Si Presence n’est pas le pire film de l’année jusqu’à présent, il est assurément l’un des plus décevants, surtout en tenant compte de son créateur. Réalisé par Steven Soderbergh, le réalisateur oscarisé connu pour avoir navigué entre des gros succès grand public tels que Ocean’s 11 et Magic Mike, et des œuvres indépendantes audacieuses comme Full Frontal et Kimi, ce récit fantastique tente d’évoquer un Poltergeist d’art et d’essai, mais n’arrive même pas à provoquer du suspense ni des frissons. Ce film d’épouvante est entaché par un minimalisme laborieux.
L’intrigue se déroule entièrement dans les murs d’une maison de banlieue rénovée avec soin, vieille de cent ans, et est racontée du point de vue d’un esprit invisible qui semble avoir une préférence malencontreuse pour les objectifs fisheye disgracieux et des prises de vue avec Steadicam dérangeantes. L’histoire débute alors qu’un couple d’âge moyen (Lucy Liu et Chris Sullivan) visite cette maison en vue d’un nouveau départ après une tragédie récente, accompagnés de leurs deux adolescents (Callina Liang et Eddy Maday). Avec ses éléments vintage charmants (miroirs anciens, fenêtres en saillie, parquets), la maison semble tout droit sortie d’un tableau idéal de Chip et Joanna Gaines.
Cependant, dès que ces personnages en plein déni déballent leurs affaires, il devient clair qu’ils ne sont pas seuls. La caméra de Soderbergh, qui se déplace de façon insinuante d’une pièce à l’autre, donne des aperçus furtifs de chaque membre de la famille alors qu’ils pensent être seuls. On découvre la mère autoritaire, Rebecca (Liu), qui cajole son fils Tyler tout en négligeant la tourmentée Chloe. Chris (Sullivan), le père compatissant mais soumis, se laisse dominer par sa femme et a trop peur (ou est trop épuisé) pour la contredire. Les adolescents, eux, se déchirent, éloignés l’un de l’autre à cause de la dépression de Chloe suite à la mort de sa meilleure amie due à une overdose. Un choix juridique indéfini fait par Rebecca pèse également sur la famille, les mettant en péril. Leur unité n’est qu’apparente.
Il est bien connu que certains des meilleurs films d’horreur explorent des familles vulnérables sur le point de se désagréger. On pense bien sûr à The Shining ou Hereditary. Mais ici, Soderbergh semble davantage engagé dans des effets visuels (une fois de plus, il assume lui-même la direction de la photographie sous le pseudonyme habituel de “Peter Andrews”) que dans la dysfonction psychologique qui ronge cette famille. De plus, il y a peu d’éléments inquiétants concernant la force surnaturelle à travers laquelle le récit se déroule. En fait, Soderbergh rate le coche dès le départ. La première apparition du fantôme, un moment crucial où le public décide s’il va adhérer à l’histoire, est d’une ringardise à pleurer. Alors que Chloe se douche, les livres sur son lit commencent tout simplement à flotter à la manière d’un mauvais film d’Ed Wood. Il ne manque qu’une musique de theremin pour compléter le tableau.
Si l’absence de véritables frissons dans Presence se limitait à ce seul effet cheap, on pourrait passer à autre chose. Cependant, le film ne devient pas plus effrayant. Soderbergh et son scénariste David Koepp (Panic Room) nous demandent d’être dérangés par une étagère qui s’effondre et un verre de jus d’orange qui tombe d’une table. Même lorsqu’une clairvoyante est introduite pour éclaircir la situation, sa présence reste à peine perceptible. Cela ne relève pas de la faute de l’actrice, qui n’a tout simplement pas hérité du caractère mémorable d’une Zelda Rubinstein dans Poltergeist. C’est juste une des nombreuses occasions manquées du film.
