
La Commission européenne a exprimé des “préoccupations préliminaires” concernant l’accord et a ouvert une enquête approfondie sur la proposition, retardant ainsi l’achèvement de la vente de six mois.
Cela survient malgré la confiance continue de Liberty Media affichée lors de ses échanges avec les analystes et les médias depuis l’annonce de l’investissement en avril.
Liberty Media espérait finaliser l’accord d’ici la fin de l’année, ce qui lui aurait permis de détenir 86 % des parts de Dorna dès le début de la saison MotoGP 2025.
Ce retard est lié à la propriété par Liberty Media de la Formule 1. L’acquisition de Dorna donnerait à cette organisation américaine les deux premières catégories de sport automobile au monde.
La Commission européenne a l’obligation d’évaluer la vente proposée en raison de l’importance des acteurs impliqués et de l’impact potentiel sur le marché européen, un processus qui a d’ores et déjà mis en évidence plusieurs points de préoccupation.
Liberty Media a confirmé dans un communiqué : “Liberty Media a reçu notification de la Commission européenne concernant l’ouverture d’une enquête de phase II sur son acquisition précédemment annoncée de MotoGP.”
La société reste convaincue que cette transaction sera bénéfique pour les affaires de MotoGP, ses fans, ses téléspectateurs et l’industrie du motocyclisme dans son ensemble.
En revanche, la Commission européenne soulève des inquiétudes concernant l’impact potentiel sur les droits de licence et de diffusion, notamment l’influence que pourrait avoir John Malone, président de Liberty Media et CEO par intérim, sur la Formule 1 et MotoGP.
La Commission a noté : “La transaction soulève de sérieuses préoccupations concurrentielles sur certains marchés nationaux restreints pour la licence des droits de diffusion de contenu de sports motorisés dans l’Espace économique européen (EEE), où la Formule 1 est le leader clair du marché dans tous les pays européens et où MotoGP est souvent son seul concurrent.”
Une décision interviendra au plus tard le 14 mai de l’année prochaine, et d’ici là, la Commission européenne examinera plusieurs facteurs.
À ce stade, l’accord pourrait être approuvé sans conditions, sous réserve de remèdes, ou interdit “si aucune solution adéquate aux préoccupations concurrentielles n’a été proposée par les parties fusionnantes.”
Cela n’est pas la première fois que la Commission européenne s’occupe de la Formule 1 et de MotoGP. En 2006, CVC Capital, qui possédait les droits commerciaux de MotoGP, a acquis la F1, à ce moment-là, il a été décidé qu’il devait se défaire de ses intérêts dans le championnat du monde à deux roues.
Liberty Media a affirmé : “Il existe un marché audiovisuel très vaste et en croissance, bien au-delà du sport, et cette transaction renforcera la capacité de MotoGP à concurrencer dans ce marché très compétitif.”
Elle a également indiqué qu’elle continuerait à collaborer avec la Commission européenne pendant l’examen et a convenu avec les vendeurs d’une prorogation de la date limite jusqu’au 30 juin 2025 pour permettre une enquête plus approfondie.
La société reste confiante que la Commission conclura que la transaction doit être approuvée.
Carmelo Ezpeleta, boss de MotoGP, qui conservera une participation de 14 % dans Dorna après la vente, partage également cette confiance dans l’approbation finale de l’accord.
Il a déclaré : “Nous nous attendons à ce que cette acquisition obtienne l’approbation requise de l’UE et sommes enthousiastes quant à l’opportunité de travailler avec Liberty Media.”
Ezpeleta a également ajouté que l’engagement envers la stratégie visant à faire évoluer le sport se poursuivra, soulignant la croissance impressionnante du public mondial, qui dépasse les 500 millions de fans. Pour la première fois en 2024, la saison a attiré plus de trois millions de fans, et six circuits ont établi de nouveaux records d’affluence.
Il a conclu en disant : “Nous espérons que les fans sont tout aussi enthousiastes que nous quant à l’avenir et à la magnifique nouvelle saison qui approche.”
Bon à savoir
- Liberty Media est également propriétaire de la Formule 1, augmentant ainsi l’intérêt d’une éventuelle synergie entre les deux compétitions.
- La Commission européenne a déjà imposé par le passé des demandes de cession concernant des droits commerciaux dans le secteur du sport.
- La portée de MotoGP s’étend au-delà des compétitions avec un engagement fort envers l’expansion de son public.