éprouvé de plaisir à conduire un bolide. J’ai ressenti de l’adrénaline et l’envie de gagner, mais pas de plaisir. Le stress et la pression étaient tels que je ne pouvais pas en profiter. »
« Aller se coucher le ventre vide »
Di Grassi évoque les préparatifs des courses : « Avant un rendez-vous, je dors déjà correctement dix jours auparavant, je m’adapte au fuseau horaire et je fais attention à mon alimentation, car je ne peux pas vivre normalement. Tout cela à cause des courses. Ce n’est pas amusant. Quand j’étais en Formule 1, j’étais en surpoids de 15 kilos. Ne pas manger et aller se coucher le ventre vide pour rester compétitif n’est pas agréable. Pour gagner du poids, j’ai même coupé le zip en métal pour alléger mon équipement et retiré les semelles de mes bottes. C’est pourquoi j’étais souvent malade. Ce n’est pas du plaisir, mais de l’engagement, un vrai métier. »
Finale de la Formule E : La piste à Londres
Concernant sa passion, di Grassi déclare : « Ce qui va me manquer, c’est la joie de la compétition, et cette sensation unique que l’on ressent en remportant une victoire ou un titre. Pas parce que c’est amusant, mais pour la satisfaction que cela procure. C’est une approche distincte que beaucoup n’arrivent pas à comprendre. »
Fier de sa carrière
Malgré tous les sacrifices, di Grassi n’éprouve aucun regret. Il regarde son parcours avec fierté : « Je peux dire que je suis probablement le pilote qui a le plus investi dans la Formule E. J’espère que cela se voit, car il ne s’agit pas seulement des pilotes, mais aussi de toutes les personnes qui soutiennent cette série. La Formule E a cultivé un écosystème. Je suis fier d’avoir contribué à cela en tant que pilote. »
Entrer en Formule E a été une décision décisive. « J’ai pris des risques, mais investir dans la Formule E s’est révélé être un choix judicieux. Les ambitions que j’avais au début de la série ont été surpassées par son évolution. »
Lucas di Grassi a marqué les esprits avec une carrière impressionnante. Après sa victoire lors de la première course à Pékin en 2014, il est devenu l’un des pilotes les plus remarquables de la Formule E. Vainqueur d’un titre de vice-champion en Formule 2, il a également eu des expériences en Formule 1, décroché une seconde place en endurance et obtenu des résultats sur le podium au 24 Heures du Mans.
Points à retenir
- Lucas di Grassi a débuté sa carrière en Formule E et a marqué l’histoire de cette discipline.
- Il évoque les défis et sacrifices liés à la vie de pilote professionnel.
- Ses réflexions mettent en lumière le contraste entre pression et plaisir dans le métier de pilote.
- Sa fierté réside dans l’écosystème développé autour de la Formule E.
- Il se projette positivement vers l’avenir, ayant pris des risques judicieux au début de sa carrière.
En tant que passionné de sport automobile, je trouve fascinant de voir comment les champions équilibrent passion et sacrifices. Cela me rappelle que derrière chaque victoire se cache souvent une histoire de dévouement et de choix complexes. Qu’en pensez-vous ? Est-il juste de réduire le succès à une simple notion de plaisir ou y a-t-il plus derrière chaque moment de gloire ?