Presence est présenté comme la première incursion de Soderbergh dans l’horreur. Même si cela peut pousser certains à débourser quinze dollars, c’est quelque peu inexact. En 2018, Soderbergh avait déjà réalisé Unsane, un autre film d’angoisse qui essayait d’utiliser des visuels oppressifs pour faire vivre une ambiance claustrophobique à une histoire creuse. Dans ce film, Claire Foy incarnait une femme internée dans un hôpital psychiatrique dont elle n’arrivait pas à sortir par la logique. Ce film, lui aussi, ne fonctionnait pas. Certains vont tenter de justifier les lacunes de Presence en la qualifiant de « horreur élevée », un euphémisme pour des films d’horreur qui ne font pas peur. Et sur ce point, et uniquement sur ce point, Presence est un succès. Voilà un extrait à utiliser pour le marketing !
Avec l’échec du film à offrir des sensations fortes, Presence introduit une menace plus tangible : Tyler, le copain manipulateur de Ryan (West Mulholland), un étudiant charismatique qui ne cache pas ses intentions dès son apparition, lançant des regards aguicheurs sur Chloe. Cependant, ce personnage, censé être menaçant, reste flou. Son introduction semble surtout être un moyen pour Soderbergh et Koepp de sortir du blocage narratif qu’ils ont créé.
Comme toutes les familles en crise que l’on retrouve dans les films d’horreur, celle-ci semble pousser à une résolution grâce à leur traumatisme partagé. Mais on peut sentir que c’est une facilité pour un réalisateur de la trempe de Soderbergh. En sortant du cinéma, j’ai ressenti la même impression qu’après avoir visionné The Killer, du talentueux David Fincher : un petit film de maître qui n’avait pas vraiment de sens. D’un côté, on ne peut que respecter l’agitation de Soderbergh, son désir de rester ancré dans le monde modeste et indépendant malgré ses succès commerciaux. Mais si c’est le meilleur qu’il puisse offrir sur un format réduit, j’aimerais le voir revenir à des productions de plus grande envergure. En l’état, Presence semble bâclé et rapidement oubliable. C’est un film à l’impact minimal qui ne va nulle part et ne se presse même pas d’y arriver. Peut-être un titre plus approprié aurait été Paranormal Inactivity.
Bon à savoir
- Steven Soderbergh est un réalisateur aux multiples facettes, avec une carrière qui s’étend sur plusieurs décennies.
- Le film aborde des thématiques autour de la perte et de la dynamique familiale, un terrain déjà exploré avec succès dans d’autres films d’horreur.
- La manière dont le surnaturel est intégré dans des récits familiaux peut souvent faire la différence entre un bon film d’horreur et un ratage.
Dans une analyse globale, il est intéressant de se demander si le format indépendant favorise réellement la créativité des réalisateurs, ou bien s’il peut parfois restreindre leur portée, comme semble le suggérer Presence. Cette œuvre soulève ainsi des questions sur l’équilibre entre ambition artistique et résultats concrets. Ce film pourrait-il inciter Soderbergh à redéfinir ses choix futurs, ou s’agit-il simplement d’une pause dans sa carrière déjà prolifique ?


Steven Soderbergh avait le potentiel pour créer un film d’horreur captivant, mais ‘Presence’ échoue à offrir le frisson espéré, devenant un projet oubliable.
Ce film m’a laissé perplexe. Bien que Soderbergh ait un style unique, je trouve qu’il n’a pas su capturer la tension nécessaire. Un manque de frissons.
La promesse d’un film d’horreur s’évanouit comme une brume au petit matin. Dommage, Soderbergh, j’attendais plus de fantaisie et de frissons !
Malheureusement, ce film ne semble pas avoir su capturer l’essence de l’horreur familiale. J’espère que Soderbergh reviendra avec quelque chose de plus engageant prochainement.
C’est vraiment décevant que Soderbergh ait raté cette opportunité de créer un film d’horreur captivant. Un bon récit familial mêlé au surnaturel aurait pu vraiment faire la différence !