SINGAPOUR – La question suivante émerge : la science peut-elle nous aider à reproduire le mécanisme unique dont certains chauves-souris sont dotées pour résister au cancer ? C’est cette interrogation qui a permis à M. Aedann See, 19 ans, de remporter le prix d’enquête Molecular Frontiers en 2024.
Cette compétition, organisée tous les deux ans, récompense les jeunes pour les questions les plus pertinentes qu’ils posent. Étudiant à l’École de Médecine Yong Loo Lin de l’Université Nationale de Singapour (NUS), Aedann See a présenté cinq questions après avoir visionné un film sud-coréen qui raconte l’histoire d’un adolescent troublé découvrant un nouveau sens à sa vie grâce à son travail dans une maison de soins palliatifs.
Le film a inspiré ce jeune singapourien à s’engager lui-même en tant que bénévole dans une maison de soins palliatifs, où il a rencontré des seniors en phase terminale atteints de cancer et de maladies pulmonaires. « En prenant soin de ces patients, j’ai commencé à réfléchir à la manière dont nous pourrions améliorer les soins palliatifs et comment la recherche future pourrait aider à traiter ou à prévenir ces maladies », a-t-il déclaré à un média réputé.
En explorant les mécanismes de résistance au cancer de certaines chauves-souris, qui produisent de grandes quantités d’une protéine permettant d’éliminer les composés endommageant l’ADN de leurs cellules, il a élaboré sa question gagnante pour la compétition de la Fondation Molecular Frontiers (MFF) : les humains pourraient-ils évoluer ou subir des modifications génétiques pour développer un mécanisme similaire de protection contre le cancer ?
Ses autres questions étaient également axées sur le corps humain et la santé.
La MFF, qui regroupe des scientifiques de renom, dont au moins 14 lauréats du prix Nobel, organise ce concours. Chaque année, elle récompense dix jeunes du monde entier – cinq garçons et cinq filles – pour leurs questions scientifiques, à condition qu’ils soient âgés de moins de 18 ans au moment de la soumission. Les lauréats reçoivent une médaille, un certificat et un cadeau.
Aedann See n’est pas le seul à briller dans sa famille : sa sœur, Deanna See, 25 ans, a remporté le prix en 2017 avec une question sur les raisons pour lesquelles il est plus difficile de se souvenir des odeurs comparé aux autres sens tels que l’audition et la vue, ce qui a encouragé son frère à suivre ses traces. Passionnés de sciences dès leur jeune âge, les deux frères et sœurs ont grandi en multipliant les questions et en partageant leur curiosité.
Leurs parents, bien que non scientifiques, ont joué un rôle clé dans le développement de cette curiosité, en les inscrivant à des revues scientifiques et en les emmenant dans divers musées. « Nous transformions souvent les dîners en sessions de science en famille », explique M. Clarence See, 61 ans, instructeur en simulateur de vol.
Actuellement, Aedann s’intéresse particulièrement à l’ophtalmologie et aspire à mieux comprendre les besoins médicaux des communautés défavorisées. Quant à sa sœur, elle est devenue consultante en technologie après avoir obtenu un diplôme en sciences cognitives et en études médiatiques. « Mon intérêt a évolué de ‘Qu’est-ce qui nous rend humains ?’ à ‘Pouvons-nous rester humains avec la technologie ?’ », affirme-t-elle.
En tant que passionnés de sciences, les See sont des exemples inspirants de curiosité et d’innovation.
Notre Opinion Tech
Le domaine de la recherche sur le cancer, tout comme celui de la biologie en général, ne cesse d’évoluer et nous pousse à reconsidérer les limites de notre compréhension. L’exploration de mécanismes biologiques inspirés de la nature, comme ceux observés chez certaines chauves-souris, pourrait non seulement ouvrir de nouvelles voies pour la médecine, mais également redéfinir notre rapport à l’évolution et la biologie humaine. À travers des approches telles que les modifications génétiques, il est important d’encadrer ces recherches avec éthique et prudence. Le projet d’Aedann See pourrait marquer le début d’une nouvelle ère dans laquelle la curiosité scientifique nourrit non seulement les innovations médicales mais aussi la responsabilité sociale des chercheurs.
Bon à savoir
Les bateaux-ambulances, ou soins palliatifs à domicile, sont des services de santé de plus en plus répandus qui visent à améliorer la qualité de vie des patients en fin de vie et à soulager leurs familles. Ils offrent une approche centrée sur le patient, laissant la possibilité de continuer à vivre dans le confort de leur maison tout en recevant des soins de qualité.
C’est fascinant de voir comment la curiosité des jeunes esprits peut éclairer le chemin de la science. Que de promesses dans ces questions sur le cancer et la médecine!
C’est fascinant de voir comment la curiosité peut conduire à des découvertes ! La recherche sur les chauves-souris pourrait vraiment inspirer l’avenir de la médecine. Bravo à Aedann !
C’est tellement inspirant de voir de jeunes esprits comme Aedann s’investir dans la science et la santé ! Cela montre qu’avec passion et curiosité, on peut vraiment changer le monde.