Amazon Alexa Plus : un assistant vocal plus naturel, mais encore limité
Le nouveau Alexa Plus d’Amazon a une fonction qui m’a particulièrement plu dès le départ : il n’est plus nécessaire de prononcer le mot « Alexa » à chaque demande. Après une semaine de test, cet assistant vocal comprend désormais ce que je dis, quelle que soit la formulation, sans besoin de phrase précise pour qu’il exécute mes souhaits. Cette évolution marque une importante avancée, surtout en lien avec la nouveauté majeure de cette version : l’IA agentive. Néanmoins, cette fonctionnalité demande encore des améliorations.
L’idée est simple : on peut parler à Alexa Plus comme à un assistant personnel humain et lui confier des tâches concrètes, comme réserver un restaurant pour l’anniversaire d’un ami, trouver un électricien pour une pompe défectueuse ou acheter des billets pour un concert de Chris Isaak.
L’assistant peut alors endosser le rôle d’« agent IA » et effectuer les démarches en ligne à notre place. Couplée à une meilleure gestion du calendrier et à la capacité de mémoriser les informations communiquées, cette IA agentive pourrait rendre Alexa beaucoup plus utile au quotidien.
Les fonctions agentives d’Alexa ne sont, pour l’instant, ni assez larges ni assez fluides pour remplacer ce qu’on appelle communément « mon assistant personnel réel » : moi-même.
En théorie, cette promesse est séduisante. En pratique, Alexa Plus reste très limité : il s’appuie sur des partenariats avec certains services, sans pouvoir se promener librement sur le web. Pour l’instant, les plateformes compatibles sont Ticketmaster, OpenTable, Uber et Thumbtack. Alexa a réussi plusieurs étapes sans difficulté, mais globalement, ses fonctions agentives ne suffisent pas encore à déléguer réellement ces tâches.
Alexa Plus est encore en phase bêta d’accès anticipé. Amazon annonce l’arrivée prochaine d’autres intégrations, notamment la commande de courses vocales (avec plusieurs enseignes américaines), la livraison via Grubhub et la prise de rendez-vous en institut de beauté par Vagaro.
Ces services seraient sans doute bienvenus, surtout la commande de courses. J’utilise déjà Alexa pour ma liste de courses, mais je dois ensuite saisir manuellement les articles dans l’application de mon magasin local, Harris Teeter, pour récupérer mes achats. Si Alexa pouvait transmettre la liste à un service comme Instacart, cela me simplifierait grandement la vie.

Parmi les trois expériences “agentives” que j’ai testées, la réservation de billets via Ticketmaster a été la plus convaincante. Après un départ un peu chaotique — Alexa me proposant un stage de basket pour jeunes sportifs au lieu des événements sportifs — j’ai reformulé ma demande : “Quels événements sont prévus à Charleston le mois prochain et pour lesquels tu peux acheter des billets ?”
Alexa a alors affiché une liste d’environ dix manifestations locales, sportives et musicales, sur l’Echo Show 15 (le dispositif à écran rend Alexa Plus plus fonctionnel). Elle m’a cité des concerts de Blackberry Smoke, Mike Campbell, Collective Soul, ou encore un groupe hommage à The Cure, en me demandant ce qui m’intéressait.
J’ai repéré un concert de Chris Isaak (fan de son classiques Wicked Game que je suis) et demandé à Alexa de réserver. Elle m’a trouvé des places en balcon à 98,15 $ chacune, m’a demandé combien j’en voulais et m’a proposé des options plus chères.
J’ai opté pour les places les moins coûteuses, et elle m’a guidé jusqu’au panier d’achat, avec mes coordonnées bancaires déjà renseignées (j’avais lié mon compte Ticketmaster à Alexa lors de la configuration). J’ai finalement annulé l’achat, peu motivé à dépenser 200 $ pour Wicked Game. Alexa a confirmé la libération des billets.
Cependant, une alerte dans l’application m’a surpris : quiconque ayant accès à mes appareils Alexa peut commander des billets. Amazon, un petit code PIN pour sécuriser ça serait le bienvenu.

