Avec l’émergence de ChatGPT d’OpenAI, l’intelligence artificielle a fait son entrée dans le monde littéraire. Amazon s’est confronté à un afflux massif d’œuvres générées par l’IA sur sa plateforme de publication autonome, Kindle Direct Publishing, et a dû limiter le nombre quotidien de publications par auteur à trois.
Utilisation de l’IA par les écrivains
Alors que la mesure de la popularité des livres générés par l’IA reste complexe, une enquête réalisée en mai 2025 par la plateforme Bookbub révèle que 45 % des 1200 auteurs interrogés utilisent des outils d’IA pour les aider dans l’écriture ou le marketing.
De nombreux écrivains qui recourent à des outils d’IA pour le brainstorming, la recherche, la construction de récits ou l’édition préfèrent garder cela secret de peur de la réaction de leur lectorat. L’autrice à succès mentionnée dans ce texte a même partagé avec le New York Times, sous son pseudonyme Coral Hart, comment elle a réussi à publier plus de 200 livres en un an.
Écrire des livres durant des appels Zoom
Elle a effectivement bénéficié du soutien de l’IA. Selon le rapport, Hart aurait élaboré un roman complet en 45 minutes lors d’un appel Zoom avec une rédactrice du New York Times.
Cette œuvre, racontant l’histoire d’un rancher tombant amoureux d’une citadine fuyant son passé, montre comment certains auteurs peuvent publier des centaines de livres chaque année via Amazon et d’autres plateformes d’auto-édition.
Le choix de l’IA, un atout ou un risque ?
Hart défend ardemment l’utilisation de l’IA dans le processus d’écriture. Dans le secteur, notamment dans le genre de la romance où elle œuvre, elle estime que ceux qui choisissent de se passer de cette technologie seront désavantagés. « Si je peux compléter un livre en une journée, pendant que d’autres mettent six mois, qui remportera la course ? » interroge-t-elle.
Hart propose également des cours de coaching, ayant attiré plus de 1600 participants, dont de nombreuses figures de l’industrie qui, paradoxalement, critiquent publiquement l’usage de l’IA.
Un logiciel d’écriture avec abonnement
Elle a développé un logiciel d’écriture basé sur l’IA capable de produire un livre entier en moins d’une heure, moyennant un coût mensuel variant entre 80 et 250 dollars. Pour l’heure, elle préfère ne pas communiquer sur la part d’IA impliquée dans ses livres, mais prévoit de publier prochainement sous trois nouveaux pseudonymes, en affichant clairement que ces œuvres sont « générées par IA ».
Réactions des lecteurs face aux livres générés par IA
Actuellement, les lecteurs semblent majoritairement réticents à l’idée de lire des ouvrages issus de l’IA. Des réactions négatives ont été observées à l’égard de deux auteures ayant publié des romans dont des passages avaient visiblement été générés par l’IA sans mention. Les lecteurs ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux, se demandant pourquoi ils devraient payer pour des œuvres de ce type.
Critiques et réactions violentes
L’autrice Elizabeth Ann West, qui publie également des livres générés par IA, a subi des insultes et des menaces sur les réseaux sociaux. Malgré cela, elle reste convaincue que ces œuvres deviendront populaires auprès des lecteurs. « Bientôt, les lecteurs s’en moqueront », affirme-t-elle avec optimisme.
Points à retenir
- Une enquête révèle que 45 % des auteurs utilisent l’IA dans leur travail.
- La peur de la réaction du public pousse certains à cacher leur recours à l’IA.
- Le soutien de l’IA permet d’accélérer considérablement le processus d’écriture.
- Des formations sur l’utilisation de l’IA en écriture sont de plus en plus populaires.
- Les lecteurs restent sceptiques quant à la qualité des livres générés par IA, suscitant des critiques.
Il est fascinant de voir comment l’intelligence artificielle redéfinit les contours de la création littéraire. Personaliser le processus d’écriture tout en apportant un soutien technique, cela soulève des questions sur l’authenticité et la créativité. Peut-on vraiment considérer une œuvre écrite en collaboration avec une machine comme étant entièrement l’œuvre de l’auteur ? Ce débat, loin d’être clos, devrait nourrir de nombreuses discussions sur l’avenir de la littérature et le rôle de l’IA dans celle-ci.