Moins de détenus, plus de peines alternatives : état des lieux sur l’exécution pénale extérieure
5 février 2025

Le constat est clair : l’exécution pénale extérieure prend le pas sur l’incarcération. C’est ce que révèle la dernière Rapport au Parlement sur l’administration de la justice. Les chiffres ne mentent pas.
Au 31 décembre 2024, on dénombre 93 880 individus bénéficiant de mesures alternatives à l’incarcération, soit sous probation soit condamnés à des peines de substitution ; tandis que 61 861 personnes se trouvent derrière les barreaux. Au total, plus de 100 000 personnes sont suivies par les bureaux d’exécution pénale extérieure (Uepe).
Les mesures pénales non privatives de liberté sont principalement dominées par la probation, les peines de substitution et divers travaux d’intérêt général (travail de substitution, infractions au code de la route et lois sur les drogues). Plus de 70 000 personnes ont ainsi eu accès à ces trois mesures au 31 décembre 2024.
L’année 2020 marque un tournant, avec un nombre d’individus en dehors des établissements pénitentiaires dépassant celui des détenus : respectivement 60 204 et 53 364. Les mesures adoptées pour limiter la propagation du Covid-19 ont permis des libérations anticipées, tout en favorisant les peines non privatives de liberté. Cette tendance s’est consolidée et, depuis 2022, elle s’est accélérée.

Plusieurs facteurs ont contribué à cette évolution vers l’exécution pénale extérieure. Parmi eux, l’allègement des procédures judiciaires. En ce qui concerne le travail d’intérêt général, des centaines de conventions et protocoles d’accord ont été signés entre le Ministère et différents organismes, puis adaptés localement par les présidents des tribunaux. Plus il y a de conventions, plus il est facile de réduire les listes d’attente et d’augmenter l’accès aux mesures pénales extérieures.
La tendance à privilégier l’exécution pénale extérieure devrait s’accentuer avec de nouvelles interventions législatives favorisant des alternatives à l’incarcération. Notamment, le décret législatif n° 150 de 2022, qui a instauré des sanctions substitutives aux peines de courte durée (semi-liberté, détention à domicile, travaux d’intérêt général) et élargi le champ d’application de la probation à certains délits passibles de peines inférieures à six ans. Le récent « Décret sur les prisons » soutient également le bénévolat et les travaux d’intérêt général pour les condamnés, même si ces derniers ne peuvent pas offrir de réelles opportunités de réinsertion par le travail (art. 10-bis d.l. 92/2024).
Une vaste infrastructure de soutien accompagne l’exécution pénale extérieure, comprenant 29 Uepe, à la fois distrectuelles et interdistrectuelles, et 45 bureaux locaux. Ces entités, résultant d’un décret ministériel du 19 octobre 2022, ont pour mission de proposer des programmes de traitement à la magistrature de surveillance et de veiller à leur bonne application.
Points à retenir
- Plus de 93 000 personnes bénéficient de mesures alternatives à l’incarcération, soulignant un changement de paradigme dans le système pénal.
- La probation et le travail d’intérêt général constituent les formes les plus répandues de peines non privatives de liberté.
- Depuis 2020, la tendance s’est inversée, favorisant un nombre croissant d’individus en exécution pénale extérieure par rapport aux détenus en prison.
L’évolution vers l’exécution pénale extérieure ouvre la voie à une réflexion plus profonde sur le système judiciaire. Ces changements posent des questions essentielles sur la nature même de la réhabilitation et du rôle de la société dans l’insertion des condamnés. Comment pouvons-nous, en tant que société, contribuer à un système qui favorise non seulement la sécurité mais aussi la réinsertion ?
C’est fascinant de voir comment le système évolue. Les mesures alternatives peuvent vraiment changer des vies. J’espère que cela continuera et que chaque personne aura une chance de se réinsérer.