Ensuite, je suis passé à la réservation d’un dîner pour deux à Charleston, prévue le soir suivant à 19h. Alexa m’a proposé tristement seulement trois restaurants, alors que la scène culinaire locale est animée. J’en ai choisi un français que je connaissais, et j’ai modifié la date en demandant “pour vendredi dans deux semaines”. Alexa a compris la correction, confirmé la nouvelle date et ajouté la réservation à mon calendrier lié à Gmail — une petite aide pratique.
Alexa s’est trompée sur la date.
Enfin, j’ai reçu un SMS d’OpenTable confirmant une réservation pour un jeudi 31 juillet, date inexistant puisque juillet n’a que 31 jours, et de plus ce jour était un mercredi. Alexa avait donc cafouillé sur la date du vendredi. En lui demandant de changer la réservation au vendredi 1er août, elle a corrigé la réservation, ainsi que l’entrée dans mon calendrier.
Même si la table a fini par être réservée, Alexa a été plus lente et moins précise que si j’avais ouvert directement l’application OpenTable (ou – plus réaliste pour Charleston – l’application Resy que la plupart des restaurants utilisent).

J’ai ensuite testé Alexa sur une tâche que je repoussais depuis deux ans : trouver un électricien pour la pompe de mon système d’arrosage. Cette dernière partage un circuit avec mon routeur internet, ce qui fait sauter le Wi-Fi à chaque mise en marche du système.
Après lui avoir demandé si elle pouvait prendre un rendez-vous, Alexa m’a donné une liste d’électriciens bien notés dans ma région via Thumbtack, en mettant en avant les trois premiers. J’en ai sélectionné un et demandé à Alexa de planifier une visite pour la semaine suivante.
Alexa a posé plusieurs questions sur le logement et le problème spécifique, à la façon d’un formulaire vocal. Ensuite, elle a indiqué qu’elle envoyait la demande via Thumbtack et que j’aurais bientôt des nouvelles.
Quelques heures plus tard, aucune réponse d’Alexa. En revanche, j’ai reçu un email de Thumbtack et un SMS de l’électricien qui me demandait de le contacter pour fixer un rendez-vous. On est loin du service “cliquez, c’est réglé”.
La principale différence reste que j’ai réalisé tout cela sans utiliser les mains. Il est possible de planifier un dîner ou chercher un artisan tout en cuisinant ou en pliant le linge. En tant que mère active de deux enfants, je salue toute aide à la multi-tâche pour avancer plus vite dans mes obligations.
Cependant, malgré la technologie impressionnante, le manque de finesse et les échecs rencontrés dans mes deux tâches sur trois me conduisent à ne pas (encore) déléguer complètement ces missions à Alexa.
Points à retenir
- Alexa Plus comprend désormais un langage moins rigide, fini le « parler Alexa » à chaque phrase.
- L’IA agentive promet d’agir à notre place sur plusieurs services, mais la palette reste resserrée pour l’instant.
- Les partenariats limitent ses actions : Uber, OpenTable, Ticketmaster et quelques autres pour l’instant.
- Réserver un concert peut fonctionner, mais attention à l’absence de protection par mot de passe pour les achats.
- La gestion des réservations de restaurant se fait, mais parfois avec quelques cafouillages de dates.
- La recherche d’un artisan via la voix reste encore une promesse inaboutie.
- Le vrai gain ? Le côté mains libres, idéal pour les parents débordés qui jonglent entre plusieurs tâches.
Au final, Alexa Plus s’inscrit dans une belle mouvance d’assistants vocaux plus intuitifs et ambitieux. Reste qu’il faudra un soupçon de patience avant de totalement confier son agenda à un algorithme qui, pour l’instant, oublie parfois d’être infaillible. Mais qui sait ? Peut-être que dans quelques mises à jour, ce sera mon nouveau collègue préféré… et ma meilleure excuse pour éviter les rendez-vous que je ne veux pas prendre moi-même.