Cette année, pour les fêtes de Noël, quiconque tentera de préparer un dîner de volaille pour sa famille élargie devra garder à l’esprit qu’une récente enquête révèle que la préparation des repas festifs est l’une des principales sources de stress pendant les vacances.
Les traiteurs virtuels ressentent également la pression. Dans le jeu de gestion de restaurant et simulation culinaire Overcooked (2016), l’agitation autour de la cuisson et du service peut atteindre des vitesses vertigineuses, donnant l’impression d’un jeu d’action plutôt que d’une simple expérience culinaire.
En parallèle des livres de cuisine officiels Halo et Witcher – ce dernier mettant en avant une étrange soupe aux elfes et aux oignons – la préparation culinaire dans les jeux vidéo a toujours été variée. Par exemple, BurgerTime (1982) de Data East voit le chef Peter Pepper grimper des échelles pour activer les ingrédients d’un hamburger : pains, galettes, laitue. Il doit également empêcher les méchants Mr Pickle et Mr Hotdog de saboter sa mission en les affrontant avec une arme remplie de poivre.
D’autre part, Hase und Wolf (1985) de VEB Polytechnik a emprunté à Pac-Man (1980) de Namco et à la série animée soviétique Well, Just You Wait (1969) pour créer une version plus saine du célèbre coureur de labyrinthe. Distribué non dans des salles d’arcade capitalistes, mais dans des centres communautaires, Hase demandait aux joueurs de guider un lapin à travers l’écran afin de dévorer des légumes tout en évitant un loup affamé. Le jeu saura trouver un écho chez ceux qui redoutent une double portion de choux de Bruxelles.
Si le bloc de l’Est aurait pu anticiper la montée des régimes alimentaires à base de plantes, Dreamworks et son jeu Someone’s in the Kitchen (1996) ont par inadvertance préfiguré l’ère des appareils intelligents avec sa représentation d’ustensiles de cuisine parlants. Pour remporter la partie, il faut suivre les ordres d’un grille-pain parlant, graisser correctement la plaque de cuisson et ajuster méticuleusement la température – rien que pour préparer des œufs Bénédicte !
Bien que moins appétissant en apparence, le logiciel éducatif Reader Rabbit (1996) de The Learning Company a atteint un autre objectif interactif : démontrer les fractions via des parts de pizza. Le jeu suggérait également des défis de préparation de desserts à réaliser en additionnant ou en soustrayant des tasses de sucre, tout en ayant des chats accros à la malbouffe. Le lapin du titre, heureusement, ne se transforme pas en plat néerlandais de Noël, le Hasenpfeffer.
Avec la montée en puissance des jeux et des consoles, un titre est apparu pour rivaliser avec la polyvalence d’un grill George Foreman. Order Up! (2008) de SuperVillain est un RPG où de futurs chefs apprennent les bases de la restauration rapide avant d’entrer dans la compétition Fortified Chef après avoir acheté un diner. Impressionner le critique gastronomique du jeu s’avère aussi délicat qu’optimiser la sauce que l’on prépare pour Noël.
Dans Don’t Starve (2013), un jeu de survie de Klei, les joueurs doivent fouiller dans un univers de dessin animé pour éviter la mort par famine. Le personnage principal, Wilson, doit se nourrir d’anguilles cuites et de confitures faites maison avant qu’elles ne se gâchent tout en gardant un œil sur sa santé, sa faim et son équilibre mental. Cela pourrait bien être l’une des recettes les plus sombres à atteindre vos écrans pendant cette période de Noël, à moins que vous n’ayez déjà goûté à Cooking Price-Wise (1971), notre récente parution du cultissime show culinaire animé par la légende de l’horreur, Vincent Price.

Aussi macabre, mais beaucoup plus léger, Dungeon Munchies (2019) de maJAJa est un RPG en défilement horizontal inspiré de Super Mario Bros. (1985) et Castlevania (1986). Les joueurs contrôlent un zombie qui découvre un nécromancien vêtu d’une tenue de chef et qui leur commande de rassembler des moustiques frits, de la gelée de slime et d’autres ingrédients du monde souterrain pour acquérir des super-pouvoirs.
Pour les amateurs d’action, se procurer de la nourriture peut parfois sembler interminable entre deux missions. Cependant, tout comme Naked Snake du jeu Metal Gear Solid Delta: Snake Eater (2004) de Konami doit capturer et manger des pythons pour maintenir son énergie, le combat de Kratos dans God of War: Ragnarök (2022) lui permet de faire une pause entre deux tueries pour traquer un livre de cuisine dans le jeu, dans la région des Neuf. En suivant ses indices et en réunissant des ingrédients étranges tels que le Prongfruit et le Bantam Melon, il obtient un plat aux effets bénéfiques.
Pour une expérience de chasseur-cueilleur plus gaie, les passionnés de gastronomie peuvent plonger dans Dave the Diver (2023) de Mintrocket, mêlant service à la clientèle et exploration sous-marine. L’objectif est de plonger dans le Blue Hole et de recueillir des ingrédients frais pour un restaurant de sushi. Quiconque a tenté d’attraper des poissons aberrants de Dave comprendra la facilité relative de cuisiner hors écran, où les tracas d’un dîner de Noël stressant – comme manquer de beurre au brandy la veille – peuvent se régler par une visite rapide au magasin du coin.
Et si l’impensable se produit et que votre plat est réduit en cendres sans aucun alcool festif pour apaiser la douleur : Brewmaster (2022) d’Auroch propose une solution sous la forme d’un simulateur de production de bière. De futurs brasseurs peuvent suivre des missions spécifiques pour collecter des malts, des grains et des houblons, ou opter pour un mode sandbox et mélanger autant d’ingrédients qu’ils le souhaitent. Cette dernière option sera probablement plus judicieuse pour ceux qui reçoivent une famille nombreuse, car, contrairement au jeu, la vie réelle ne propose pas de bouton pour passer le temps. Joyeux Noël !
Bon à savoir
- La préparation de Noël peut engendrer un stress important ; planifier à l’avance aide à réduire cette pression.
- Les jeux vidéo offrent une perspective ludique sur la cuisine, à travers des mécaniques de jeu innovantes.
- De nombreux jeux explorent les thématiques de la nourriture, permettant un mélange de divertissement et d’apprentissage culinaire.