L’Ontario connaît actuellement des niveaux de sécheresse inhabituels, en raison d’une vague de chaleur et d’un manque de précipitations.
Les experts du ministère de l’Agriculture du Canada surveillent cette situation et mettent en garde les agriculteurs ainsi que les habitants sur l’état des terres agricoles du pays.
« Lorsque nous parlons de sécheresse en Ontario, nous faisons référence aux deux derniers mois qui ont été particulièrement secs, surtout dans la région nord du pays, au nord de Toronto et les régions agricoles du nord et de l’est », a déclaré Trevor Hadwen, spécialiste en agri-climat au ministère, dans une interview.
Bien que le sud-ouest de l’Ontario ait également été touché par la sécheresse, la situation y est moins prononcée. « Nous surveillons quelques zones près de Niagara, et les alentours de Waterloo connaissent également un léger déficit de pluie, que nous qualifions d’anormalement sec, ce qui est généralement un signe d’alerte pour nous », a-t-il ajouté.
Hadwen a précisé que cette région se situait entre le 20e et le 30e percentile, indiquant une sécheresse qui se produit tous les trois à cinq ans. « Ce n’est pas totalement anormal, mais cela nous donne une petite alerte », a-t-il soutenu.
D’autres régions de l’Ontario subissent une sécheresse plus sévère, comparable à des événements qui surviennent tous les dix ans.
Suivi des niveaux de sécheresse
Le ministère de l’Agriculture du Canada suit les modèles de sécheresse du pays depuis vingt ans, utilisant une variété de données pour évaluer le degré de sécheresse des terres.
Surnommé le Moniteur canadien de la sécheresse (MCS), ce système prend en compte 120 éléments différents tels que les valeurs de débit des rivières, l’analyse des précipitations et les indicateurs de sécheresse utilisés par les secteurs de l’agriculture, des forêts et de la gestion de l’eau.
Les scientifiques examinent également les régions sujettes à la sécheresse pour évaluer les précipitations, l’évaporation, l’humidité du sol, la température, des cartes de modèles de sécheresse et des données climatiques.
En plus des mesures calculées, ils prennent également en compte les rapports des agriculteurs locaux. « Nous avons un réseau de fermiers dans diverses régions du pays, et nous essayons de saisir comment le climat les affecte. S’ils constatent que leurs cultures murissent trop rapidement ou qu’elles subissent un stress thermique, ils peuvent nous en alerter », a précisé Hadwen.
À partir de toutes ces informations, les scientifiques attribuent un niveau de gravité qui va de « anormalement sec » à « sécheresse exceptionnelle ».
- D0 : anormalement sec.
- D1 : sécheresse modérée, expérimentée tous les cinq à dix ans.
- D2 : sécheresse sévère, survenant tous les dix à vingt ans.
- D3 : sécheresse extrême, tous les vingt à vingt-cinq ans.
- D4 : sécheresse exceptionnelle, tous les cinquante ans.
Déjà, certaines zones du sud de l’Ontario ont atteint le niveau D0 ou D1 en juin, et l’expansion de ces zones se poursuit à cause du manque de pluie en juillet.
Hadwen a indiqué qu’il y avait des poches de sécheresse modérée autour de Niagara Falls et Goderich, ainsi qu’une grande zone autour de Peterborough et un peu de Barrie, Belleville et Kingston. Cela représente une expansion significative.
Cycle de sécheresse
L’Ontario n’est pas le seul à faire face à cette sécheresse. Certaines parties des prairies canadiennes subissent également des extrêmes de sécheresse. Des zones en Alberta, Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve traversent actuellement des épisodes de sécheresse sévère.
« Il s’agit d’un phénomène un peu plus rare que ce que nous attendrions dans les prairies. La totalité des prairies du nord est pratiquement en sécheresse sévère, avec de nombreuses poches extrêmes, ce qui représente un grand changement par rapport à juin », a précisé Hadwen.
Chaque région du Canada fait face à cette problématique en ce moment. « Ce n’est pas normal. Nous avons l’habitude de voir les prairies traverser des périodes de sécheresse, puis l’année suivante, c’est au tour de l’Ontario ou du Québec, et les prairies en souffrent moins. Aujourd’hui, nous observons une sécheresse significative à l’échelle nationale. »
Non seulement les agriculteurs sont affectés par cette situation, mais les forêts du Canada le sont également. Par exemple, la Saskatchewan fait face à 82 incendies de forêt incontrôlés, une situation préoccupante.
Bien que les statistiques sur la sécheresse de cet été puissent sembler alarmantes, Hadwen souligne que le rapport mensuel vise surtout à sensibiliser aux préoccupations liées à la sécheresse et à suivre les tendances observées à travers le Canada.
Prévisions concernant la sécheresse
En plus de faire un bilan du mois précédent, le ministère publie également un aperçu des prévisions de sécheresse pour le mois à venir. Appelées les Prévisions canadiennes de sécheresse, elles anticipent si les conditions resteront stables ou si la sécheresse est sur le point de s’aggraver. L’aperçu pour septembre devrait être publié cette semaine.
Bon à savoir
- Le suivi des sécheresses se fait mensuellement par le ministère de l’Agriculture.
- Les agriculteurs disposent de réseaux d’échanges d’informations pour partager leurs expériences.
- Les alertes de sécheresse aident à sensibiliser la population sur l’ampleur des enjeux agricoles.
En conclusion, face aux défis posés par cette sécheresse, il est essentiel d’explorer les mesures de conservation et d’adaptation qui peuvent être mises en œuvre. Comment ces ajustements pourraient-ils transformer les pratiques agricoles dans les années à venir ?