Berlín – Un nouveau rapport met en lumière le retard de la digitalisation dans le secteur de la santé. De nombreux patients se heurtent à des difficultés pour prendre des rendez-vous, tandis que les médecins se tournent vers des applications d’intelligence artificielle peu sécurisées, en raison de l’absence de solutions professionnelles adaptées.
Utilisation de l’IA non encadrée par les médecins
Le Digital Health Report 2026 de Doctolib, basé sur une enquête YouGov réalisée auprès de 1000 patients et 414 médecins et personnel médical (MFA), révèle que 50 % des médecins interrogés utilisent des outils d’IA personnels, tels que ChatGPT, pour leur travail quotidien. Pour les agents médicaux, ce chiffre s’élève à 30 %. Cependant, ces pratiques soulèvent des questions de conformité au regard des lois sur la protection des données. Ce phénomène est qualifié de « shadow AI ». En effet, bien que 54 % des médecins et MFA expriment des préoccupations concernant la sécurité des données, nombre d’entre eux se sentent contraints d’utiliser des applications disponibles publiquement en raison du manque de solutions certifiées.
Les patients frustrés par la lenteur de la digitalisation
Du côté des patients, le mécontentement grandit. 70 % d’entre eux estiment que la digitalisation dans le secteur de la santé avance trop lentement. Les conséquences sont notables : près des deux tiers des participants rencontrent des difficultés à obtenir un rendez-vous médical. De plus, plus d’un tiers a été refusé en tant que nouveau patient dans une clinique au cours de l’année écoulée. Fait préoccupant : 64 % des patients ont déjà renoncé à consulter un médecin en raison de la complexité de la recherche d’un praticien ou d’un rendez-vous. Ce que les patients désirent le plus ? 62 % réclament des temps d’attente réduits, 59 % une recherche de praticiens et de rendez-vous plus rapide, et 47 % une meilleure accessibilité des cliniques.
Partage des données : un choix volontaire
Quant au partage des données, un certain compromis semble possible. 65 % des patients seraient disposés à partager leurs données de santé avec une IA, à condition que ce partage soit volontaire et qu’ils puissent s’y opposer à tout moment. De plus, 59 % y seraient favorables si cela permettait aux médecins de mieux se préparer aux consultations. Les médecins et MFA partagent également cet avis, avec 79 % d’entre eux considérant la digitalisation comme utile, tout en insistant sur l’importance du contact humain. Cependant, des limites existent : 60 % ont des doutes sur l’exactitude des diagnostics fournis par l’IA, tandis que 47 % ne lui accordent pas leur confiance pour des décisions médicales. En revanche, la confiance est plus élevée dans le domaine administratif.
Points à retenir
- 50 % des médecins utilisent des outils d’IA non sécurisés dans leur pratique quotidienne.
- 70 % des patients jugent la digitalisation trop lente.
- 64 % des patients ont déjà renoncé à un rendez-vous médical en raison de la complexité de la prise de contact.
- 65 % des patients sont prêts à partager leurs données de santé avec des IA, sous certaines conditions.
- 79 % des médecins estiment que la digitalisation est avantageuse, tout en soulignant l’importance de l’interaction humaine.
À la lumière de ces révélations, il est essentiel d’engager un débat sur la manière dont la digitalisation peut réellement améliorer l’expérience des patients tout en garantissant leur sécurité. Certes, la technologie offre des solutions prometteuses, mais est-ce que cela vaut le coût de la confiance des usagers ? Personnellement, je crois qu’il est crucial de trouver un équilibre entre innovation et éthique pour bâtir un système de santé résilient et respectueux de chaque individu.