mar. Août 18th, 2026

En Israël, les partis politiques investissent dans l’intelligence artificielle comme un outil d’influence majeur. Alors qu’auparavant, l’accent était mis sur les affichages publicitaires et les tracts traditionnels, les technologies ont considérablement évolué. Une enquête de Haaretz a mis en lumière une série de nouvelles méthodes de campagne, visant à manipuler les sondages en faveur de certains candidats. Parmi ces moyens figurent des bots, des avatars et des outils d’intelligence avancée basés sur des systèmes comme ChatGPT. Certains de ces outils n’étaient pas précédemment régulés et ont été mis en place par des volontaires après le 7 octobre pour toucher les électeurs israéliens. Ils se tournent désormais vers des approches plus traditionnelles, en recrutant de vrais utilisateurs pour exercer une influence en ligne organisée. Parallèlement, des logiciels permettent aux partis de récolter et d’analyser d’énormes bases de données d’informations sur les électeurs afin d’identifier des soutiens fidèles ou des électeurs indécis, et même de repérer le soutien d’un adversaire pour dissuader la participation au vote.

Le registre électoral, fourni par le ministère de l’Intérieur avant chaque élection, est enrichi grâce à l’intelligence artificielle. Cela permet d’obtenir des informations détaillées sur chaque électeur, comme leur affiliation à des partis sur Facebook ou leur appartenance à certains groupes. Une fois les propriétaires de voix potentiellement intéressantes identifiés, les partis les ciblent par le biais de publicités payantes, de réseaux sociaux, d’appels téléphoniques, ainsi que de messages par SMS et WhatsApp. De nouvelles entreprises se spécialisent dans les campagnes massives via WhatsApp, employant l’intelligence artificielle pour personnaliser chaque interaction, par exemple en disant « Bonjour Ruth, je suis Benjamin Netanyahu », et en répondant automatiquement à des questions grâce à un système prédéterminé.

D’autres moyens plus sophistiqués sont également à la disposition des partis. Des bots, souvent utilisés dans le marketing digital, gonflent le nombre de vues et améliorent le référencement des contenus sur des plateformes comme Google. Ces bots sont également programmés pour transmettre des messages de propagande politique. Les partis peuvent les acquérir pour faire grimper les vues sur les réseaux sociaux ou pour générer des commentaires afin d’accroître leur visibilité. On observe également des bots qui participent à des sondages en ligne pour altérer les résultats. Ils s’adaptent en se concentrant sur les sondages ouverts et votent systématiquement pour leur candidat. Des avatars, qui empruntent l’apparence de personnes réelles et possèdent des numéros de téléphone authentiques, sont aussi utilisés pour donner une image favorable et parfois trompeuse d’un parti, ou pour ternir l’image d’un concurrent. Ces avatars se comportent comme de véritables utilisateurs : ils publient du contenu, partagent des articles et intègrent des messages de campagne.

Contrairement à un bot, qui fonctionne de manière entièrement automatisée, un avatar est partiellement géré par une personne, conçu pour simuler un individu réel. Les bots, quant à eux, accèdent au réseau pour réaliser des tâches de collecte de données ou de manipulation automatiquement, souvent liées à l’automatisation de tâches complexes. Les avatars, de leur côté, créent du contenu en ligne pour que les intelligences artificielles le récupèrent dans leurs réponses, renforçant ainsi les informations positives sur un candidat tout en dénigrant les rivaux. L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans la campagne politique et la communication soulève des questions éthiques substantielles. De nombreux experts soulignent que ces actions portent atteinte à la vie privée et suscitent des interrogations sur leur légalité. Certains utilisateurs évoquent même une idée conspirationniste selon laquelle la majorité des contenus en ligne serait générée par des bots, conçus pour influencer l’opinion publique. Nous devons réfléchir à cette nouvelle réalité, qui semble dépasser les notions traditionnelles de bien et de mal.

Points à retenir

  • L’investissement dans l’intelligence artificielle par des partis politiques israéliens vise à influencer les sondages et les électeurs.
  • Des outils comme des bots et des avatars permettent de cibler des électeurs potentiels de manière plus efficace.
  • Les partis exploitent des bases de données pour mieux comprendre et approcher leurs soutiens et rivaux.
  • Des préoccupations éthiques émergent quant à l’impact de ces technologies sur la vie privée des citoyens.

En tant que passionné de la démocratie, je m’interroge sur l’impact de ces méthodes sur le processus électoral. L’utilisation de l’intelligence artificielle nous pousse à redéfinir nos attentes envers la transparence et à envisager l’intégrité des résultats électoraux dans un monde où la technologie peut, potentiellement, fausser la réalité.


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